Person of Interest : du Bad Code au God Mode

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C’est triste, mais il faut bien s’y résoudre : Person of Interest est désormais terminée, nous n’aurons plus jamais un seul inédit à nous mettre sous la dent. Il est donc (déjà) l’heure de faire un grand bilan/analyse sur la série et de se demander ce que l’on retiendra de POI.

Cet article est un peu dans la même veine que celui que j’avais écrit sur The Following, il s’adresse avant tout aux grands nostalgiques (de maintenant… ou qui passeront dans un an). En ce qui me concerne, je n’ai commencé la série qu’en mars et autant dit qu’avoir englouti autant d’épisodes en si peu de temps, ça marque. Il fallait bien que j’en parle.

Dans cet article, je reviens donc sur les cinq saisons de cette série et j’essaye de montrer pourquoi la série m’ennuyait tant à ses débuts (Bad Code) et comment elle est devenue aussi parfaite sur sa fin (God Mode). C’est donc une méga-synthèse des différents articles que j’ai déjà pu rédiger sur la série (vous trouverez les liens dans l’article, n’hésitez pas à y jeter un œil si vous êtes vraiment en deuil de la série), à l’exception bien sûr de l’article marathon, qui n’est jamais qu’un jeu (d’alcool).

 Oui, l’article va évoquer les cinq saisons et les ultimes minutes de la série, mais j’indiquerai au fur et à mesure des paragraphes les saisons dont il est question, pour éviter les spoilers 😉

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Une lente mise en place

Person of Interest a débuté en septembre 2011, dix années tout juste après les terribles attentats du 11 septembre et l’obsession sécuritaire qui s’est emparée des États-Unis, marquant profondément le pays. Il n’est pas donc si étonnant de voir cette série sur une machine surpuissante débarquer à la télévision américaine, dans un contexte qui en fait une Machine (avec la majuscule s’il vous plaît) capable de protéger les citoyens. Bon, on ne va pas se mentir, si vous n’avez jamais regardé la série, il est temps d’arrêter votre lecture. Pour les autres, on va pour l’instant longuement parler de la saison 1, parce que c’est un peu la base, accrochez vos ceintures !

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Numbers of the week : un procedural post-attentat

Il faut dire les choses comme elles sont : la saison 1 (dont j’ai commenté les épisodes dans cet article) n’est pas franchement des plus réussies, ni des plus abouties. Les idées sont là, mais la partie science-fiction n’est pas traitée, mise de côté la majorité du temps au profit d’une enquête de la semaine. Il y a bien sûr le suspens interminable et répétitif de savoir si le « client » de la semaine est du côté des gentils (victim) ou des méchants (perpetrator) et il y a quelques trames de fond (Elias, le passé de John) dont les graines sont plantées ici et là au hasard des épisodes. Cependant, aucun doute possible : l’idée n’est pas de prendre la tête du spectateur avec des problématiques complexes, juste de lui permettre de voir une intrigue complétée en quarante minutes, à la manière des Experts ou de NCIS (cette dernière s’étant, elle aussi, complexifiée avec le temps dans des intrigues par saison).

À nouveau, cette obsession de l’intrigue bouclée est assez facilement rattachable à l’obsession sécuritaire post-attentat. Il est cool de se dire que notre destin est surveillé par une Machine et une équipe (un duo, aidé d’un flic corrompu) qui ne perd jamais (ou si peu). Et la série s’enferme là-dedans sur l’ensemble de sa première saison, sans particulièrement chercher à sortir du schéma du procedural, qu’elle maîtrise parfaitement. Oui, mais voilà, elle a le potentiel d’être beaucoup plus que cela, ça se sent, et ça donne une impression de gâchis par moment – et encore plus quand on voit ce qu’elle devient ensuite (mais eh ! j’ai dit que je préviendrais en cas de spoilers, donc hop, passons au paragraphe suivant !).

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Des personnages sous-exploités ?

