Pourquoi je suis passé au speedwatching ? #2

Cela faisait un moment que j’avais envie de refaire une chronique « On ne va pas se mentir », mais quand j’ai une idée, je n’ai pas le temps, et quand j’ai le temps, je n’ai pas d’idée. Du coup, je vais me tenter une nouvelle formule, celle de l’article publié sur quatre semaines. Bref, je suis de retour en février pour la rubrique sans langue de bois du blog, avec une question absolument terrible : « pourquoi je suis passé au speedwatching ? ». Ceci en est le deuxième article, qui suit une longue explication sur ce que c’est que ce nouveau mot barbare en -ing !

Les (vrais) avantages du speedwatching

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Le gain de temps ? C’est l’avantage le plus martelé que j’ai pu lire sur le speedwatching, et pourtant, c’est l’un des moins véridiques en ce qui concerne les séries. Il s’avère relativement vrai pour les conférences ou les cours dont vous disposeriez en vidéo, et où l’avantage d’accélérer est de coller le rythme d’élocution de l’intervenant à votre rythme d’écriture. Là, OK, il y a gain de temps non négligeable, et en plus, je vois mal comment quelqu’un peut critiquer le principe… Mais pour une série ! Certes, regarder plus vite fait évidemment gagner du temps, mais c’est loin d’être l’avantage le plus évident : en allant plus vite, il est aussi plus facile de rater quelque chose d’important et donc de vouloir revenir en arrière ou faire pause pour comprendre. Surtout, et c’est sacrément triste pour le bien de l’argument du gain de temps, à moins d’être en x1.5 ou au-dessus, la différence de temps passé est bien mince entre un visionnage normal et un visionnage rapide. Et au-dessus de cette vitesse, on perd la qualité de l’audio, avec des voix déformées et bien plus aigües. Alors, certes, on parle de regarder plus vite, mais chacun ne place pas la barre du rapport qualité/vitesse au même endroit. Et les voix de chipmunks sur une série, moi, j’appelle ça un sacrifice, même si j’aime bien le speedwatching. Du coup, je le reconnais, certains épisodes de 42 minutes peuvent être vus en 35. Certes, si on cumule sur une saison complète, cela fait gagner du temps. Individuellement, en revanche, ces sept minutes, ce n’est pas si flagrant – et loin d’être l’avantage qui m’y a fait passer sur certains épisodes. Je veux dire par là que si je me pose devant une série, c’est pour environ 40 minutes, et même en speedwatching, ça dure environ 40 minutes. Alors le gain de temps, on repassera !

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Insuffler un second souffle à la série – Avez-vous déjà soupiré devant un épisode de série TV s’attardant sur une intrigue qui ne vous intéressait pas ? Ou cette scène de révélation qui n’en finissait pas alors que vous saviez déjà qui est le coupable depuis le début de l’épisode ? Et ce personnage que vous ne pouviez pas supporter là, dont vous auriez aimé pouvoir zapper la scène ? Et cette scène où vous étiez en train de penser à ce devoir/ce rapport à rendre au boss que vous n’avez pas fait pour les cours ? Certains (et j’en connais) choisisse de zapper des scènes (littéralement, ou simplement en faisant autre chose), d’autres attendent patiemment, d’autres ne regardent que les intrigues des personnages qui les intéressent sur Youtube. Si, si, je vous assure que ça existe. Maintenant, imaginez qu’en un clic, vous pouviez accélérer un peu ces passages où, en définitive, la série ne parvient pas à capter votre attention. Seriez-vous toujours aussi distrait ? La réponse est probablement non ! En fait, en accélérant un peu le rythme, il est évident que votre concentration se doit d’être un peu plus grande surtout si, comme 99% des gens, vous n’avez pas l’habitude du speedwatching (même si vous le faîtes de temps à autres, ce n’est pas une vraie habitude, hein). Dès lors, cette concentration nouvelle permet de donner un second souffle lorsqu’une série s’essouffle, et c’est là le plus grand intérêt de cette pratique en ce qui me concerne. Alors, certes, sur le moment, ça paraît bizarre, mais puisqu’en x1.25, vous ne sentez pas la différence au niveau des voix, c’est assez dingue comment ça a la capacité de capter votre attention. Alors oui, peut-être que je regarde simplement trop de choses et que c’est pour ça que mon attention baisse sur certains épisodes, mais franchement, ça aide énormément de pouvoir réduire certains silences…

