Dix pour Cent (S02)

Avis : Dix pour Cent, c’était LA révélation de la rentrée 2015 sur France 2. La série m’avait tout de suite donné envie d’en voir plus : son casting impeccable (surtout parce que Camille Cottin, j’avoue), son originalité de scénario (la vie des agents de stars), son humour certain (là encore, merci Camille Cottin alias Andrea Martel), son côté soapesque assez bien géré… Son seul défaut (énorme) était de ne durer que six épisodes. Bref, un coup de cœur comme je n’en avais pas eu depuis Fais pas ci, fais pas ça à la télé française qui a tendance à toujours nous proposer les mêmes choses.

Quand j’ai lu qu’une saison 2 allait voir le jour, j’étais donc aux anges. Malheureusement, celle-ci a mis longtemps, longtemps, à débarquer et n’est constituée que de six épisodes également. Ce n’est pas grave ! Je ne me suis pas renseigné pour ne pas me spoiler, mais je n’ai lu que des noms d’acteurs que j’aime comme guest-stars. Il ne m’en faut pas plus pour être surexcité au moment de lancer le premier épisode…

Et justement, c’est là tout le problème. J’en attendais un peu trop, peut-être qu’avec le temps j’ai idéalisé la série, et je me suis retrouvé à être un peu mitigé sur le début. C’est toujours très bon, mais ça l’est un peu moins sur ces deux premiers épisodes. Je n’en dis pas plus car cette intro est censée rester sans spoiler. Du coup, je vous invite à continuer à lire ci-dessous !

Note moyenne de la saison : 16/20

01.pngÉpisode 1 – Virginie et Ramzy – 14/20
Un recul qui avance

Comme vous le voyez, ce n’est pas une note catastrophique, mais je m’attendais plutôt à monter à des 16 ou 17. Alors que se passe-t-il pour que je sois si déçu ?

Ce que je reproche à cet épisode, c’est d’être une bien mauvaise réintroduction à la série. Cela fait un an et demi que nous n’avons plus vu ces personnages et il n’y a pas de résumé de la saison précédente… C’est déjà bien risqué de nous faire ça.

Sur le plan technique, c’est parfait : la première scène à l’agence ASK nous réintroduit bien celle-ci, dans un plan hautement compliqué où Sophia fait le tour de tous les bureaux. Chaque personnage est relancé dans sa dynamique et je me suis dit que ça irait. Seulement, le plan personnel de chacun est effacé dans cet épisode.

Les infos tombent au compte-goutte (comme cette histoire d’amour avortée entre Andrea et Colette ?), le côté soap est totalement mis de côté au profit du couple de stars mis en avant. J’adore Virginie Efira, j’aime bien Ramzy, du coup, c’est sympa de les voir, mais j’ai trouvé qu’ils occupaient trop le côté drama de cet épisode. Si la vie des acteurs de nos agents est importante, je trouve ça dommage de la voir prendre le pas sur le reste. C’est principalement ça qui me laisse mitigé, surtout que l’évolution tout au long de l’épisode est assez prévisible, de l’interview du couple uni au plateau de Drucker qui les réconcilie, en passant par la tromperie.

Malgré tout, cette histoire est loin d’être inutile et aborde à 21h des thématiques qui doivent l’être, comme l’égalité salariale. Et c’est d’autant plus frustrant ! Il y a d’excellentes choses dans cet épisode, mais ça ne met pas assez en avant les personnages de la série, or c’est avant tout pour eux que nous sommes là. Camille, qui était notre point d’entrée dans cet univers l’an dernier, est totalement sous-exploitée par exemple.

En parallèle, on sent l’intrigue de la saison se mettre en place, avec les difficultés financières d’ASK qui reviennent au premier plan et permettent de remuer un peu la vie des agents. La parenthèse campagnarde d’Andrea devient l’occasion d’introduire un nouveau personnage, Hicham, qui promet de grandes choses. Je l’aime déjà beaucoup, avec son argent et son égoïsme qui me confirment direct que je vais rapidement le détester. Cela fera du bien d’avoir un personnage comme cela.

