Silicon Valley (S03)

Avis : Silicon Valley fait partie de ces séries que j’ai regardées en mai dernier sur un coup de tête, parce qu’elle n’avait que peu d’épisodes et que j’avais un peu de temps devant moi. J’ai donc vu l’ensemble de la saison 1 en un dimanche soir, avant de découvrir que la saison 2 commençait le lendemain (enfin, le soir même aux USA). Joli coup du hasard.

Cette série est un OVNI de l’humour, parce que tout n’y est pas toujours rose. On y suit la vie d’un geek qui code, Richard. Ce dernier a un jour une idée géniale à la Silicon Valley (d’où le titre) et développe sa start-up de compression vidéo pour le streaming. Le casting y est excellent, mais principalement composé d’inconnus, l’humour y est nerdy et weird, à tendance un chouillas geek, et surtout, surtout, pour une sitcom, la vie n’est pas si rose, j’insiste. Richard a un meilleur ami drogué les ¾ du temps et s’entoure progressivement d’une belle bande de geeks, au look aberrant, à la sexualité pas toujours vraiment définie, fonctionnant à la jalousie et l’égo… Des amitiés bancales franchement écrites de manière plutôt juste, malgré quelques égarements en saison 2.

J’ai eu parfois beaucoup de mal à accrocher à leurs blagues, j’ai même fini par laisser tomber cet aspect de la série (qui arrive à me faire rire quand même, mais c’est un plus, pas la raison pour laquelle je reviens). Du coup, je me concentre bien plus sur l’intrigue de la start-up en elle-même, car il est passionnant de les voir travailler sur leur bébé et de voir comment le tout évolue, dans des intrigues assez violentes psychologiquement pour les personnages, notamment Richard. Le cliffhanger de la saison 2 n’est pas encore passé.

Le produit final est étrange, mais c’est à bingewatcher. Je vais tenter de regarder la saison à la semaine, mais il est possible que j’abandonne en cours de route pour tout (re)voir d’un coup. Je l’ai dit : c’est un OVNI et en tant que tel, il faut un certain temps pour entrer dedans. Oh, j’oubliais le petit plus : une B.O totalement éclectique et qui verse souvent dans le rap. Moi qui n’y connais rien, je trouve ça agréable.

Note moyenne : 15/20

Retrouvez ci-dessous la critique à chaud de chaque épisode de la saison 😉

01Épisode 1 – Founder Friendly – 17/20
“At least, the actual Judas had the decency to kill himself after betraying his leader Jesus Christ. He’s the CEO of the world, ever heard of him?”

Je retire ce que j’ai dit en introduction : il n’a pas fallu longtemps à la série pour me faire éclater de rire avec ce Bambi-bot ! Du pur Silicon Valley. Je me souvenais assez bien de ce cliff-hanger, mais ne m’attendais pas à les voir reprendre si vite là-dessus, c’était plutôt agréable. Et donc, Richard a réussi à se faire virer de sa propre société, pendant que le CEO d’Hooli démissionnait… QUOI ? Cet épisode démarre la saison plutôt fort et ouvre de belles perspectives pour les épisodes à venir. J’adhère, même si effectivement, je ne viens pas que pour l’humour. Cette vie dans la Silicon Valley qui devrait faire rêver est juste terrifiante, il faut se méfier de tout le monde et ça donne une série plutôt réussie, qui enchaîne les idées de start-ups avec brio. J’ai quand même encore du mal à me faire au rebondissement autour de Pied Piper, mais je trouve que les scénaristes ont progressé dans leur manière de gérer les personnages. Les échanges de répliques fonctionnent mieux, mais il faut vraiment qu’ils arrêtent avec les cliffhangers, parce que je me rendais pas compte que ça faisait déjà 25 minutes que j’étais devant ! J’en veux plus, retour très réussi !

02.jpgÉpisode 2 – Two in the box – 14/20
“Do you know what Pied Piper product is, Richard?”

