Club de Cuervos (S01)

Avis : Le hasard fait parfois bien les choses. Alors qu’il m’était impossible de dormir à cause d’un tapage nocturne auquel je ne pouvais rien, je me suis dit que j’allais faire un tour sur Netflix, sans grande conviction. Je n’avais pas envie de regarder quoique ce soit, donc j’ai erré un peu en parcourant le catalogue avec curiosité, comme je crois que ça arrive à tous les gens ayant un compte Netflix. Vraiment, ne vous inscrivez pas, ça tue toute votre productivité, même quand vous ne regardez rien (vraiment, inscrivez-vous).

Toujours est-il que je suis tombé sur cette série au synopsis intrigant et en langue espagnole. Bim, il ne m’en fallait pas plus pour attirer ma curiosité, car ça fait un moment que j’ai envie de me trouver une série espagnole. J’ai bien Ministerio del Tiempo au programme de mon challenge, mais il n’est pas évident de trouver les épisodes légalement, et encore moins de les caser dans un emploi du temps (ils durent 70 à 80 minutes). Bref, c’était une double aubaine : j’avais du temps à tuer et ça me remettait à l’espagnol ; j’ai donc décidé de switcher Ministerio au profit de Club de Cuervos, même si je n’en savais rien de plus que le synopsis.

Hop, coup de tête efficace : pas de regret. C’est une série en espagnol certes, mais c’est avant tout une série Netflix : le cadre, le rythme, les intrigues, les répliques… tout paraît familier grâce à cette caractéristique toute bête ! C’était très agréable, dépaysant avec le Mexique, mais pas trop parce que Netflix, et assez adapté à mon rythme de vacancier.

Si vous ne connaissez pas, je vous recommande, surtout si vous aimez les séries-soap type Brothers & Sisters et peut-être aussi type One Tree Hill (en moins ado – mais je n’en ai vu que la saison 1 où ils sont ados aussi).

Note moyenne de la saison : 15,5/20

01.pngÉpisode 1 – Sé un Capitán – 16/20
Mi papá era un cuervo

Ce pilote introduit ses personnages et le conflit familial de la meilleure manière qui soit, nous présentant avant tout la discorde entre le frère et la sœur, autrement dit entre Chava et Isabela (je me pose les noms là pour les retenir en vrai). La structure en flashback apporte beaucoup, car Chava apparaît d’abord comme un président au top avant d’être aussitôt présenté comme un jeune en déperdition la plus totale, avec drogue et prostituées. L’univers du football n’est pas surexploité pour le moment, il s’agit plutôt d’explorer l’entreprise familiale, qui est donc une toile de fond, et la condition de tout un chacun autour de l’héritage. En bref, il y a de l’humour et du drame, de la tension et des histoires familiales qui ne font que commencer avec la « concubine » du père décédé. Quant à l’Espagnol, il passe très bien à l’oreille et ne m’a pas dérangé une seule seconde, alors que je m’en inquiétais un peu comme ça se passe au Mexique. Début très positif donc, malgré quelques défauts Netflix évident, comme la sexualité un peu trop représentée. En même temps, c’est un peu une caractéristique de tout ce qui est hispanique, donc c’est sans surprise.

02.pngÉpisode 2 – Hacemos Jabon – 14/20
Donde esta tu hermana ?

Isabel abandonne lâchement le club pour prendre un job dans l’entreprise de savon familiale. C’est lent de ce côté-là, mais c’est voulu : l’idée est de montrer l’ennui qu’elle est vouée à ressentir loin des Cuervos. Salvador « Chava », lui, se voit nommer, sans grande surprise, directeur du club et c’est la tête pleine de rêve pour ses équipes qu’il entend occuper ce poste. J’aime beaucoup ce personnage un peu cliché du jeune perdu qui se retrouve avec des responsabilités et l’acteur le joue bien, surtout quand il voit que sa sœur est la solution en cas de problème… ce que je comprends, car elle est aussi intelligente que drôle. Leur duo fait bien passer le comique et la relation frère/sœur pour l’instant. Ce second épisode confirme une série assez classique, mais à vrai dire parfaitement maîtrisée comme telle. C’est d’un niveau suffisant pour divertir et c’est entraînant, avec un côté soap très réussi lui aussi. En revanche, je trouve que le côté foot et l’intrigue sur les joueurs tombent un peu trop comme un cheveu sur la soupe pour l’instant, j’espère que ça va peu à peu être mieux relié au reste par la suite.