Le seul personnage vraiment développé dans ce retour est celui de Matthias, qui est l’un des personnages que j’aime le moins. Il est donc en plein divorce comme prévu et ça ne s’arrange pas quand les médias lui prêtent une aventure avec Virginie. C’est un peu télescopé comme critique des médias, quand même.

Le cliffhanger, autour de la survie de Matthias, m’a un peu moins convaincu aussi, même s’il était ultra-efficace pour donner envie de revenir. En fait, ce premier épisode tournait énormément autour de Matthias et de l’agence en elle-même, et c’est ce qui a freiné mon enthousiasme, parce que c’était un drôle d’équilibre pour une reprise : nous ne voyons quasiment pas les assistants (alors qu’ils apportent normalement un excellent humour) et la vie perso de Gabriel et Sophia est totalement éclipsée.

Et puis surtout, comme il n’y a que six épisodes dans la saison, c’est très frustrant de voir les personnages stagner dans leur vie perso et ne pas évoluer.

02.pngÉpisode 2 – Fabrice – 16/20
Écoute, les pervers polymorphes, c’est bon, j’ai eu ma dose, hein, ça se dit manager de l’année là avec ses méthodes pourries de pression de mes couilles, hein, mais ils se sont pas suicidés en masse tes employés ? Putain, c’est bon là, tu me lâches !

Ce second épisode réussit un peu mieux à retrouver l’ambiance de la série, mais il reprend quinze jours plus tard sans nous le préciser d’emblée. Du coup, le cliffhanger précédent est totalement mis de côté. Matthias a fait un malaise vagal, mais on est déjà loin de tout ça.

Si cet épisode est meilleur, c’est parce qu’il fait la part belle aux personnages, enfin. Si Arlette est une fois de plus laissée de côté, le reste du casting est bien exploité : je n’en demandais pas beaucoup plus.

Du côté des assistants, c’est très, très, positif. Hervé est bien mis en avant et apporte beaucoup d’humour dans chacune de ses scènes, de même que Noémie qui développe sans surprise son crush sur Matthias, au point de finir avec.

Les mensonges de Camille la rattrapent quand Christophe Lambert débarque à l’agence. Elle se fait draguer par celui-ci alors qu’elle a avoué à Noémie que c’était son père. C’est bien joué et bien écrit, les quiproquos sont sympas (même si celui avec Hervé est un peu longuet). Nous assistons aussi au retour de son demi-frère, même si ça n’apporte pas grand-chose.

Gabriel et Sophia continuent leur relation. Là encore, il y a de bonnes situations comiques, notamment lors de l’audition de Sophia, qui s’avère toujours aussi sanguine. Grosso modo, l’épisode a pour but de nous montrer celle-ci changer d’agents, mais consolide également la relation amoureuse des deux personnages.

Enfin, l’intrigue d’Andrea est clairement ce qui sauve cet épisode. Le jeu de Camille Cottin n’est plus à tester et elle s’éclate toujours avec Andrea. Je trouve que les scénaristes l’ont beaucoup adoucie en ce début de saison, mais son duo avec Fabrice Lucchini était absolument passionnant. Franchement. Le jeu de ces deux-là était un cran au-dessus du reste du casting et sauvait pas mal de choses dans l’épisode.

Le retour de Colette dans la série est on ne peut plus mystérieux. Il ne fait aucun doute qu’on finira par la revoir pour avoir plus d’explications, mais je suis pressé d’en savoir plus, car c’est juste très frustrant de les voir ne pas se parler dans le bar.

Dernier bon duo avec Andrea, celui d’Hicham. Celui-ci lui met une pression de dingue dans chacune de leur scène, frôlant le harcèlement au départ, puis la harcelant totalement ensuite. Quand Andrea explose, il la vire sans préavis et de la manière la plus vicieuse possible. Son personnage est encore plus détestable que je ne l’imaginais et c’est un excellent ajout au casting. Je suis curieux de voir comment ils vont faire pour vivre avec ce type interférant dans toutes leurs décisions et possédant 60% de l’agence. En plus, 60% ce n’est pas rien. Il est majoritaire de 10% quand même (eh, vous voyez ce qu’ils nous ont fait là ?).