Cela pourrait suffire à servir une série un peu moyenne, mais le problème ce que bien souvent les personnages sont sous-exploités dans la série. Ils sont là, c’est vrai, mais leur personnalité est assez « plate ». Ce n’est probablement pas le bon mot, je devrais peut-être en resté à « convenue ». Ces personnages ne surprennent pas, n’échangent pas vraiment sur leur vie (combien d’épisodes avant qu’Harold et Reese n’entretiennent une relation amicale ?). Carter les traque sans qu’on en découvre beaucoup plus sur elle (jusqu’à cet épisode où l’on découvre qu’elle a un fils qui sera ensuite toujours éclipsé et laissé de côté, un peu comme pour Fusco), Fusco justement n’est qu’un flic corrompu pris dans un engrenage qui le dépasse totalement, John est le super-héros américain que rien n’arrête et qui réussit toujours tout ce qu’il entreprend (y compris la drague, sinon c’est pas drôle) et Harold est le plus mystérieux, mais est souvent réduit au personnage du geek. Le vrai problème dans tout ça, c’est que les personnages n’ont que peu l’occasion de se rencontrer et le sentiment d’équipe n’est du coup pas du tout créé au cours de cette saison : nous avons des loups solitaires avec une mission commune, mais ça s’arrête là.

Lors de rares occasions, les personnages se voient un peu plus développés, le plus souvent par des cliffhangers ou le retour de « réguliers », comme Zoe Morgan. Seulement, ça ne dure jamais plus d’un épisode, la série fait souvent marche arrière. Ce qu’il manque surtout, c’est un enjeu un peu plus grand que le numéro de la semaine et des dialogues bien travaillés… Ce qui arrive ! Attention, nous allons maintenant passer à la fin de saison 1… et début de la 2.

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La mise en place de la sérialité : comment Root a sauvé la série

Le premier épisode qui introduit Root dans Person of Interest est très mystérieux : il ne s’agit alors que d’une hackeuse particulièrement douée qui connaît l’identité d’Harold… et qui est oubliée pendant un peu moins d’une dizaine d’épisodes après son introduction. Elle revient enfin pour le dernier épisode de la saison et en constitue le twist final, qui laisse John perdu dans la rue à décrocher le téléphone à la place de la Machine. Je ne sais pas bien si c’est conscient de la part des scénaristes, mais dès lors le personnage de Root devient iconique : sans être méchante, elle parvient à mettre nos héros si parfaits en échec. Et c’est tout ce dont avait besoin la série : un antagoniste à la hauteur, mais vraiment à la hauteur.

Avec elle, Root introduit surtout une grosse part de la mythologie de la série. Elle prend la Machine pour une déesse, la considérant comme une entité à laquelle on peut parler et dont on peut se servir – ou plutôt dont elle peut être le corps. Les premiers épisodes de la saison 2 (commentés par-là) sont plein de concepts autour de la Machine et du fameux « bad code », qui permettent de totalement changer la dynamique de la série… et surtout d’en faire une série, avec des épisodes qui se suivent (les deux premiers de cette saison notamment). Cette sérialité nouvelle permet aussi de développer au mieux les personnages, notamment Finch qui se voit attribuer un passé romantique.

Malheureusement, les producteurs ont vendu un procedural et c’est donc à cette forme qu’ils se tiennent. Attention, il n’y a théoriquement pas de mal à faire un procedural, c’est juste pas du tout mon type de série et, du coup, pas du tout les meilleurs moments de la série. Oui, sauf que les scénaristes semblent être un peu de mon avis et chaque fois que Root revient c’est en amenant avec elle un humour que la série n’a pas habituellement et tellement, tellement de bons moments qui transcendent les intrigues de la semaine qu’on nous sert habituellement. Dit autrement : elle sauve littéralement la série de l’ennui et de la routine dans lequel elle s’était installée malgré elle, au même titre que Zoe Morgan et Leon Tao… mais seulement elle le fait mieux, parce qu’elle parle à la Machine, parce qu’elle a son God Mode et que la Machine semble la comprendre et lui répondre…

Dans la suite de l’article, je vais traiter des saisons 2 et 3, vous êtes prévenus, arrêtez-vous si vous n’êtes pas à jour.

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Faire de la Machine un personnage

Ce sont au cours des saisons 2 et 3 que la série parvient à accomplir ce qu’elle avait toujours tenté de faire sans jamais y parvenir : devenir une série suivie, tout en gardant assez le format du procedural pour continuer de convaincre la chaîne. Tout cela se fait parce que la Machine n’est plus simplement une entité neutre qui nous permet d’accéder au passé, mais parce qu’elle devient peu à peu un personnage central d’un show qui se réinvente.

