Preacher (S01)

Cet article a été rédigé semaine après semaine, épisode après épisode. Vous y trouverez un avis préalable, une critique rapide de chaque épisode et une brève conclusion sur la saison 1 de  Preacher. Bonne lecture !


Avis : Preacher, c’est la première série d’été de cette année à laquelle j’ai envie de croire, mais genre de croire vraiment. J’ai lu quelques-uns des comics qui l’inspirent il y a un bon moment et j’aimais bien, même si ça m’a finalement saoulé. J’ai aperçu le casting et j’ai craqué : Dominic Cooper (parfait Stark dans Agent Carter), Ruth Negga (excellentissime Raina dans Agents of S.H.I.E.L.D) et Joe Gilgun (hilarant en remplacement de Nathan dans Misfits) se partagent l’affiche. Forcément, ça donne envie.

Le pilote d’une heure a été diffusé hier soir aux USA sur AMC, après la mi-saison bancale de Fear the Walking Dead, et donc je n’ai pas résisté à me le regarder dès ce soir. Verdict : je suis déçu car c’est loin d’être aussi génial que prévu. Par rapport à mes attentes, tout ce que je peux dire, c’est que c’est tout aussi sanglant que prévu. Pour le reste, je ne sais pas trop si je suivrais assidument tout l’été, car ce n’est qu’au cours des dix dernières minutes que je me suis senti investi dans l’histoire… Sur 63 minutes, c’est pas énorme.

Note moyenne de la saison : 15/20

Sans plus d’introduction, c’est parti pour mon avis sur chaque épisode :

01.jpgÉpisode 1 – Pilot – 14/20
I’ve been a bad preacher and for that I am sorry.

Le début m’a laissé perplexe – sans le logo AMC, j’aurais probablement pensé m’être trompé de lien et tout coupé. La première scène nous met direct dans le ton de la série : religion et bain de sang occupent les premières minutes du pilot, qui s’applique ensuite à dessiner l’univers et les personnages. Mais justement, ça pêche. L’univers n’est pas franchement introduit, il est posé comme évidence dans l’intro, puis avec l’apparition du vampire à l’accent toujours aussi tout bonnement incompréhensible (j’ai même envisagé la recherche de sous-titres un moment). Le surnaturel est à accepter comme une évidence. Les acteurs sont bons, mais on peine encore à voir où la série veut aller, puisqu’elle se contente d’une présentation et d’une rencontre (forcément musclée) entre Jesse, le prêtre, et Cassidy, le vampire. L’épisode dure une longue heure et ne s’affranchit pas de la marque de fabrique AMC, avec des lenteurs interminables que je vois plus comme des défauts qu’une qualité de production (quelques plans sont travaillés, c’est vrai, mais c’est loin d’être une généralité). Pour les effets spéciaux et le maquillage, la série possède une vraie ambiance True Blood avec le sud des États-Unis (et son côté western), du sang à foison et une moiteur qui transperce l’écran, nous donnant déjà envie de regarder l’épisode au beau milieu d’une chaude nuit d’été. Il y a donc une ambiance particulière, c’est vrai, des personnages forts, aussi, mais ça manque sérieusement d’une intrigue forte pour l’instant et concrètement, l’ennui n’est pas absent de ce premier épisode. Et cette longue mise en place n’est pas super rassurante pour la suite (mais j’ai appris avec le temps à ne pas juger une série trop vite sur son début), surtout parce que ce pilot se disperse et que ce n’est que sur les dernières minutes que je me suis senti vraiment captivé. C’est également là qu’on sent légèrement la direction que ça peut prendre avec la possession de Jesse par Genesis (moins explosive que prévue)… mais heureusement que je connais un peu l’univers, parce que sinon, je serais totalement perdu. Par contre, je suis surpris par la fin qui semble indiquer que la série va dévier largement de ce que je me souviens du comic. L’installation est faite, j’attends la suite et surtout une vraie intrigue avec des enjeux pour me faire une opinion plus poussée.

02.jpgÉpisode 2 – See – 14/20
– I told you to forget her.
– Forget who?