Bref, ce second épisode a remis un peu de côté son guest de manière à ce que la vie de celui-ci impacte celui du casting principal, et non l’inverse. Les personnages évoluent donc, les dynamiques se remettent en place et c’est tout de suite bien mieux.

Cela me donne envie de revenir, mais si je fais un bilan de ces deux premiers épisodes, je suis bien obligé de me rendre compte que j’étais moins dedans qu’en 2015. Et surtout, surtout, je trouve qu’ils ont perdu un peu de leur verve, les dialogues étant un peu plus passe-partout et moins marquants, malgré une amélioration dans ce deuxième volet.

03Épisode 3 – Norman – 15/20
Non, lui il s’occupe de la comptabilité.

Cet épisode a un gros défaut : l’intrigue Norman. Je suis désolé, j’aime plutôt bien les vidéos de Norman, mais alors son intrigue cette semaine… Ce n’était juste pas possible. Je crois qu’on pouvait difficilement accumuler plus de clichés : de l’ado qui se jette sur lui et lui demande son caleçon (oh la gênance sérieux) à sa sortie de prison sans procès qu’il obtient grâce à sa célébrité malgré l’alcool et la drogue, tout enchaînait les clichés.

C’est vraiment dommage parce que ça tirait pas mal l’épisode vers le bas, surtout que le jeu d’acteur n’était pas toujours au point non plus. Non, je ne rentrais pas du tout dans l’épisode dans ces scènes-là, et ça représente quand même beaucoup de l’épisode.

Il y avait malgré tout de bonnes choses dans ce troisième volet. Camille reçoit la visite de sa mère et ça permet le lancement d’intrigues réussies autour des retrouvailles avec Mathias. Enfin réussies… ça pousse Mathias dans les bras (et la jupe) de Noémie, qui elle-même part un peu en vrille cette semaine, montrant son sein dans le bureau dès le début d’épisode, puis enchaînant les sous-entendus en réunion avec lui. C’était bien marrant, même si parfois un peu perché, surtout pour France 2 à 21h.

Côté sexe, il y avait quand même la dose encore cette semaine, avec, outre Noémie/Mathias, un plan à trois qui se met en place dès le départ grâce à la rivalité Andrea/Isham. Si j’avais adoré Isham la semaine dernière, le coup de cœur se confirme cette semaine, où il m’a fait mourir de rire à péter des câbles sur tout le monde et a énerver Andrea en draguant sa mannequin. J’ai trouvé ça vraiment bien écrit. Andrea continue d’avoir les meilleures répliques de la série et c’est tant mieux !

Isham ramène également Elvis, son fils, à l’agence. En plein divorce, Isham a un peu du mal à gérer son bambin, d’où les pétages de câble, notamment sur les assistants de la boîte qui se retrouvent (surtout Camille d’ailleurs) à organiser sa fête d’anniversaire des dix ans.

Enfin, il était aussi question de la comédie musicale érotique de Julien Doré. Mouais. Je n’étais pas à fond dans l’histoire non plus, qui était un peu en filigrane tout du long. Cela a abouti sur une jolie scène chantée avec Sophia, qui se retrouve chanteuse pour la BO du film.

Il y avait de bonnes répliques et de bons quiproquos cette semaine, mais c’était un peu plombé par d’autres moments dans lesquels je n’ai pas réussi à rentrer, notamment toute l’intrigue Norman, quoi…

04.pngÉpisode 4 – Isabelle – 17/20
Je t’ai fait bailler 3 fois alors, c’est cool.

Ce second épisode était bien meilleur, utilisant ses bases et ses nombreuses histoires secondaires.

Mais pas que. L’arrivée d’Isabelle Adjani dans la série suffit déjà à bien faire rire avec l’installation d’un quiproquo comme intrigue principale. La série excelle dans les quiproquos depuis sa première saison et cette histoire Isabelle Adjani/Sacha Hartman ne déroge pas à la règle.