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Tirer un trait sur le passé

Cependant, pour parvenir à se réinventer de la sorte, la série a dû faire quelque chose de bien difficile : tirer un trait sur le passé. Cela a commencé par les disparitions de Zoe et Leon, ou plutôt par leur absence de plus en plus prolongée. Puis, toute une intrigue s’est terminée autour du passé de John, sans crier gare. La série s’est peu à peu développée pour devenir autre chose, grâce à Root et au développement qu’elle a apportée concernant la Machine. La Machine est en effet devenue un personnage à part entière, avec ses caprices et bugs. La série était donc prête pour l’introduction d’un nouveau personnage, de la manière la plus étrange qui soit : un épisode spécial.

Le 2×16 nous présente donc le personnage de Sameen Shaw, qui s’apprête à devenir l’un des éléments-clé de la composition de la série. Cet épisode se centre uniquement sur son personnage, introduisant relativement tard en son sein les personnages principaux. Et surtout, c’est un épisode qui fait en sorte que Shaw rencontre toutes les cartes importantes, y compris Root, dans une scène de torture au fer à repasser absolument magique (je ne pense pas qu’on puisse me contredire là-dessus). Ce nouveau personnage n’est pas immédiatement présenté comme une partie de l’équipe, elle va, elle vient, mais elle est toujours là quand on a besoin d’elle. Elle a son caractère bien trempé et bien à elle, mais aussi et surtout ses répliques cinglantes. Au même titre que Root, elle ajoute une bonne dose d’humour à la série qui en a bien besoin.

Tout cela n’est pas encore tout à fait suffisant pour faire peau neuve. Les scénaristes le savent bien… et ils décident alors de sacrifier le personnage de Carter, tout en marquant la fin de l’intrigue HR. Et ça fonctionne, d’autant plus que tout cela se fait en début de saison (épisodes 8 et 9, commentés dans l’article sur cette déjà bien meilleure saison 3), dans des épisodes généralement totalement banal et pas marquants à ce point. Ces deux épisodes sont absolument dingues et plein de surprises, jusqu’au couple Carter/Reese, qui aurait pu être attendu à une autre époque, mais que je ne voyais même pas ensemble quand il finit par arriver. Bref, avec cette mort violente, la série tourne définitivement la page du passé et se lance à la poursuite d’autre chose… ses racines (pun intended) « mythologiques » et totalement bercées par la SF !

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Shoot : un fil rouge efficace

Le reste de la saison 3 et le début de la 4 (attention spoilers et commentaires sur la saison 4) a alors été marqué par un relatif retour à la normal. Les enquêtes reprennent assez vite leur banalité une fois le meurtre de Carter élucidé. Oui, mais dès l’épisode qui suit cette fusillade imprévue en pleine rue, Shaw et Root reprennent leur flirt de manière plus flagrante encore que lors de leur rencontre autour d’un fer à repasser. Cela fait déjà une dizaine d’épisodes que ça dure, mais ça s’accélère quand il s’agit de venger Carter. La scène est marquante, Root avec ses deux pistolets, aidée de la Machine et encadrée par Fusco et Shaw… La série possède là une nouvelle base hautement sexy et beaucoup plus scénarisée à long terme.

Oui, Person of Interest décide de nous montrer deux personnages de femmes fortes qui, en plus, en pincent l’une pour l’autre, dans une relation toujours esquissée de manière subtile dans des dialogues de drague un peu lourde aux moments les plus inopportuns. À partir de là, l’attache aux personnages est totalement différente de ce qu’elle avait pu être auparavant : les interactions et dynamiques prennent le dessus sur les missions à de nombreuses reprises. Dorénavant, on assiste aussi à une évolution des relations entre les protagonistes de la série, qui ne se contentent plus de sauver simplement leur numéro du jour… Surtout en début de saison 4 où chacun est séparé et vit sous couverture.

En d’autres termes, le couple Shaw/Root devient un fil rouge que l’on retrouve dans une majorité d’épisodes et qui a une importance toute particulière, aux côtés des développements qui voient le jour avec Samaritan. Parce que, oui, avoir des personnages forts qui interagissent enfin ne suffisait pas et les scénaristes ont su renouveler la série avec un nouvel ennemi qui allait aider à définitivement renverser les bases de la série et la faire rentrer dans sa maturité la plus totale et la plus cool. Le renouvellement se fait aussi par ce principe des couvertures que doivent assurer les personnages et qui fait que seule la Machine reste un personnage inchangé en début de saison 4. Elle permet la transition vers une série très différente, avec une nouvelle base et un nouveau QG.