C’est très frustrant : le résumé de l’épisode précédent est meilleur cette semaine que la semaine dernière. Personnellement, j’ai tendance à mieux me souvenir de ce que j’ai vu il y a 7 jours que ce que j’ai vu il y a un an, mais bon. Cet épisode commence par une scène entre Richard et son docteur. L’humour un peu lourd de ce dernier fonctionne plutôt bien. La série continue ensuite sur sa lancée et c’est sans surprise que c’est très bon. De rebondissements en coups bas, la série se redéfinit chaque semaine, exactement comme le fait perpétuellement Pied Piper. J’ai parfois (souvent) du mal à voir où vont les intrigues de Silicon Valley, surtout quand rien n’est fait pour qu’on apprécie les personnages (le chinois ?) en arrière-plan. Bref, avec cet épisode, la série continue de grandir et de se développer, sans prendre le temps de stagner. C’est ce qui fonctionne depuis la saison 1.

03Épisode 3 – Meinertzhagen’s Haversack – 15/20
We can’t take my algorithm and put it in a box

La route est toujours aussi tortueuse pour Richard dans ce nouvel épisode, où Pied Piper se retrouve enterré dans une salle aux rangements interminables. Il est bon de voir que la série continue de rivaliser d’invention au jour le jour pour rendre la vie des personnages impossibles, tout en s’assurant que les clichés des personnages secondaires soient toujours respectés. Et c’est ce qui fonctionne : l’entourage de Richard est tellement dysfonctionnel à tous les niveaux, surtout quand il a le pouvoir, que ça ne peut que partir en vrille. Le spectateur absorbe les vagues toujours plus hautres en même temps que le personnage. C’est un monde cruel que celui de Silicon Valley, mais ça fonctionne, car le casting joue avec sérieux et brio, y compris (surtout ?) quand la situation est loufoque. La dernière scène en est l’exemple parfait et conclue l’épisode sur un autre cliff, comme d’habitude. Pour l’instant, je trouve cette saison plus convaincante que l’an dernier, espérons que ça continue ! La mention de la semaine : la blague du Django, qui m’a fait rire un peu trop fort parce que Jared passe à l’attaque et est hilarant d’autosatisfaction !

04.jpgÉpisode 4 – Maleant Data Systems Solutions – 15/20
Officially and until further notice, this chair will remain empty

Pfiou, on n’en finit plus avec Silicon Valley : encore de nombreux rebondissements cette semaine. Le problème, c’est que ça finit par perdre violemment en crédibilité. D’un autre côté, on ne s’ennuie pas une seconde et il y a toujours de bonnes blagues (le coup de la métaphore du lion était génial). Richard finit par avoir gain de cause, ce qui est plutôt cool pour une fois même si l’épisode s’achève sur une scène un peu WTF à nouveau. Tout du long cette semaine, c’est Richard qui gagne en réussissant à faire virer son (ex) nouveau boss Jack Barker (inattendu) et en ayant le fort soutien (prévisible, mais inutile) de Monica. Je ne vois toujours pas vers quoi la série se dirige sur le long terme néanmoins, car elle n’est pas construite comme ça je crois : il y est vraiment question d’une évolution à la semaine plutôt qu’une évolution sur la saison. Tant que ça fonctionne, ça ne me dérange pas, et les épisodes sont toujours aussi agréables à suivre.

05.jpgÉpisode 5 – The Empty Chair – 13/20
You’re still CEO? Lori hasn’t fired you yet?

Dix jours ont passé depuis le dernier épisode et toujours pas de CEO pour Pied Piper ! Richard semble un poil irrité par la situation, et il y a de quoi. L’épisode est un peu plus lent que d’habitude je trouve, et surtout moins drôle. On y voit Richard galérer à gérer la compagnie alors même qu’elle est dans l’attente d’une nouvelle direction. Le quiproquo qui s’installe avec la journaliste est marrant, mais un peu trop prévisible je trouve dans l’orgueil du « je connais au moins quelques trucs ». Cela dit, la manière dont tout cela est résolu est plutôt cool je trouve, ça coule naturellement et ne paraît pas forcé le moins du monde, donc j’ai plutôt bien apprécié ! Épisode classique, qui avance comme d’habitude, mais sonne parfois un peu faux (Lori qui s’aperçoit que finalement elle a fait une erreur, c’est très out of character). J’ai par contre apprécié le geste sympa de Jared, qui boucle aussi la boucle par rapport au titre de l’épisode, après une intrigue (la vente) qui ne m’a pas botté plus que ça.