Ce qui part d’une histoire toute bête au début finit par révéler des informations restées cachées depuis trop longtemps : Mathias a empêché Adjani de jouer dans le film d’Hartman en jetant le scénario sans le regarder, Camille le couvre, attisant les soupçons d’Andrea… et Mathias révèle finalement que tout est sa faute, après avoir fui ses responsabilités longtemps en couchant avec Noémie, chez elle, par surprise. Là encore, ça va presque trop loin pour France 2 et une soirée en famille en ce qui me concerne, mais bon, c’était rigolo malgré tout.

Pour couvrir son père, Camille a fait notamment appel à son frère, dont on continue de suivre un peu la vie comme ça. En plus, Camille regrette un peu que son demi-frère ne soit pas son copain, alors sympa la gêne.

Cependant, l’énormité de cette fin d’épisode, c’est que Mathias déclare que Camille est sa fille. C’est énorme, on a le droit aux réactions d’un peu tout le monde et surtout à la blessure profonde d’Andrea qui découvre que son assistante était la fille de son associé. Sympa, c’est sûr. Et puis, comme ça, l’agence perd encore deux de ses clients et Mathias, qui sait qu’il doit partir après une telle trahison. Outch.

Une intrigue qui m’a moins plu est celle de Sophia, Gabriel et Julien Doré. Évidemment, Julien Doré tombe fou amoureux de Sophia pour son film et Gabriel tombe fou de jalousie, au point de faire foirer le tout pour Sophia. Ce n’était pas génial, génial, parce que c’était prévisible. Cela dit, c’était bien joué dans l’ensemble. J’ai trouvé parfois un peu long les passages de chant de Sophia, mais bon. Pourquoi pas.

De toute manière, le meilleur dans cet épisode, ça reste l’ensemble des entretiens passés pour le poste d’agent au sein de l’agence. Noémie et Hervé font tout pour que ça se passe mal pour tout le monde sauf Hervé. C’était à mourir de rire sur les candidats qu’ils font rater, mais encore plus sur Hervé qui se retrouve en tête à tête avec Isham sur lequel il fantasme. La scène était à mourir de rire. Comme la semaine dernière, c’est Hervé qui s’avère le plus comique dans la série cette année.

Pourtant, il y avait de quoi faire côté comique dans cet épisode. Toujours dans les entretiens, nous avons le droit au développement de la relation Andrea/Isham. Cela continue dans la haine, mais aussi l’attirance inexplicable, qui replonge Andrea dans ses photos de Colette. C’est un peu tiré par les cheveux mais très bien joué, au point que ça paraît tout à fait crédible.

Plus encore que la semaine dernière et que dans l’épisode précédent, j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de moments comiques, souvent dans les détails, comme Camille qui fait sauter son agrafeuse.  Bon, et surtout, la maîtrise du quiproquo et des répliques cinglantes rend cette série géniale.

Malheureusement, pas d’épisode la semaine prochaine. Il va falloir attendre le 10 mai pour voir la suite… et je ne serais même pas chez moi, donc il faudra sûrement que j’attende encore un peu plus. VDM.

05.pngÉpisode 5 – Guy et Julien – 17/20
Ah putain, Jean Gabin est enceinte, elle est bonne celle-là.

Oui, je sais, j’ai plus d’une semaine de retard dans l’écriture de ma critique sur ces deux derniers épisodes, mais bon, je ne les ai vus qu’avec pas mal de retard (Bordeaux oblige) et j’ai ensuite été pris d’une flemmingite aiguë, comme dirait l’autre. Mieux vaut tard que jamais si certains d’entre vous sont encore plus à la bourre que moi (qui sait ?) ou si vous voulez simplement connaître mon avis par curiosité très bien placée.

Cet épisode était peut-être l’un des meilleurs de la saison, on y retrouvait l’humour qui m’avait tant plu dans les premiers épisodes. Ce n’était pourtant pas gagné pour lui car je l’ai vu sur Pluzz, le site de replay officiel de France Télévision qui n’est pas fichu de proposer une qualité dépassant le 480p. Autant dire que sur ma télé, l’image était loin d’être de bonne qualité et c’est bien dommage. M’enfin, au moins, l’épisode était accessible.