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Surtout que l’on ne m’enlèvera pas de la tête que, depuis quelques années, il existe des séries qui, pour s’adapter au phénomène du deuxième écran (la jolie périphrase pour ne pas dire que les téléspectateurs sont tous sur Twitter en visionnant l’épisode), ont opté pour un rythme global beaucoup plus lent. Et là, je vise principalement The Walking Dead, dont l’évolution est absolument terrifiante. Les saisons 4 à 6 sont juste une énorme blague, avec des épisodes de plus en plus longs où il se passe de moins en moins de choses. Franchement, la saison 1 avait un excellent rythme, mais plus la série a vieilli, et plus les épisodes se sont révélés être des pertes de temps, construits sur un schéma hyper similaire avec un semblant d’action au 2/3 de l’épisode, puis un cliffhanger de dingue (ou pas, d’ailleurs) pour faire revenir le public. Alors, certes, il y a un travail de cadrage et d’intensité dramatique du gros plan sur le visage de l’acteur, mais quand il n’y a que 35 minutes de dialogues/d’action sur un épisode qui en dure 48 (et parfois plus), croyez-moi, il y a 13 bonnes minutes qui s’assurent simplement que vous preniez le temps de faire un petit hashtag ou de lire le live-tweet des acteurs. Ce qui fonctionne tout de suite beaucoup moins bien quand vous ne regardez pas en direct (ce qui est probablement ton cas, toi qui lis cet article français). Ce sont 13 bonnes minutes où vous êtes invités à vous faire chier devant votre écran, entre deux scènes intéressantes. De rien. Heureusement, ils ont fini par en revenir et la saison 7 est légèrement meilleure de ce point de vue là, j’ai donc vu certains épisodes en rythme tout à fait normal. Youhou. D’ailleurs, American Horror Story a prouvé qu’elle était à la même école avec une saison 6 raccourcie et beaucoup plus rythmée. EXIT les épisodes de 50 minutes, cette saison proposait des épisodes de 38 minutes où il se passait toujours quelque chose ! Et ben moi, j’en suis sorti beaucoup plus convaincu que d’habitude où la série me perdait toujours en cours de route sur certains épisodes, avec des histoires du passé des figurants absolument pas passionnantes.

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En définitive, le speedwatching permet de continuer une série qu’on aurait autrement abandonné. Alors, je vous entends déjà me demander pourquoi s’acharner ? Vous n’aurez probablement pas tort sur le fond, mais voilà, il y a des gens comme moi qui aiment savoir ce qu’il arrive aux personnages même quand l’intrigue est naze. Certains passent à ce que la presse a nommé gentiment et très récemment le no-watching, autrement dit la lecture d’un résumé de l’épisode – le truc qui existe depuis tellement d’années que je le faisais avec les Séries Mag de ma sœur il y a plus de quinze ans, mais eh c’est plus fun avec un nom anglais. Alors oui, je pourrais faire ça, mais c’est terriblement frustrant. Il y a des scènes qui donnent envie quand même quand on lit le résumé, d’autres résumés qui ne sont pas suffisants, d’autres qui vont critiquer votre personnage préféré et du coup, vous allez perdre un temps monstre à trouver le résumé qui vous convient. Ou abandonner tout simplement l’histoire. Combien de séries sont-elles arrêtées en cours de route à cause de quelques épisodes mous en mi-saison ? Ben moi, j’aime pas ne pas avoir le fin mot d’une histoire, même mauvaise, et je suis suffisamment frustré par le nombre incalculable d’annulations qui n’offrent pas de vraies fins pour ne pas aller m’en rajouter. Ben oui.