Je suis revenu et je suis encore un peu plus perdu que lors du premier épisode : la série ne prend pas la peine de bien développer pour ceux n’ayant pas lu les comics et n’en ayant lu que quelques-uns, je suis paumé. L’épisode n’est pas mauvais en soi, mais tout n’est pas aussi intéressant. Le flashback introductif reste un vrai mystère arrivé à la fin par exemple. L’épisode suit une nouvelle fois Jesse dans sa vie au jour le jour, dans ses baptêmes comme dans les confessions de chauffeur de bus aimant les petites filles. Cette intrigue parcourt l’épisode et lui permet de comprendre la force de ses pouvoirs, menant au cliffhanger final où il essaye de ramener à la conscience une adolescente dans le coma – créant son propre petit miracle. On en saura plus la semaine prochaine. Autrement, Cassidy continue d’être mystérieux et d’avoir un humour très étrange, surtout quand il fait un petit massacre à la tronçonneuse au fond de l’église… Une intrigue qui semble expédiée bien rapidement, jusqu’à ce qu’on voit ces deux anglais tout juste enterré parler avec le Shérif. Il me reste à parler de Tulip qui enlève Jesse pour lui présenter une mission à faire, dans l’espoir de retrouver l’homme mauvais qu’elle aimait. Bon, et bien, l’intrigue avance on va dire, mais je ne sais pas à quoi m’attendre pour l’épisode 3. Je m’ennuie pas mal devant, mais à chaque fois que je fais le point de ce qu’il s’est passé pour un article, je me rends compte qu’il y a pas mal de choses intrigantes et de bonnes scènes malgré tout… Allez comprendre.

03.jpg
Épisode 3 – The Possibilities – 14/20
Well, you look like shit but that’s becoming more and more regular

Ce générique a un style visuel top, mais la musique ne reste absolument pas en tête, c’est étrange comme choix… Bref, je suis de retour devant Preacher et j’ai totalement perdu l’espoir d’y comprendre quelque chose un jour. Le rythme est cependant un peu plus lent cette semaine, et c’est tant mieux pour y comprendre quelque chose, surtout dans les relations entre Jesse & Tulip. Leurs scènes sont pour moi la vraie réussite de l’épisode, qui m’a ravivé quelques souvenirs du comics. Une autre réussite est le développement des pouvoirs de Jesse : il a beau flipper sa maman, il s’en sert à merveille dans cet épisode. Par contre, la révélation de cette capacité à Cassidy est un peu tombée à plat en ce qui me concerne. Je m’attendais à mieux, de même que pour sa seconde rencontre avec les deux immortels. J’ai l’impression que le personnage est sous-exploité. En revanche, la mission des deux autres s’éclaircit un peu, ça peut être intéressant pour les épisodes à venir, mais pour l’instant, ça reste totalement égal en ce qui me concerne (certes, ça manque un peu de gore cette semaine, mais on a des révélations qu’on n’avait pas ces deux dernières semaines, et toujours autant de moments marquants).

04.jpgÉpisode 4 – Monster Swamp – 15/20
The world is turning to shit and you know what? It’s all your fault!

Les choses se clarifient un peu cette semaine et surtout les chemins de Tulip et Cassidy se croisent enfin lorsqu’elle le jette par la fenêtre parce qu’il célébrait une énième rencontre avec les anges et qu’elle s’est lancée dans un objectif de purifier la ville après la mort d’une prostituée (je crois ?) la veille. Bon, pourquoi pas. Qu’on m’explique par contre pourquoi elle l’embrasse ? Il a beau être mourant, ça ne justifie pas tout, si ? De son côté, Jesse se lance dans une quête qui paraît improbable, avec l’aide d’Emily : remplir l’église pour son prochain sermon… et ensuite voir son église pleine chaque dimanche. Improbable mission, c’est vrai, mais c’est sans compter sur son pouvoir dont il se sert finalement pour faire en sorte que le moins croyant de tous, Odin Quincannon se mettent à servir Dieu, devant toute la communauté. C’est parti pour une opération conversion ? Étrange cheminement que celui-ci, mais au moins, les enjeux de l’épisode était assez clairs dès le début et accomplis à la fin des 42 minutes… Reste la piste des anges que je ne comprends toujours pas, ceux-ci étant apparemment descendus sur Terre sans permission… mais dans de beaux draps quand le téléphone sonne à la fin, recevant un appel venu d’en haut, il semblerait. Bref, le rythme est un peu ralenti dans cet épisode, mais je commence à y voir un peu plus clair grâce à ça – en tout cas, je me suis senti moins perdu qu’avant, même si je suis toujours incapable de tout expliquer ou comprendre. Léger mieux pour cet épisode 4, j’espère que ça va continuer dans cette voie !

05.jpgÉpisode 5 – The South will Rise Again – 16/20
Preacher’s got a power. A power. He made me do things.