Ce cinquième volet reprenait les intrigues laissées en plan lors de l’épisode 4, à savoir les conséquences de la révélation de l’identité de Camille. Ce n’est pas facile pour elle puisqu’elle n’a plus de CDD et ne sait pas comment demander à Andrea de lui en signer un.

Il faut dire que celle-ci à d’autres chats à fouetter puisqu’elle se découvre enceinte. Rien que ça. Cela permet le retour de Colette dans la série, enfin. Andrea ne sachant pas vers qui se tourner recontacte son ex, avec qui elle a toujours beaucoup trop d’alchimie (et peut-être plus qu’en saison 1) pour que ce soit permis de les garder séparer plus longtemps. Quant à la grossesse, je trouve ça un peu gros (sans jeu de mots promis) que le plan à 3 finisse comme ça.

Disons que c’est un peu dommage, même s’il est difficile de voir par quel autre moyen Andrea aurait pu être confronté à la maternité. J’ai découvert récemment beaucoup de plaintes sur le trope de la lesbienne couchant finalement avec un homme, mais bizarrement, je trouve que ça correspond tout à fait au personnage d’Andrea cette sexualité débridée au point d’aller coucher avec un type qui ne l’attire pas, par orgueil. Il n’y a pas une once de désir ou d’amour de son côté, juste de l’orgueil mal placé vis-à-vis d’Isham, et ça c’est tout à fait le personnage.

Andrea ne dit bien sûr rien de sa grossesse à Isham, qui lui-même à d’autres chats à fouetter : il décide de nommer le nouvel agent de la boîte. Alors que tout le monde s’attend légitimement à ce que ce soit Hervé, c’est finalement Camille qui hérite du poste. Bon, c’est une surprise, mais c’est aussi la suite logique de la saison 1 où elle rêvait de ce poste. La nouvelle fait l’effet d’une bombe : Hervé est tellement vexé qu’il décide de ne plus parler à celle qui était pourtant sa meilleure amie (je VEUX son t-shirt, qui permet la scène la plus hilarante de la saison), Noémie vire complétement cinglée dans sa relation avec la fille de son amant et Hippolyte réclame Camille comme agent, même si ça ne plaît pas spécialement à son père.

Il faut dire que Mathias est en pleine dépression par la vente de l’appartement, son divorce et la gestion de sa maîtresse. Il fait alors ce qu’il sait faire de mieux : il s’en prend à ses enfants. Il reproche à Camille de trop croire à son nouveau boulot et à Hippolyte de l’encourager.

Ce dernier est au cœur de l’une des deux intrigues de star de cet épisode. En effet, nous le voyons tout au long de ces 50 minutes échanger la réplique avec un Guy Marchand qui perd la boule. J’ai beaucoup aimé cette intrigue qui permet d’enfin donner un peu plus de consistance au personnage d’Arlette. Je l’ai toujours trouvé sous-exploitée dans la série, même si elle apporte un humour bien personnel à celle-ci. L’utilisation du personnage (et de Jean Gabin !) dans cet épisode était parfaite.

Concernant Guy Marchand, c’est un bon guest, mais pas forcément le meilleur ou le plus marquant en ce qui me concerne. Son intrigue fonctionne bien et j’en aime beaucoup la résolution. Il était également bon de voir un peu plus Hippolyte, lui aussi souvent sous-exploité.

Enfin, cet épisode revenait sur la relation entre Gabriel et Sophia, devenue houleuse depuis que ce premier est bouffé par la jalousie. Les engueulades du couple poussent Gabriel à faire foirer le projet de Sophia avec Julien Doré, qui apparaît une fois de plus dans la série. Je ne suis pas bien fan de cette intrigue, mais la blague sur la pénophagie fonctionne à merveille et plante une graine qui ne pourra qu’être exploité dans la suite de la série. Julien et/ou Sophia apprendront forcément la nouvelle, et de là, ça devrait partir en vrille.

Oui, partir en vrille, exactement comme Camille qui décide de quitter Paris ne se sentant plus à sa place dans l’agence ASK où tout le monde la déteste et lui fait sentir. Putain, mais n’importe quoi Camille, c’est ton rêve que tu fuis là !