03.pngÉpisode 3 – Repuesta Uniforme – 14/20
No tengo hijos, señor. Y soy Julio, señor.

Chava continue de galérer à devenir le patron du club, car quoi qu’il fasse, il manque beaucoup trop de crédibilité pour l’être. Histoire d’empirer les choses, son cousin parfait vient se rappeler à son bon souvenir et il a beau tout faire pour être meilleur, ce n’est pas évident pour Salvador de se faire respecter. Sa sœur qui a tout ce qu’il faut pour diriger le club (sauf un pénis donc) galère de son côté avec Mary Luz qui parle évidemment à la presse pour se faire du fric. Bref, les galères s’enchaînent pour nos héros et c’est assez sympa de les retrouver dans ce nouvel épisode, avec toutes leurs chamailleries parfaitement jouées. Pour la première fois dans la série, le foot prend un peu d’importance. On a même droit à un match, il était temps car ça manquait finalement pour bien comprendre les enjeux, même si c’est expédié en une minute au lieu de 90. Enfin, l’intrigue secondaire sur ce pauvre Tony toujours sur la touche et malmené par ses coéquipiers continue également, mais je ne vois pas bien son intérêt pour le moment, sinon le scandale qui se pointe peu à peu. En bref, l’épisode est bien humoristique malgré des problématiques bien définies pour les héros, donc c’est un bon moment qui s’il ne marque pas les annales est assez cool.

04.png
Épisode 4 – Bofetada – 16/20
Por favor, Susanita, deberia ayudarme

Allez, cet épisode y va fort avec la nudité gratuite, avec un full frontal masculin et des boobs à tout va. Et encore, le full frontal masculin sert une bonne blague du scénario (et l’explication de pourquoi il a toujours les mains dans son short probablement) et pour tout dire, le scénario est bien drôle dans cet épisode avec l’amitié Tony/Susanita qui est géniale, Isabel qui parvient à attirer l’attention d’un sponsor masculin après quelques déboires misogynes (j’aimerais croire qu’ils sont exagérés mais…) et Chava qui drague une journaliste qui n’en a pas grand-chose à faire de lui a priori. J’espère que l’on reverra cette dernière, car ayaya mucha caliente. L’épisode est donc principalement drôle, mais en plus, il fait avancer les intrigues avec Goyo finalement viré bien vite et très malproprement après avoir couché avec Susanita (scène la plus drôle de la série au moins) et frappé Tony. Oui, sauf que j’ai fini par m’attacher à Tony et j’espère qu’on va continuer à suivre l’histoire de ce loser. En plus, cette colère finale de Chava ne fera pas du bien à sa réputation déjà bien entachée.

05.png
Épisode 5 – Barreras Para Salir – 12/20
Cuervos es mi familia

Paty est de retour, alléluia, c’est cool que Chava pense comme moi que cette journaliste est sexy… Sauf qu’elle est aussi tout bonnement insupportable dans cet épisode, ne devenant plus qu’un cliché faire-valoir. Le comique de son rôle s’estompe un peu maintenant qu’elle n’est plus là que pour ça et l’épisode s’éternise un peu autour de cette intrigue, heureusement sauvée par Mary-Luz. De son côté, Tony continue de vivre toute sorte d’aventures étranges dans les vestiaires qu’on va finir par connaître par cœur à défaut de voir les matchs. Le seul problème, c’est que ça éclipse Isabel un temps, avant qu’elle ne revienne draguer le journaliste. Donc, un épisode moins drôle et tout en longueur, c’est dommage, j’espère que ça va vite repartir du bon pied maintenant.

06.pngÉpisode 6 – Afortunado en Jugar – 17/20
DONDE ESTAN? Eso no es une equipo.

La première moitié de l’épisode tourne autour du match de qualification qui approche et cela permet de redonner un peu d’importance au terrain et aux déboires de l’équipe, que l’on connaît un peu mieux à chaque épisode. Les vies de Tony et Moises/Ximena sont assez drôles et toujours mises en avant dans les épisodes, ce qui est sympa. Goyo est enfin remplacé dans cet épisode par un entraîneur totalement tordu qui privilégie le yoga au jeu. Étrange, mais je vois ça comme un moyen d’ajouter de l’humour autant à l’épisode qu’à la série. Et puis, il fallait trouver un truc pour justifier que l’équipe se défonce sur ce match et gagne. Techniquement, ce match est le plus long de la série et aussi ce que je kifferais sur les rares matchs que je suis, avec juste l’essentiel. La victoire est belle, la défaite aux qualifications n’en est que plus difficile pour tout le monde et permet de remplir la seconde partie de l’épisode. Et il y a encore le temps pour que Mary Luz manigance une fois de plus et que Rafa Reina refuse de célébrer son dernier match bien mal parti. Dire que je m’inquiétais du rythme mauvais dans l’épisode précédent, c’est tout réparé et la série s’offre son meilleur épisode l’air de rien, avec une scène finale à mourir de rire.