Bon, il était largement le temps que je vois cet épisode. Maintenant que la saison 2 est annoncée, je peux savourer un peu plus cette série, puisque je sais qu’elle aura le temps de voir sa fin venir (et surtout que je ne vais pas être déçu dans un mois). Cependant, l’épisode propose une longue, trop longue, introduction qui nous éloigne des quelques intrigues auxquelles j’avais accroché la semaine dernière. La scène entre Tulip et Cassidy développe enfin un peu la mythologie surnaturelle de la série, et c’est dingue que toutes les informations qui nous manquent depuis cinq heures débarquent seulement maintenant ! Tulip est le personnage qui nous permet d’enfin avoir le recul nécessaire sur les différentes intrigues et clarifie enfin un peu les choses – sans pour autant que ce ne soit limpide, c’est juste assez compréhensible pour comprendre ce qu’il se déroule. Il était largement temps, les différentes mises au point faites par notre bad girl sont véritablement ce qu’il manquait jusque-là à la série. Ainsi, les différentes intrigues avancent enfin et se rejoignent, les pouvoirs du Preacher étant découvert par beaucoup tandis que la mission des anges est expliquée à Jesse. Bref, il fallait au moins ça pour relancer mon intérêt pour cette série et c’est assez réussi pour conclure la première moitié de ces dix épisodes.

06.jpg
Épisode 6 – Sundowner – 17/20
Do you have your car keys?

Juste quand je croyais commencer à comprendre, cette série part à nouveau en vrille dans une histoire d’ange et une bonne femme blonde qui ressuscite dix secondes après son headshot. Ça promet : les deux anges que l’on connaît sont donc après Genesis et sont eux-mêmes poursuivis par d’autres anges faute d’avoir leur permission pour être sur Terre. D’une certaine manière, ça se tient et ça permet à la séquence d’introduction d’être absolument dingue. Ce plan qui mène au générique est tout bonnement génial : il ne se passe rien, mais ça se bat bien et avec un sacré aplomb pour cette série qui se permet enfin d’aller dans le gore promis. Le reste de l’épisode est tout aussi bon et développe les relations entre les personnages, s’attardant longtemps sur le mal-être de Tulip, qui trouve une réponse en s’intéressant paradoxalement à celle qu’elle voyait comme son ennemie, et à la bromance Jesse/Cassidy. Oui, j’ai dit bromance, au bout d’un moment faut pas déconner, cette scène de la machine à laver, je peux qu’appeler ça comme ça ! Excellent épisode donc qui récompense enfin l’attente des six dernières semaines (surtout le premier mois de diffusion quoi). J’avais raison d’avoir envie d’y croire.

07.jpgÉpisode 7 – He Gone – 18/20
It’s for me, Padre. Or will you let me burn, too?

Comment je suis content d’avoir persisté dans cette série quand je vois comment elle est désormais hyper cool et travaillée. Je suis absolument fan de Cassidy et Tulip, avec ironiquement un peu plus de mal sur Jesse, qui est pourtant le personnage principal. Cassidy, dans cet épisode, avance enfin un peu avec le côté vampire en se dévoilant pour de vrai à Jesse, qu’il considère comme son meilleur ami. Le cliffhanger ne m’inquiète pas trop, je suis sûr qu’il est encore en vie. Tulip est un personnage définitivement complexe, enfin approfondie depuis deux semaines. L’actrice est parfaite pour le rôle, tombant juste dans chacune des nuances qu’elle doit interpréter. De toute manière, la justesse des acteurs est quelque chose qu’on ne peut pas reprocher à Preacher : c’est toujours magistralement joué. Certes, j’ai du mal avec le personnage de Jesse, mais l’acteur s’en tire sans problème pour exprimer sa culpabilité et son énervement. Je suis pressé de voir la suite, ce qui n’est pas quelque chose que je disais lors des premiers épisodes. Je trouve que pour du AMC, il y a peu de longueurs. Certains passages sont clairement inutiles (comme ce moment où les deux enfants font la vaisselle et arrivent à court de savon, par exemple), mais ça se regarde sans qu’on ait forcément envie de faire autre chose. Je suis pressé de voir la suite.

 08.jpgÉpisode 8 – El Valero– 12/20
You dug out of hell with your hands?

Aïe. J’étais tellement impatient de regarder cet épisode que j’étais déçu à la hauteur de ces attentes de voir que Cassidy n’était pas là et que Tulip était mise de côté pour s’occuper de lui. Il n’y avait pas vraiment de suspens autour de cette intrigue, certes, je ne voyais pas trop où ils voulaient en venir avec Tulip et j’ai compris un peu tard ce qu’il en était, mais bon, Cassidy ne pouvait pas être mort. De son côté, Jesse a le cerveau grillé quand il voit Eugène revenir d’Enfer mais que ce n’est qu’une hallucination ou quand les anges essayent de récupérer Genesis en lui. Cela est intercalé dans quelques scènes où l’Église est prise d’assaut et où le pseudo-gore côtoie l’humour particulier de la série. Pas une franche réussite. C’est dommage, j’accrochais enfin à la série, mais cet épisode est trop centré sur Jesse et pas assez sur les dynamiques entre personnages. C’est ironiquement le moins bon épisode de la saison alors que je commençais à la vendre comme une vraie réussite. Rien d’irréparable toutefois, je reste optimiste pour la suite maintenant que cette phase transitoire nécessaire est terminée.