06.pngÉpisode 6 – Juliette – 18/20
Ben ouais pourquoi pas, je crois qu’Isabelle Huppert a toujours rêvé de jouer une box internet ! 

Le départ de Camille ne bouleverse pas franchement l’agence, contrairement à ce que j’imaginais, parce qu’ASK a le festival de Cannes à gérer. Tout ASK ? Non, pas Hervé, qui s’avère une fois de plus le meilleur personnage de l’épisode (et dire qu’il m’énervait en saison 1 !). Sa jalousie de ne pas partir au festival permet les scènes les plus drôles de ces 50 minutes et c’est un vrai plaisir de le retrouver dans chacune de ses scènes.

Il en est un peu de même avec Noémie qui, elle, peut partir à Cannes mais découvre en fait qu’elle n’en a plus tant envie que ça quand elle apprend que la femme de Mathias décide de lui rendre une visite surprise là-bas. Au fond du gouffre, elle est sacrément touchante dans sa déprime, au point qu’Hervé reste avec elle pour regarder le festival (plutôt que d’aller sur place avec son billet) et se bourrer au son de Destinée. Leur relation est une excellente chose, mais souligne ma frustration de ne pas voir Hervé et Camille réconciliés à la fin de l’épisode.

Camille est donc de retour chez sa mère et elle passe l’épisode à déprimer elle aussi, retrouvant sa petite vie loin du strass et des paillettes de Cannes. Par chance pour elle, Mathias est de meilleure humeur dans cet épisode où il retrouve sa femme à l’hôtel. Catherine lui dit alors d’arranger les choses avec Camille car il est un bien mauvais père de ne pas se préoccuper d’elle. Il l’emmène ainsi à une soirée privée où elle retrouve toute l’agence et où Andrea lui propose de venir travailler avec elle à… New-York !

Et oui, Andrea a une vie bien chargée dans cet épisode. Toujours enceinte, elle profite des conseils de Colette qui finit par lui avouer, après une dispute, qu’elle veut l’accompagner dans sa maternité. C’est magnifiquement bien écrit et vous pourrez faire toutes les critiques que vous voudrez sur la relation sexuelle d’Andrea et Isham, moi, je trouve que ça vaut le coup si c’est pour aboutir à l’écriture du meilleur couple lesbien de la télé française (bon, ce n’est pas non plus comme si la concurrence était rude) et à une vraie réflexion sur la parentalité homo. C’est un joli tour de force des scénaristes et c’est très cool de voir ça en prime-time, parce que finalement, tout ce que je retiens c’est qu’Andrea et Colette feraient un beau couple de parents et qu’Isham est un père terrifiant dont personne ne voudrait pour son enfant.

D’ailleurs, Isham est toujours autant un connard dans cet épisode et apprend en fouillant le bureau d’Andrea qu’elle est enceinte. Il rencontre aussi Colette au détour d’un café. C’est juste un cinglé, en fait, c’est le pire des stalkers. Un tel type est juste terrifiant, sa capacité à nuire est impressionnante. C’est d’autant plus frustrant que j’aime bien le personnage en plus, je trouve qu’il apporte beaucoup à la série et qu’il est bon d’avoir une tête forte face à Andrea.

Cependant, dans la vie, je n’aimerais pas rencontrer un tel caractère et ça ne me dérangerait pas qu’il y passe dans la série… Surtout qu’il apprend de Camille qu’Andrea est embauchée par une agence new-yorkaise. Aussitôt, il décide de la racheter (putain, la capacité de nuisance du type, c’est fou) avec l’aide de Mathias, ignorant tout du vrai projet de son associé… La saison 3 nous fera probablement voyager à New-York, je sens !

New-York, donc, qui est le lieu de job totalement inattendu que se voit proposer Andrea en fin d’épisode. Il faut dire qu’elle gère particulièrement le talent de l’épisode, Juliette Binoche qui interprète une maîtresse de cérémonie de Cannes absolument parfaite. L’épisode tacle le féminisme à plusieurs reprises, que ce soit avec Isham ou avec un admirateur particulièrement collant de Juliette Binoche. La vision anti-féministe critiquée par Dix pour Cent n’est pas nouvelle. Tout au long des douze épisodes de la série, nous entendons des remarques sexistes (si, si, dès le pilote) et assistons à des scènes vraiment gênantes (mais criantes de vérité).