06.jpgÉpisode 6 – Bachmanity Insanity – 16/20
“I work in Facebook.”
“As a bartender?”

La série continue cette semaine sur sa lancée, mais l’épisode se distingue en mettant enfin un peu de côté tout le délire dramatique autour de Pied Piper qui s’en sort clairement beaucoup mieux avec ses bureaux délocalisés et Richard à sa tête. Il en va de même pour la série qui prend le temps de développer un peu la vie personnel de ses personnages. Exit Monica cette semaine, Richard se trouve une nouvelle petite amie qui utilise la barre d’espace dans ses codes, ce qui offre des dialogues savoureux, à la fois entre eux deux et avec Gilfroy. Jared, l’air de rien, se trouve une petite amie (comment ça, il n’est pas amoureux de Richard ?) et il n’y a bien que Gilfroy dont la vie est laissée de côté. Le développement dramatique se déroulait du côté de Bighead, qui pour une raison mystérieuse a fait confiance à Erlich avec sa fortune. Smallhead if you ask me. Le voilà donc ruiné, endetté et susceptible de devoir rembourser la prime qu’il avait eu après rupture de son contrat. Une fois de plus, les rebondissements sont aussi énormes que crédibles. Je suis curieux de voir la suite, mais j’ai vraiment bien aimé cet épisode qui permettait de respirer un peu du côté de Pied Piper.

07.jpgÉpisode 7 – To Build a Better Beta – 15/20
I don’t trust anyone, it’s part of my belief-system.

Cet épisode a la bonne idée de faire avancer Pied Piper plus rapidement que tout le reste de la série, avec la version Beta envoyée à tout le monde et le lancement de l’application avancé de plusieurs jours. Cela permet aussi le meilleur des cliffhangers, avec décompte. Quand on le sent venir, on est frustré comme jamais… parce qu’entre-temps, Richard s’est une fois de plus fait trahir, un vrai coup bas financier dont je n’ai pas encore saisi tout l’enjeu je pense et que l’on doit aux dépenses de l’argent de Bighead par Erlich dans l’épisode précédent. Tout est plutôt bien traité dans l’épisode, jusqu’à Monica qui n’aime pas le site (en revanche, la voir fumer, ça ne collait pas trop avec l’image que j’avais du personnage). Désormais, la série a pris un tournant et ne pourra plus être comme avant, car ça y est, ils vont enfin arrêter de parler dans le vent et être confronté à la critique publique. Par conséquent, ils seront aussi amenés à devenir plus populaire, car j’ai encore du mal à comprendre toutes les intrigues sur leur réputation alors que personne ne savait vraiment de quoi ils étaient capables (hormis pour cette vidéo de l’homme accidenté en saison 2). Les enjeux évoluent donc agréablement dans cet épisode qui, comme à son habitude, fait progresser la série dans une nouvelle direction, sans jamais que ça ne donne l’impression de sortir de nulle part. Ca manque peut-être un peu d’humour, même si l’intrigue de Gilfoye et Dinesh était sympathique.

08.jpgÉpisode 8 – Bachman’s Earning’s Over-Ride – 13/20
Come on, babe, follow me, I’m your Pied Piper.

Cet épisode était au niveau des autres, mais j’avoue qu’il n’a pas réussi à me captiver et que j’ai préféré errer sur le net. Oups. J’en retiens comme scènes marquantes la veste de Jared, ainsi que le moment de gloire de Gilfoyle qui m’a bien fait rire. La chanson finale m’est aussi restée en tête. En bref : le lancement de Pied Piper est un vrai succès et Erlich a bien vendu ses parts la veille du lancement, ce qu’il n’ose pas avouer à Richard. L’épisode tourne donc principalement, une nouvelle fois, autour de l’idée d’amitié et de son importance. C’était un bon épisode, mais il ne m’a pas laissé la même envie de connaître la suite que d’habitude. Un peu dommage si proche de la fin, mais peut-être ont-ils ralenti justement pour se garder des munitions sur la fin de saison. Affaire à suivre.

