Utopia (S01)

Cet article a été écrit en septembre… je l’ai juste jamais publié avant. Oups. Dans le cadre du Challenge Séries 2016, j’ai switché One Tree Hill avec les deux saisons d’Utopia.

Avis : 159 épisodes me séparaient de la fin des frères Scott quand j’ai eu la flemme de voir un épisode de mon challenge ou de ma longue liste de séries à voir et conseillées par des amis. Pourquoi faire simple quand on peut errer sur Internet ? Je me suis mis en quête d’une chaîne Youtube intéressante, sans succès. Puis, je suis parti sur Netflix pour voir un énième film culte survendu que je n’ai jamais vu. Et c’est là, parmi les nouveautés de septembre, que je suis tombé sur Utopia.

Je n’en avais jamais entendu parlé, mais le titre et l’image étaient intrigants alors j’ai fait un saut sur TVshow time, où elle est hyper bien notée et où les commentaires sont carrément élogieux. Restait à savoir si c’était justifié. Sans plus de suspens, le verdict : oui, ça vaut le coup.

Grosso modo l’intrigue de base de la série met un certain temps à s’installer, mais ça plaira aux fans de comics, de forums internet, de séries anglaises (à la Skins, à la Misfits, en moins ado) et de thriller. D’ailleurs, je parle de Misfits, ce n’est pas innocent : on retrouve dans Utopia l’acteur Nathan Stewart Jarret, c’est-à-dire Curtis de Misfits.

Le synopsis est assez simple : un groupe de cinq geeks qui ne se connaissent qu’à travers internet se rencontrent quand l’un d’eux leur dit qu’il a le tome 2 jamais publié du comic Utopia. Oui, sauf qu’il y a une étrange organisation qui tue tout le monde pour récupérer ce script.

Bref, ça a un côté Chosen, un côté Orphan Black, un côté Cluster Agency, un côté anglais et ça se confirme rapidement comme hyper intrigant. Je recommande vraiment beaucoup, surtout si vous avez Netflix, c’est à portée de clic dès que vous avez 6h. Attention quand même, la série possède une fin ouverte à la fin de sa saison 2, c’est un peu frustrant (mais ça vaut le détour).

Attention, spoilers ci-dessous.

Note moyenne de la saison : 18/20

00Épisode 1 – 20/20
Where is Jessica Hyde ?

Voilà ce que j’appelle une scène d’introduction réussie : on est tout de suite plongé dans un univers qui déboussole et casse les codes. L’esthétique est dingue, avec des touches de jaune et de bleu savamment dispersées tout au long de l’épisode et dès cette scène d’intro. De manière générale, j’aime ce mélange de couleurs vives et ternes. J’ai aimé l’introduction des cinq personnages principaux sur leur forum, même si ça exigeait une attention un peu plus grande en forçant à regarder l’écran. Leur rencontre ensuite dans le bar était super drôle et assez réaliste de ce qu’il se passe quand on rencontre vraiment des inconnus à qui on a longtemps parlé sur internet. La suite, un peu moins, mais c’est une série britannique, il fallait bien un peu de sexe. La violence de la série est en demi-teinte tout du long, hyper psychologique et intense, j’aime beaucoup le style et le fait que les premières explications sur Utopia et Mark Dane interviennent finalement assez vite. Ce qui est top également, c’est que ces explications développent la dynamique Becky/Ian. L’épisode se termine sur une torture horrible de Wilson Wilson, qui m’a fait fermer les yeux, oui, j’assume (et forcément), puis sur les retrouvailles du trio. Débarque alors la fameuse Jessica Hyde et je m’attendais à un running « gag » d’une saison avant son apparition, alors c’est une sacré bonne surprise. Ce pilot est excellent, tout simplement excellent, il définit l’ambiance, le cadre, les personnages, les bases d’une intrigue bien compliquée… I’m in.