Cette semaine, les choses sont poussées encore plus loin, avec un « Mais bien sûr qu’on est toujours au XIXe Andrea » glaçant et une Juliette Binoche forcée d’aller déjeuner avec un type de la pire espèce. Cependant, elle parvient à s’en débarrasser à merveille en jouant la folle avec lui, et son discours d’ouverture de la cérémonie affirme un sacré beau féminisme bien osé.

Cela lui permet de se débarrasser du gros lourd et offre à Andrea la possibilité d’être repérée comme une super agent pour aller à New-York. Beaucoup de mal pour de grands biens, donc. La série ne déçoit pas dans sa conclusion, mais il y a un moment où je me suis demandé s’ils allaient réussir à retomber sur leur pied quand même.

Juliette Binoche était une excellente guest, qui insufflait donc son féminisme tout au long de l’épisode, avec également une relation géniale avec le garde du corps. La scène des tests d’oreillettes ou celle de la pizza sont d’excellentes trouvailles où les personnages principaux de la série ne sont pas/sont inutiles dans l’humour. Bref, des petites perles.

Enfin, Gabriel fait la surprise à Sophia d’un billet pour Cannes. Tout roule jusqu’à ce qu’il apprenne que Julien Doré veut lui parler. Il se lance alors dans une entreprise de sabotage du voyage, mais Sophia est bien trop contente d’être à Cannes pour se laisser embarquer dans ses délires. Gabriel est hilarant à éviter Julien Doré tout au long de l’épisode, pour rien. Malheureusement pour lui (et heureusement pour nous), Sophia apprend malgré tout que c’est son mec qui a saboté son projet de film. Elle se barre sans un au revoir pour lui. Je suis un peu triste de ne pas savoir ce qu’elle devient, mais bien heureux que les scénaristes ne traînent pas à confronter Gabriel à ses conneries. Dans un épisode réaffirmant un féminisme en lutte, c’était une bonne chose. Il a quand même voulu la contrôler comme au dix-neuvième siècle et ça se retourne contre lui… Bien fait !

Bref, l’épisode se termine donc sur la soirée privée de l’agence à laquelle est conviée une Camille qui finit bourrée et dans la piscine. La scène de conclusion voit Gabriel affirmer qu’Andrea a toujours un « truc en plus ». Au moins, les scénaristes ont bien conscience de la force de leur série… et ils nous pondent une dernière scène qui n’est pas sans me rappeler celles d’Unreal ces deux dernières années, ce qui ne peut être qu’un plus.

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EN BREF – Cette saison 2 n’aura pas su être à la hauteur de la première avec des épisodes ayant du mal à trouver leur équilibre. Comme en plus elle est toujours trop courte, c’est frustrant de voir les trois premiers épisodes s’engluer loin des histoires persos qui font la force de la série et se concentrer uniquement sur les stars ou les scènes de cul. Heureusement, tout ça se reprend en cours de route avec un épisode 4 qui aborde enfin les histoires les plus intéressantes et deux derniers volets qui font avancer les choses en mettant en lumière un peu tous les personnages.

L’évolution de tous est très intéressante, mais les vraies révélations sont Noémie et Hervé. Ils ont toujours été sympathiques et drôles, mais la plupart de mes fous rires aux éclats reposent sur eux cette saison. C’est excellent et c’est tant mieux, car la saison avait besoin de ces bouffées d’air frais. Côté intrigues, les choses avancent quand même plutôt vite, parfois trop d’ailleurs (Isham/Andrea surtout), ce qui est un plus pour bien rester dans le délire.

Les perspectives pour la saison 3 sont nombreuses, notamment avec UBA, cette agence américaine qui promet pas mal de bonnes choses. Je suis déjà très impatient, mais il va vraiment falloir prendre mon mal en patience, car la saison 3 ne sera pas diffusée avant au moins… dix-huit mois. Andrea a le temps d’accoucher deux fois d’ici là, c’est cool (non).

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