07.pngÉpisode 7 – Nuestro Guggenhelm – 15/20
Chava, do you know the definition of luck?

Toute une scène en anglais et je m’en suis rendu compte qu’à mi-chemin en notant la citation, je suis à l’ouest moi. Bon, après cet épisode 6 intense, le 7 fait pâle figure : il faut remplacer Rafa et cela offre l’occasion d’un nouveau duel frère/sœur avec Chava qui recrute un joueur international et Isabel qui est coincée par un accord effectué par Felix. Bref, une fois de plus, Chava se sent inutile et ridicule, ce qui ne s’arrange pas quand Mary Luz en rajoute une couche sur le sexe du bébé. Isabel tente une fois de plus de décrédibiliser son ex belle-mère et c’est un échec cuisant malgré une victoire certaine. Du côté des joueurs, on continue de suivre Moises et ses multiples tentations de tromper Ximenes auxquelles il résiste autant que possible alors qu’elle déprime des fréquentations de son homme. Elle en arrive à partir en vacances seule et sous-entendre la rupture. Du point de vue technique, cet épisode possédait le pire faux raccord que j’ai vu depuis un certain temps (le livre fermé/ouvert d’Isabel)… de même qu’il possédait leur meilleur plan séquence lors de la réunion finale. C’est finalement Felix et Isabel qui se font le plus avoir dans cet épisode et c’est agréable de voir la donne se renverser de la sorte.

08.pngÉpisode 8 – Aitor – 14/20
El Taj Mahal no es una casa es un mausoleo

Un épisode sous la forme de documentaire ? Pourquoi pas, mais on sent bien qu’on est sur Netflix, car c’est le genre de risque qu’une série prend rarement au cours de sa première saison si elle n’est pas assurée de s’en foutre royalement des audiences. J’ai trouvé sympa de découvrir d’un point de vue extérieur l’arrivée d’Aitor, surtout que le côté journalisme est quelque chose qui existe depuis un moment dans la série, ça se développe un peu plus ici et c’est une composante qui fonctionne bien. En revanche, le gros problème de cette forme du documentaire, c’est qu’on perd une bonne partie de l’humour habituel pour se concentrer sur des humiliations de Chava. Exit aussi les disputes entre frère et sœur qui n’apparaissent qu’en fond pour mieux exploser à la fin. Cela offre au moins un cliffhanger sympa pour la suite de la série, mais l’épisode manque du coup d’un petit quelque chose.

09.pngÉpisode 9 – Fiebre Española – 14/20
Ser presidente te cayo del cielo Chava

Cet épisode est un peu long, mais il se concentre un peu plus sur l’équipe et l’arrivée d’Aitor, et c’est sympa. Son arrivée bouleverse en effet l’équilibre à peu près établi : Isabel et Chava ne se parlent plus et finissent par se battre en public, Potro se montre extrêmement jaloux de son nouveau coéquipier (principalement à cause de son entre-jambe) et Aitor a un agent très froid et particulier. En bref, c’est le bordel pour le club une fois de plus. Tout cela nous mène petit à petit à une succession de scènes d’orgie qui permettent de révéler la sexualité d’Aitor, qui se dit pansexuel du coup. L’épisode faisait plus transition qu’autre chose, mais c’était sympathique à voir. J’attendais juste un peu mieux après le documentaire en fait.

10.pngÉpisode 10 – Nuevo Padrote en el Pueblo – 15/20
Es Youtube. Singular.

Ca part un peu en vrille et je crois que c’est parce que l’on se rapproche peu à peu du final. Eliseo tente de ruiner les Cuervos de manière extrêmement visible, mais il n’est jamais que le vautour qui tourne autour du corps de sa proie à l’agonie. Isabel est carrément exclue des locaux par son frère tandis que Moises ne se sent plus du tout à sa place dans l’équipe à cause d’Aitor qui lui fait en plus des avances. À ce sujet, c’est marrant, mais je ne voyais pas vraiment les pansexuels comme ça, ça, c’est juste un obsédé sexuel. Tant mieux, c’est bien plus drôle et Aitor est clairement là uniquement pour son potentiel comique, car c’est à peu près tout ce qu’il a le pauvre. La situation se dégrade et ça promet des choses intéressantes pour les trois derniers.