Épisode 2 – 18/20
We need to find Utopia

Ça se complique niveau intrigue, avec des méchants clairement nommés cette fois, merci Jessica : The Network. Au moins, c’est clair. J’aime vraiment beaucoup cette série et son ambiance de psychose permanente. Le personnage de Jessica Hyde est tout simplement badass et l’écriture très réussie, tant dans ses relations avec Ian et Becky que dans les révélations. Les différentes intrigues qui divisent l’épisode sont toutes très intrigantes autant que révélatrices, et c’est là la plus grande frustration : chaque réponse apporte vraiment son lot de questions et les avancées sont là, ce qui donne encore plus envie de continuer. J’ai vraiment bien aimé la relation entre les deux gamins, pour une fois qu’on a des gamins dans une série qui sont pas trop trop cons (un peu quand même) et surtout qui jouent bien… ça change, c’est inhabituel. L’épisode voit donc Grant donner la suite d’Utopia à une gamine qui ne sait pas ce qu’elle risque à laisser les garçons dormir dans sa chambre. Tout plein de questions se posent devant cet épisode qui traite subtilement de la théorie du complot. C’est une bonne chose que ça ne traîne pas trop de ce côté non plus, mais de manière générale, les scénaristes ne traînent pas vu qu’ils n’ont que six épisodes pour tout traiter. Et moi, je vais tout aussi vite à dévorer la série.

Épisode 3 – 18/20
I thought part 2… it’d be like a new story. It ain’t. It’s the same just… just different.

Encore une scène d’introduction très pertinente qui redéfinit bien la signification de LOL, si vous voulez mon avis. C’est dur de décrocher de son écran, alors même que je comptais me la mettre un peu en fond sonore car j’avais des tas de choses à faire à côté, pour le blog notamment. Seulement, dans cet épisode, le Network se révèle être un adversaire redoutable car la fusillade du début est utilisée pour faire accuser Grant d’une tuerie de masse. L’épisode est légèrement plus lent, mais il développe de nouvelles dynamiques toujours très bien mises en place, notamment Grant/Jessica. On en apprend également plus sur le Mr Rabbit qui s’avère être au cœur du problème : c’est lui qui est à la tête du network et sacrifie tout le monde, y compris ces pauvres enfants gentils de l’intro. Tant de violence ! Ce n’est pourtant rien comparé à la fin de l’épisode qui relance le rythme à fond avec le manuscrit retrouvé et la prise d’otage chez Alice par Arby. Jessica Hyde tombe entre les mains du Network avec le manuscrit, une scène qui aurait pu (et dû) être une fin de saison.

Épisode 4 – 17/20
That’s who we become. We’re just like them now.

Nos héros sont déjà bien transformés par ces trois derniers épisodes et cette rapidité continue de me rappeler la violence que représentait les 20 minutes de Chosen. On est dans le même trip de violence permanente et de besoins de s’adapter pour survivre, et c’est plutôt bon. Arby, ou plutôt Pietre, est enfin développé à son tour et finit par vraiment attirer la pitié, un processus étrangement débuté au cours de l’épisode 3, au beau milieu d’une fusillade qu’il orchestrait pourtant. J’ai peut-être parlé trop vite concernant les gamins : Alice est tout simplement insupportable avec son devoir à rendre, mais quelque part, ça paraît être une intrigue très réussie en terme de construction de personnages. Dans les développements étonnants, il y avait le coup de téléphone de Becky. J’ai aimé sa relation avec Ian et la manière dont elle est une grande sœur pour les petits. Quant à la toute fin, il est très cool de voir Grant considéré comme un adulte, mais Alice s’avère être une vraie psychopathe. Définitivement, les longueurs sont chaque fois éclipsées par des scènes finales très prenantes, violentes et toujours pleine d’informations détonantes. L’intrigue se développe chaque fois un peu plus et c’est pour le moment un sans-faute avec cette histoire de grippe ne visant qu’une partie de la population, qui promet de grandes choses. Ça me rappelle un épisode de Fringe que j’avais adoré, un peu sur le même principe. C’est juste flippant car ça sonne tellement réaliste…

Épisode 5 – 18/20
The purpose of Janus is to sterilize. The purpose of Janus is to sterilize the entire human race.