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La première simulation 

Cette intrigue et ce fil rouge nous amènent en effet à l’écriture du meilleur épisode de la série – ou en tout cas d’un des meilleurs, le 4×11. En effet, au cours de celui-ci, l’équipe Machine se retrouve dans une situation intenable lors de laquelle tout espoir semble perdu d’avance. Root demande alors l’aide de la machine qui va calculer tout un tas de simulations pour tenter de sauver ses alliés. Cet épisode démontre toute l’évolution de la série de la meilleure des manières possibles : la Machine est notre point d’entrée dans l’épisode. C’est le personnage principal de l’épisode, celui dont nous suivons le point de vue, de scènes en scènes, découvrant son désespoir de ne pouvoir gagner comme lors de cette partie d’échec contre Harold et son humour particulier (le baiser entre Root et Fusco).

Mieux encore, la simulation permet l’étude des relations humaines développées comme jamais avant dans les quatre saisons : la relation père/fille entre Harold et sa Machine, le couple Shoot, la relation de Reese avec ses co-équipiers, la place particulière de Fusco, tout est étudié minutieusement dans les simulations de la Machine.

Le calcul des probabilités nous fait trembler en tant que spectateurs car l’on sent bien que cet épisode n’est pas comme les autres : c’est la première fois qu’on découvre autant le fonctionnement de la Machine et la menace plane tout au long de l’épisode. Cela nous mène inévitablement à l’une des scènes les plus atroces (aux côtés de celle de la mort de Carter) où Shaw se sacrifie pour sauver l’équipe, après avoir finalement cédé aux avances de Root. Inattendu baiser attendu pendant des heures, cette scène nous retire tout le plaisir de voir ces deux personnages enfin ensemble et commence une ère bien sombre pour la série.

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« We might as well be a symphony »

Alors que la série a pris un temps monstre à se développer pour devenir autre chose, les audiences n’ont cessé de chuter. C’est peut-être pour ça que les scénaristes décident étrangement de faire ce qui s’apparente à une marche arrière dans la deuxième partie de la saison 4…

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L’interminable recherche de Shaw

Interminable est un euphémisme à ce stade ! Root passe deux ou trois épisodes à ne chercher que Shaw, révélant un côté vengeur qu’on ne lui connaissait pas encore si développé et gagnant définitivement le cœur des fans quand ce n’était pas encore fait. Oui, mais voilà, l’actrice est enceinte et ne peut pas revenir de sitôt. Samaritan la garde donc en otage et nous n’en saurons pas plus. Quant à Root, il est évident qu’elle continue à la chercher et à servir la Machine jusqu’à ce qu’elle ait ses réponses. Normal.

La recherche de Shaw devient un fil secondaire de la saison 4, qui devient même par moment tertiaire. Nous revenons aux épisodes lambdas sur des numéros sauvés par un John et un Harold qui n’interagissent plus vraiment après la perte de leur(s) alliée(s). C’est extrêmement dur à supporter et regarder quand on sait ce que la série est capable de faire quand elle est en forme. Oui, mais voilà, c’est peut-être aussi un effet voulu de la part des scénaristes, de montrer que les bases de la série ne sont pas oubliées. Surtout, les scénaristes nous sèment des indices, exactement comme au cours des deux premières saisons, indices qui sont destinés à nous mettre sur la piste de ce que sera la dernière saison, qui a elle aussi son article consacré, évidemment.

Alors oui, la deuxième partie de la saison 4 est longue, mais elle permet aussi de se rendre compte des progrès de la série et du caractère essentiel de Shaw et Root dans l’équipe. John & Harold semblent galérer à tous les deux et le conflit avec Samaritan se profilent, étant toujours plus menaçant à l’horizon, horizon qui se rapproche bien vite sur la fin de saison.

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Une série qui exploite pleinement son potentiel

Tout cela nous fait arriver au début de la saison 5 dans laquelle la Machine est finalement cassée, non fonctionnelle. La situation se renverse totalement, c’est l’équipe qui s’occupe désormais de la Machine et non la Machine qui s’occupe de les envoyer en mission. Cela fonctionne très bien, malgré l’absence de Shaw toujours. Avoir ce but commun rapproche notre équipe qui sait mener un combat qui ne peut que mal finir pour eux.