09Épisode 9 – Daily Active Users – 16/20
Pied Piper’s loss is Hooli’s gain

Cette série est toujours aussi complexe, heureusement que Jared et Gilfoyle apportent leur touche d’humour dans la prise de tête que constitue cet épisode pour nos personnages. Heureusement pour nous, c’est tout l’inverse : les choses sont posées et présentées simplement… S’il y a bien tout un tas de gens pour télécharger Pied Piper, personne ne l’utilise. En bref, c’est bien Monica qui avait raison de ne pas aimer le site, et pour cause : il est fait par et pour des ingénieurs, pas pour des consommateurs réguliers. Tout le reste de l’épisode voit donc Richard tenter de vendre son public auprès d’un panel d’utilisateurs-tests, puis lors de conférences. Si ça fonctionne au bout de quelques heures pour le panel, c’est loin d’être le cas pour toutes les conventions et cours que l’équipe tente de donner par la suite, ce qui culmine par l’invention de « Pipey », l’équivalent du trombone visant à t’expliquer comment te servir de Word. Bref, la pire forme d’aide/tuto au monde. Jared n’a plus le choix : il investit dans la création de comptes-fantômes. Cette fin d’épisode est effrayante tout en étant criante de vérité. Le générique de fin se contente de nous montrer des dizaines de personnes, dans un entrepôt, créant compte d’utilisateur après compte d’utilisateur pour gonfler les stats de Pied Piper. Aïe. De son côté, Gavin apprend la démission de certains employés de Pied Piper et s’informe du comment du pourquoi. Il en arrive à vendre la Backup Box à son conseil d’administration (enfin, je les appelle comme ça en tout cas, c’est l’inévitable Board). Cela lui permet de récupérer son poste de CEO car Hooli redevient intéressant financièrement parlant. Bref, ça va être la merde dans le season finale la semaine prochaine !

10.jpgÉpisode 10 – The Uptick – 15/20
You are everything to do with it Richard, you’re the fucking CEO.

Une fin de saison contrastée, comme toujours : il est souvent difficile de reconnaître leurs épisodes finaux comme tels, car toute la saison est pleine de rebondissements et le final a souvent du mal à les surpasser. Ce n’est pas tout à fait le cas dans cet épisode qui sépare un temps les deux meilleurs amis que sont Richard et Elrich. En tout cas, je suis surpris, c’est loin d’être le bordel auquel je m’attendais. Certes, Pied Piper devient une compagnie de chat vidéo, se réinventant encore une fois du côté de ce qui plaît le plus au public. Monica se sacrifie une fois de plus elle aussi pour Richard sans que cela ne mène à une relation amoureuse… Il faudra encore attendre une saison supplémentaire. La fin est cette fois bien plus positive que d’habitude, et j’en arrive même à me demander si la série est renouvelée ou pas, car cela pourrait faire une fin de série.. Oh oh, il va falloir que je me renseigne sérieusement. En tout cas, c’était une autre bonne saison, qui permet de découvrir un peu les coulisses de la Silicon Valley !

Pour conclure cet article, la série n’a rien perdu de son fun et de ses chocs psychologiques : l’intrigue avance à vitesse grand V et il se passe plus de choses en 10 épisodes que dans certaines autres séries de 22 épisodes par saison. Il faut se faire à ce rythme essoufflé qui prend un peu moins le temps de développer ces personnages : chacun est un cliché geek, mais les clichés existent pour une raison. Ne pas les développer ne veut pas dire que leur dynamique n’existent pas ou qu’elles sont paralysées d’une saison sur l’autre ; il y a de vraies évolutions qui sont proposées. La saison 4 a bel et bien été annoncée, j’y reviendrai avec plaisir. Ce n’est pas une série marquante ou incontournable, mais c’est un divertissement agréable et, après tout, je ne cherche pas beaucoup plus que ça. Cette saison 3 était donc très réussie.

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