Still Star-Crossed (S01)

Synopsis : Après les morts de Romeo & Juliet, les Capulet et les Montaigu décident de s’allier à travers l’union (forcée) des cousins du couple mythique. Le problème, c’est qu’eux, ils ne s’aiment pas.

Ci-dessous, retrouver mon avis sur les trois premiers épisodes de la série uniquement. Elle en compte huit et ne possède pas de fin. À vous de juger si vous pensez que ça vaut le coup (a priori, non).

Pour commencer, si nous n’étions pas au beau milieu d’une trêve des séries, je ne serais clairement pas devant cette série pour la critiquer. Oui, mais il n’y a plus vraiment d’inédits en ce moment et, malgré son côté historique incontournable, Still Star-Crossed m’intrigue pour deux raisons.

Déjà, parce que j’ai un profil littéraire (même si ça ne se voit pas toujours puisque je ne relis pas mes articles et laisse quelques coquilles honteuses se glisser dans mes lignes). Par conséquent, la pièce de Shakespeare, je l’ai lue plus d’une fois et c’est un vrai modèle. Qu’elle soit source d’inspiration encore en 2017 (bon, 2016 en vrai) pour lancer une série est incroyable (il s’agit toutefois d’une adaptation d’un livre). Je suis curieux de voir ce que ça peut donner.

Ensuite, c’est une série créée par l’inégalable Shonda Rhimes, qui surproduit en masse et dirige à peu près la moitié de la grille d’ABC désormais. Le Shondaland s’exporte désormais ailleurs que le jeudi soir et ça m’intrigue. Je ne me fais pas trop de films : il y a eu des hauts et des bas pour la productrice, avec des séries très réussies comme Grey’’s Anatomy, Scandal ou HTGAWM et d’autres qui furent de vrais flops, comme Off the Map ou plus récemment The Catch. Oui, mais… Cette dernière était particulièrement mauvaise en saison 1 et a su s’améliorer en saison 2. Autrement dit : avec elle tout est possible.

Clairement, ABC n’a pas su quoi faire de ce drama historique qui risque d’avoir une bonne dose de teen drama. Le projet semble plutôt être du CW que du ABC, mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise. Grey’s elle-même n’avait pas grand-chose à faire dans la grille de la chaîne et avait été reléguée en série d’été histoire de combler la grille. C’est là qu’elle avait connu le succès.

Nul doute que c’est le destin que tout le monde espère pour Still Star-Crossed, mais il faut bien dire qu’avec un nom pareil, j’ai plutôt tendance à être pessimiste sur l’avenir de la série. Nous verrons bien !

01.pngÉpisode 1 – In Fair Verona, Where We Lay Our Scene – 08/20
It has been a bloody summer.

La première scène ne se fout pas de nos gueules sur le décor et le nombre de bougies excédant celui de la maison en bougies de Grey’s. La série débute ainsi sur le mariage de Romeo et Juliet et se lance dans une représentation bâclée et réécrite de toute la pièce pendant plus de la moitié de l’épisode. Était-ce bien utile de revenir sur une histoire universellement connue pour introduire la série ? J’aurais préféré que ça commence directement par l’enterrement, surtout que celui-ci lance vraiment la série, avec des combats et la mise en place d’une intrigue amoureuse. Franchement, toute la promo ayant été faite sur « l’histoire après Roméo & Juliet », tout le début de l’épisode était hyper décevant, inutile et ennuyeux. Rien que ça, oui. En même temps, vu ma note, vous deviez bien vous douter qu’il y avait un problème.

Je leur reconnais néanmoins une ambiance magnifique, avec des combats à l’épée réussis, des paysages de fou, des costumes plus ou moins originaux (Benvolio ressemble beaucoup trop à Hook de OUAT pour que ce soit une coïncidence) et des effets spéciaux plutôt beaux… qui contrastent avec des jeux d’acteurs pas si exceptionnels. Je ne sais pas si c’est l’anglais un peu travaillé qui les fait galérer, mais la moitié du casting ne s’en sort pas, y compris le premier rôle (Rosaline) dans la première moitié de l’épisode. La scène de la mort du père d’Escalus est ainsi ridicule à souhait (mal écrite, mal jouée, rien ne va).