11.pngÉpisode 11 – Empuja – 15/20
Estas ovulando ?

Comme je le pensais, les choses se compliquent et se pimentent au cours de cet épisode. Rafa revient en tant qu’entraîneur, faute de pouvoir trouver quelqu’un d’autre, ce qui entraîne une série de complications autour d’Aitor qui ne supporte bien évidemment pas d’être coaché par un petit joueur à la retraite. L’ambiance part vite en cacahuète : Félix démissionne après un ultime désaccord avec Chava. Ce dernier a bien d’autres choses à gérer pourtant : Mary-Luz est en train d’accoucher d’un petit Valentin… Iglesias, évidemment. Isabel est obligée de reconnaître ses torts et de reconnaître son petit-frère comme tel. L’épisode change un peu d’ambiance et se concentre à nouveau plus sur les Iglesias que sur les joueurs, tout en gérant mieux les deux de front. Tout cela se termine sur Eliseo qui fout la merde en révélant à Chava que les photos du portable rose avaient fuité grâce à Isabel. Voilà qui promet.

12.pngÉpisode 12 – Feliz Cumpleaños, Sr. Presidente – 18/20
Yo te apoyo. Nosotros te apoyamos.

Voilà un épisode bien violent : les secrets de Mary-Luz apparaissent peu à peu bien que sa présence auprès de Chava soit géniale, Aitor se retrouve au milieu d’un scandale sur sa sexualité après avoir été vu embrasser son agent. Dur. Dur retour à la réalité homophobe mexicaine avec de nombreux discours qui semblent sortir d’une autre époque. Cet épisode est une claque après l’ouverture dont faisait preuve la série sur tous les sujets sexuels et c’est une vraie réussite pour cela. Rafa se fait virer après un discours d’Isabel ne soutenant pas Aitor et il se venge aussitôt à la télé. Isabel passe vraiment de bien mauvais moments quand elle perd même le soutien de son mari lorsqu’il apprend pour les photos de Moises. Celui-ci aide Potro à retrouver ses érections dans une intrigue un peu naze et tordue. Bref, cet épisode est surtout d’une tristesse affolante pour le personnage de Chava qui passe le cap des trente ans de la pire des manières qui soit. La toute fin est un deus ex machina qui fonctionne plutôt bien car elle est imprévue mais parfaitement bien amenée. L’épisode final va être sanglant.

13Épisode 13 – Iglesia vs. Iglesia – 19/20
Isabel, ahora eres presidente

Voilà, il est l’heure de conclure la saison et cela se sent bien : le baptême de Valentin est un bon moyen de réunir tout le casting de la famille est de montrer les divisions, tandis que dans les vestiaires, Aitor parvient à trouver le moyen de se faire respecter. Potro retrouve son talon, Felix, Tony et le premier entraîneur (et Susanita !) ont chacun leur scène, bref, l’ambiance de fin est là jusque dans la trahison de Mary-Luz ou le clin d’œil au pilot lorsque Chava se réveille. Les conseils de famille et d’administration sont tout simplement horribles avec la destitution de Chava et la douleur familiale parfaitement jouée chez tous les acteurs. À partir de là, la fin est tracée avec de nouvelles relations qui se dessinent entre les personnages, le départ d’Aitor – et j’en suis dégoûté, son potentiel comique est loin d’être épuisé, puis surtout celui de Chava. Les dernières minutes ouvrent toutes les possibilités pour une seconde saison : nous ne connaissons toujours pas tous les secrets de Mary-Luz, Chava s’enfuit probablement pour mieux revenir, Isabel est enfin dirigeante mais s’apprête forcément à foirer, etc. C’était un épisode vraiment bien foot-u et clairement le meilleur de la saison.

 00.png

EN BREFClub de Cuervos s’est avérée être une vraie bonne surprise : je m’attendais à une série moyenne et j’ai finalement eu quelque chose qui dépassait le cadre du simple Guilty Pleasure. Il y a un peu d’originalité avec le côté foot, des personnages bien écrits et surtout tous très bien interprétés et des retournements de situation dignes des meilleurs soaps. Le générique reste en tête et le comique y est toujours présent en toile de fond. Il ne me reste plus qu’à attendre la saison 2 avec beaucoup d’impatience : elle a été annoncé pour 2016, ça ne devrait pas tarder.

Publicités

3 réflexions au sujet de « Club de Cuervos (S01) »

Leave a comment if you want...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s