09.jpgÉpisode 9 – Finish the song– 14/20
Kill me…

Malgré le retour de Cassidy, cet épisode reste incroyablement long et le rythme n’y est pas de retour. C’est très frustrant après les deux semaines d’épisodes réussis d’être revenu à ça. Heureusement, il y avait du bon, notamment dans la construction du personnage de Tulip. La fin d’épisode nous révèle enfin ce qu’il en était de tous ces fichus flashbacks, même si pendant ces 48 minutes, j’en étais arrivé à la bonne conclusion : nous sommes en fait en Enfer, pas dans le passé. Moui. C’était une sacrée longue introduction pour une révélation qui tombe un peu à plat en ce qui me concerne. En fait, c’est bizarre, parce que je critique beaucoup, mais j’ai quand même passé un moment agréable devant l’épisode qui a évidemment fait pas mal de progrès depuis les premiers. Maintenant que j’en attends plus, c’est difficile d’être objectif dans la note.

11.jpgÉpisode 10 – Call and Response – 18/20
Told you he was a white guy

Bon, je crois que j’ai raté une étape dans la progression de Cassidy et du coup, j’ai eu du mal à accrocher. À l’inverse de Scream, j’ai découvert en cours de route qu’il s’agissait du season finale là où je m’attendais à quelques épisodes de plus. Du coup, j’étais un peu dérouté, j’avoue. Cela dit, je n’étais pas assez dérouté pour ne pas apprécier d’enfin avoir les réponses sur l’intrigue Tulip et sur son passé avec Jesse. Pour une fois, les flashbacks étaient donc bienvenus et l’épisode s’en porte mieux avec cette explication qui donne presque envie de recommencer à zéro pour mieux comprendre. Une moitié de l’épisode était consacré à cette intrigue qui permettait la réconciliation de l’ex-couple et le décompte de la venue de Dieu s’affichait de temps à autres sur l’écran, histoire de montrer vers quoi menait ce final… et il menait vers des effets spéciaux un peu foirés et un délire métaphysico-religieux plus poussif que prévu qui met en scène un dialogue tout mignonnet entre « Dieu » et ses fidèles perdus. Bon, au moins, ça conclue bien ces dix épisodes en donnant une direction précise à la suite de la série (qui est celle du comic), mais c’est parti en vrille sérieux quand même et l’épisode s’en trouve coupé en deux de manière un peu bizarre. Le montage final, qui commence par une scène avec un bon feeling HIMYM nous montre le désespoir s’installer en chacun des personnages avant une destruction totale. La fin, justement, est un peu longue à venir et le cliffhanger est des plus prévisibles, mais ça promet une saison 2 qui sera palpitante !

 00

EN BREF – La saison 1 de Preacher était un véritable OVNI de l’été : c’est bien simple, on ne comprend rien de rien aux premiers épisodes et il faut s’accrocher à la série pour en voir les qualités. Le casting aide beaucoup à le faire, car il est tout simplement excellent et que c’est ce qui m’avait amené là en premier lieu de toute manière. Peu à peu donc, la série progresse et atteint son apogée au ¾ avant de retomber un peu en qualité. Dix épisodes, c’était finalement un peu court et je serais bien resté un peu plus longtemps dans l’univers d’Annville. Il faut se rendre à l’évidence : malgré ses longueurs, son incroyable talent à dissimuler des éléments nécessaires à la compréhension et une dose assez dingue de délires religieux totalement perchés, Preacher a réussi à me rendre accro !

 

 

Publicités

15 réflexions au sujet de « Preacher (S01) »

  1. J’hésite encore à me lancer dans The Preacher. Je n’ai commencé aucune série de super héro, contrairement aux films le format série pour ce genre ne m’attire pas beaucoup. Après j’ai adoré le comics et c’est vrai que le casting est vraiment cool. A voir…

    Aimé par 1 personne

    1. C’est très éloigné du comic, même si on finit par retrouver l’ambiance. Ça s’améliore d’épisode en épisode, je ne peux que recommander, surtout qu’on est loin d’une atmosphère superhéros pour l’instant 😊

      J'aime

Leave a comment if you want...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s