La première moitié de l’épisode s’avère donc hyper décevante et soporifique, au point qu’il est dur de s’accrocher à la série. Heureusement, la suite de l’épisode se rattrape, y compris du côté des jeux d’acteurs. Finalement, c’est peut-être que ça faisait chier aussi la production de devoir se taper l’histoire de Romeo et Juliet ?

Le personnage de Rosaline prend toute son importance à la mort de sa cousine et devient un peu le point d’ancrage de la série qui se dirige vers le Prince Escalus ordonnant le mariage forcé de Rosaline avec Benvolio (le cousin de Romeo, donc) avec qui elle a, en plus, une super alchimie (il lui a même sauvé la vie, dis donc). Cependant, ce mariage est aussitôt remis en question par le triangle amoureux un peu grossier Escalus/Rosaline/Benvolio. Oui, c’est l’amant de Rosaline qui la force à se marier avec un Montague, parce que son papa lui a demandé de faire passer Vérone par dessus tout. Ah Shonda et son amour des dramas…

Il faut également noter la présence de la sœur de Rosaline, Livia, qui semble elle faire le nécessaire pour s’entendre avec la mère de Juliet, contrairement à Rosaline. Livia est OK pour un mariage arrangé, par exemple, alors que sa sœur veut vivre un vrai amour et garde un secret bien mal gardé en aidant à sauver la vie de Paris, celui-là même qui aurait dû mourir de la main de Romeo sans cette réécriture un peu grotesque.

Bref, ce premier épisode ne nous apprend presque rien sur la série que nous ne savions pas déjà avant de lancer l’épisode, tant la promo (datant d’il y a un plus d’un an) nous a tout révélé avant. Autrement dit, il faudra revenir la semaine prochaine pour découvrir ce dont il est question.

Le cliffhanger (le triangle amoureux dont il est un sommet est découvert par Benvolio) n’est pas franchement suffisant (pire même, il fait tomber à plat un des seuls suspenses de la série) pour donner envie et le casting est tellement large que je ne sais pas bien qui est la moitié des personnages. Côté acteurs, je suis néanmoins content de retrouver Zuleikha Robinson de LOST et Anthony Head de Buffy, bien sûr.

La période de diffusion choisie est excellente : comme il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, je regarderais probablement la suite, par curiosité. Cela dit, je m’attends vraiment à une annulation, à moins que Shonda ne réussisse à faire opérer sa magie habituelle à temps. C’est mal barré pour le moment.

02.png

Épisode 2 – The Course of True Love Never Did Run Smooth – 14/20
You will take the fall

Ils osent nous faire un résumé d’une minute trente sur le premier épisode où l’on revient encore sur Romeo et Juliet. C’est bon, ON SAIT. Un petit flashback inutile nous explique également pourquoi le prince ne peut se marier à Rosaline. Sans grosse surprise, celui qui est devenu roi annonce ensuite que le mariage va continuer comme prévu. Notre pauvre Rosaline se retrouve enfermée dans la chambre de Juliet à attendre son mariage, c’est beau. Elle refuse bien sûr que ça arrive.

L’épisode propose donc de repartir sur son triangle amoureux tout en développant enfin ses intrigues politiques. Cela fonctionne plutôt bien et clairement mieux que la semaine dernière, me redonnant un peu d’espoir pour la série. Je doute qu’elle soit renouvelée, mais si la saison 1 peut proposer un truc complet et fermé, je serais satisfait. En plus, ça fait toujours du bien d’entendre du bel anglais, et dans le fond, on est plutôt sur du langage soutenu avec cette série.

Au cours de l’épisode, Livia est un peu plus développée que la semaine dernière. La sœur de Rosaline devient sa servante, mais l’essentiel à retenir de son personnage est qu’elle réussit à sauver Paris, étant assez clairement un intérêt romantique pour le personnage. Pourquoi pas.