L’intrigue autour de Becky concerne donc sa santé fragile, ce qui n’est pas si étonnant car on le savait depuis le départ. Plus étonnant et surtout plus génial : leurs ennemis se révèlent plutôt intelligent et la grippe apparaît même nécessaire. Le but ultime est donc de stériliser 19 personnes sur 20 avec le vaccin de la grippe russe, pour que l’humanité puisse continuer à survivre sans surpeupler la Terre. C’est terrifiant à quel point ça paraît être un but noble utilisant les mauvaises méthodes. Difficile de ne pas se poser de questions devant cet épisode. De son côté, Pietre prend des risques en révélant à Jessica que c’est de lui qu’elle veut se venger… Ces scènes sont assez impressionnantes car jouées à la perfection par les acteurs. Les révélations sont parfaites, dépassant même le cadre du prévisible quand il est révélé que Pietre et Jessica sont frères et sœurs. Ça me conforte dans l’idée que cette série est aussi prenante qu’elle est maîtrisée, et encore ça fait un moment que je n’en ai pas vanté la réalisation, le cadrage, les effets spéciaux, la lumière ou les couleurs. Les dernières scènes étaient un peu moins prenantes que d’habitude, mais leurs conséquences seront de toute évidence bien plus importantes…

Épisode 6 – 19/20
I repeat we have a vaccine, it’ll be out tomorrow morning.

Boum, fin de saison, déjà. On n’aura pas eu le temps de souffler au cours des cinq premiers épisodes et ce n’est pas celui-ci qui va déroger à la règle. Cet épisode réussit le coup de vraiment surprendre avec le personnage d’Anya qui s’avère trempée à tout ça depuis le début : c’est une espionne et elle n’est pas russe. Ce n’est pas si étonnant vu la série, mais je me suis laissé berner, trop concentré que j’étais à me poser des questions sur d’autres choses. Tout fait croire un (long) temps à une vraie conclusion pour la série dès cette fin de saison 1 car toutes les intrigues semblent résolues. Cela dit, on sent bien venir l’entourloupe assez vite. C’est donc seulement à moitié surpris que j’ai vu Becky décider de finalement s’enfuir seule après une crise et surtout que j’ai assisté à l’ultime twist concernant Janus. Jessica l’avait en elle depuis le départ, et c’est pourquoi ils étaient tant obsédés par l’idée de la retrouver. C’est une conclusion très sympa je trouve qui voit la révélation d’une méchante derrière le pseudo Mr Rabbit. C’est vrai que c’était trop simple que tout soit résolu par Grant. Depuis quand les gamins ont le beau rôle dans une série ?

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EN BREF – Une excellente surprise comme j’aimerais en avoir plus souvent, mais qui est déjà la deuxième de cette année après la découverte des épisodes de Secret City. J’aime beaucoup l’ambiance dans cette série, car il y est développé un vrai sens esthétique qui facilite l’entrée dans l’univers sanglant mais fun d’Utopia. Pour autant, il y a un humour certain et une ambiance très anglaise, qui ne manque pas de me faire penser à un Misfits bien plus atténué ou à un Cluster Agency (une bonne websérie française) plus violent. La conspiration qui est développée a la grande gentillesse d’être très vite dévoilée sans oublier de se compliquer épisode après épisode. De ce côté-là, je confirme la ressemblance avec Orphan Black et même avec Fringe, pour la science délurée. En quelques mots comme en cent, Utopia réussit à mélanger ce que je trouve le meilleur de plusieurs séries en un mix assez détonnant et toujours fonctionnel. Cette saison est super courte, mais c’est bien là sa seule fausse note.

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