Oh, je vous vois arriver avec vos réponses de « pourquoi c’est mal quand même ». Et ça tombe bien, c’est le sujet du prochain article. En attendant, je ne suis pas contre la conversation et la lecture de vos avis sur la question, ça peut toujours nourrir le prochain article ! À la semaine prochaine 🙂

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7 réflexions au sujet de « Pourquoi je suis passé au speedwatching ? #2 »

  1. Ton histoire de personne qui suivent qu’une seule storyline, on dirait moi avec Shadowhunters qui me spoile volontairement tout le Malec sur Tumblr, ça fait peur ^^

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  2. Je suis passée totalement à côté de ce phénomène !
    Mais je suis forcée de constater que ça ne sera pas quelque chose qui me conviendra.
    Merci en tout cas contente d’avoir appris quelque chose !
    Bonne fin de dimanche

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  3. Personnellement je regarde quelques séries en x1.6, voire x2 pour certaines. Par exemple, The Catch, que j’ai eu toutes les peines du monde à terminer… Je partage tout à fait ton avis sur l’attention. Ayant déjà un problème de concentration, j’ai du mal à tenir 40min sur un épisode à ne faire que ça (imagine un film de 2h !), je suis constamment en train de faire autre chose (SMS, Twitter, jeux sur téléphone, etc.). Du coup, le speedwatching était la bonne solution pour les séries qui ne m’intéressaient plus. D’ailleurs je pense rattraper Once Upon A Time en x2 prochainement.
    Ceci dit, je comprends également les personnes qui ne veulent pas pratiquer le speedwatching… Par contre les « puristes » comme tu dis, j’avoue que je ne les supporte pas ! ^^
    Bref, j’ai hâte de lire la suite, ce dossier m’intéresse énormément !

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    1. The Catch, j’en ai vu quelques épisodes en accéléré, effectivement, mais j’avais fini par bien accrocher à la saison 2 (au point d’être déçu de l’annulation, oui !)
      Je te rejoins pour les problèmes SMS/Twitter devant un épisode, mais faire les critiques d’épisodes aide à me concentrer également.
      Bonne chance pour OUAT, c’est souvent imbuvable, mais il y a quelques bonnes surprises (surtout sur la fin de saison).

      Tu as beaucoup de chance pour la suite du dossier, parce que je l’ai abandonné cinq mois, mais j’ai posté la partie 3 samedi dernier (je n’ai pas mis le menu à jour, je m’y mets tout de suite) et la partie 4 sera publiée samedi 😉

      Du coup… bonne lecture ? O:)
      Merci pour tes commentaires !

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      1. J’avoue que la fin de la saison 2 de The Catch m’avait beaucoup plus plu, mais ça ne m’avait pas non plus transcendée ^^’
        Je fais des critiques de séries aussi pour mon site pro, et j’essaye de me concentrer mais… Comment puis-je me concentrer devant Shadowhunters par exemple ? :/
        Pour OUAT, j’ai plus de deux saisons de retard il me semble ahah ! J’ai arrêté après la Reine des Neiges, qui était de loin la pire saison pour moi 😦

        Je n’avais pas fait attention aux dates des articles, je lirai ta troisième partie dans la journée alors 🙂

        Mais de rien ! Beaucoup commentent pour dire qu’ils n’aiment pas, mais je trouve que dire qu’on aime un article est aussi important ! 🙂

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      2. Tessa m’avait transcendé 😇

        J’avoue avoir été faire un tour sur ton site, il est sacrément cool, ça en jette 🙂

        Pour OUAT, il te reste les saisons 5 (absolument horrible) et 6, oui, et peut-être une moitié de la 4 si tu t’es arrêtée au départ d’Elsa. Perso, c’est tout l’inverse en revanche, j’ai commencé la série uniquement pour voir les épisodes avec Georgina Haig (Elsa, donc) et j’ai adoré, surtout qu’il y avait aussi Elisabeth Mitchell de LOST et que le personnage d’Anna été hyper réussi je trouve. Bref, je n’ai jamais autant accroché que pour la reine des neiges mdr

        Bonne lecture du coup 😉

        Aimé par 1 personne

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