C’est dans cette saison 5 que les scénaristes dévoilent tout le potentiel de ce qu’ils ont entre les mains avec l’affrontement de ces deux machines que sont Samaritan et la Machine. L’une et l’autre sont capables de calculs que le cerveau humain ne peut accomplir et permettent donc des simulations qui remettent tout en question et permettent toujours une exploration plus en profondeur des personnages. Le retour tant attendu de Shaw se fait selon ce principe de simulation, nous permettant de découvrir mieux que jamais la vision du personnage et ses sentiments, mais aussi de comprendre la torture qu’elle subit. De simulation en simulation, c’est son réel qui est détruit peu à peu, puisqu’elle se sent perdue dans une suite de simulation. Inception ? Un peu, oui.

Le spectateur est peu à peu perdu lui aussi dans les simulations que subit Shaw. Chacune de ses scènes est surplombée d’un énorme « ET SI ? » aussi désagréable qu’il est brillant. Les scénaristes jouent avec les possibilités, avec les scénarios, avec les personnages et tout cela est purement le « God Mode » qu’on nous vendait en saison 2. Oui, les scénaristes ont atteint le God Mode, ils peuvent nous amener où ils veulent, dans une direction que l’on veut voir (Shoot) pour mieux nous la retirer aussitôt. Tous les personnages se complètent à merveille dans cette saison, les sacrifices s’enchaînent et ne se ressemblent pas. L’ajout des simulations, découvertes en saison 4, à l’écriture de la série fait exploser son potentiel au grand jour.

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Le dernier arc : un renouvellement assuré.

La série se lance alors, lorsque Shaw retrouve enfin l’équipe dans un épisode qui paraît presque bâclé après tant d’attente et de simulations, dans son ultime arc. Évidemment, cet arc commence presque immédiatement par la mort de Root, que l’on sentait venir depuis le début de saison, une fin heureuse ne semblant pas trop crédible à la fois pour le personnage et la série. Cette mort permet de donner une voix à la Machine qui devient, encore plus qu’avant, un personnage à part entière du casting, avec ses motivations et ses secrets.

Les derniers épisodes nous révèlent alors que la Machine a mise en place une autre équipe (au moins) constituée des anciens numéros qui furent secourus par Reese et Finch tout au long des cinq saisons. Le renouvellement de la série est assuré : même en cas de défaite, le spectateur sait que la protection et le combat continuent. C’est une trouvaille parfaite, qui permet d’imaginer Zoe et Leon continuer à faire le même boulot de leur côté et de donner un peu d’espoir dans une fin très sombre.

Tout cela se fait sans perdre pour autant de vue les simulations qui ont permis de créer tant de suspens et de grands moments tout au long de la saison 5. Finch envisage d’arrêter définitivement sa machine et de dernières simulations nous permettent de découvrir ce que chacun aurait fait sans l’existence de la Machine, et ce n’est pas bien consolant de savoir qu’ils auraient tous mal fini. Harold désactive finalement son bébé et cela nous permet d’atteindre les adieux ultimes…

Sans grande surprise, le dernier épisode voit la Machine agoniser et l’équipe mener le dernier combat contre Samaritan, avec son lot d’adieux et de rebondissements. John finit par mourir, se sacrifiant pour la Machine, ce qui est la seule issue vraiment possible pour le personnage. Tous les autres terminent sur une note d’espoir : Fusco reprend sa vie et Harold retrouve enfin Grace, une scène que nous ne voyons pas vraiment mais qui est suffisante pour imaginer le bonheur à venir du personnage, dans une vie tranquille, au moins pour un temps. L’ultime combat contre Samaritan est remporté par la Machine et, contre toute attente, celle-ci est parvenue à survivre à sa destruction : le dernier épisode se termine donc sur la résurrection inattendue de la Machine qui contacte aussitôt Shaw. Root voulait être une symphonie avec elle dans l’univers des possibilités, c’est désormais chose faite : la Machine a conservé la voix de Root et contacte Shaw en priorité pour reprendre le travail. C’est la plus belle des fins ouvertes possibles, qui laisse place à la possibilité de spin-offs, remakes et de films, sans pour autant nous laisser frustrés ou dégoûtés.

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Ce sourire de Sarah Shahi est une conclusion merveilleuse aux cinq années de la série, il représente bien ma réaction à ce final, tout en montrant bien l’évolution de Person of Interest et de ses personnages. Certes, les débuts étaient clairement du Bad Code pour moi, mais il est tout aussi évident que tout cela se termine en God Mode. Ce n’est pas un adieu, c’est un au revoir en attendant la prochaine simulation ou la prochaine fois que je me replongerais dans les meilleurs moments.

 

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