Loin des idées de romances, Benvolio Montaigu est présenté comme aussi détestable que possible. Bien que promis à Rosaline, il profite de son temps libre pour aller fréquenter des prostituées. Cela ne plaît pas trop à son oncle qui l’envoie plutôt enquêter sur les Capulet et l’arrêt de la construction de leur cathédrale. C’est là le début des intrigues financières : les Capulet sont clairement en difficulté et Benvolio l’apprend à temps pour que son oncle annonce que le mariage se déroulera dans la cathédrale une fois qu’elle sera construite. Si ce n’est pas merveilleux.

Sir Capulet se retrouve donc dos au mur, surtout que sa femme crise un peu : elle n’est pas franchement heureuse du mariage avec un Montaigu, ni de la mort de Juliet (dont elle est désormais persuadée que le suicide a été provoqué par Rosaline). Plutôt que d’admettre sa ruine, Capulet tue donc son architecte, dans une scène qui m’aura bien fait rire.

Pendant ce temps, Rosaline fait tout ce qu’elle peut pour empêcher le mariage. Elle parle ainsi à Isabella, la sœur du roi Escalus, pour la convaincre de persuader son frère de renoncer à ce projet de mariage. Moi, perso, ça me fait un point du bingo cadeau. Cela fonctionne un temps : Escalus et Rosaline se retrouvent même à passer la nuit dans la même chambre (en tout bien tout honneur), ayant pris la décision de ne pas la marier à un Montaigu. Malheureusement, durant cette même nuit, la tombe de Romeo est saccagée, de même que le corps de notre amant maudit préféré, alors Escalus rechange d’avis.

Il faut dire que le roi n’a pas la vie simple non plus : il doit affirmer son autorité, ce qu’il fait à coup de condamnations à mort et de fourchettes (décidément, c’est la semaine où les américains veulent me dégoûter des couverts !). Plus l’épisode passe, plus il devient froid et « méchant », ne s’adoucissant qu’en présence de Rosaline. Ah, l’amour…

En définitive, c’était plus entraînant que la semaine dernière, mais ça reste très convenu. J’aime déjà mieux les intrigues lancées par ce second volet, mais je n’arrive pas à imaginer la série être un succès ou obtenir une saison 2. C’est un peu dommage. Il faut noter aussi que j’ai eu l’impression que le budget suivait déjà moins cette semaine, notamment au niveau des lumières et de certains effets spéciaux. Il faudra voir si cette qualité, qui était l’une des forces principales de la série la semaine dernière, continue de décliner.

Oh, un dernier point sur l’ambiance musicale qui elle est très réussie !

Capture d'écran 2017-06-24 18.29.32.pngÉpisode 3 – All The World’s A Stage – 12/20
It’s quite a change of heart

Si vous me suivez sur Twitter, vous savez que j’ai quelques jours de retard dans le visionnage de cet épisode non pas parce que cette série est mauvaise, mais bien parce que je n’avais plus de WiFi (et que cette série étant mauvaise, je n’allais pas lui sacrifier ma 4G).

L’épisode repart sur le mariage forcé et des changements d’avis d’Escalus et Rosaline. Je n’en attendais pas moins venant d’eux. Le mariage est bien sûr avancé après toute la merde des épisodes précédents. Cela ne réjouit pas trop Rosaline, mais sa sœur est aux anges rien que d’imaginer la situation. De son côté, Benvolio est à peu près aussi joyeux que Rosaline de voir sa vie privée lui être confisquée. Du coup, il lui propose de rentrer dans les ordres histoire que tout s’arrange. Vu comme ça, c’est sûr que c’est plus simple. Cela n’empêche pas Benvolio d’avoir le temps de déprimer de la mort de ses amis et de son futur déjà contrôlé par son oncle alors que lui voudrait juste vivre avec une prostituée. Ben voui, c’est ça l’amour.

Pendant ce temps, Livia continue de flirter avec Paris qui lui apprend à enfreindre les règles et cherche à l’embrasser. Si ce n’est pas magique tout ça, je crois que l’on tient une Capulet et un Montaigu amoureux l’un de l’autre pour la fin de saison. En attendant, non ce n’est pas exactement magique. En plus, Rosaline change encore d’avis : elle décide de se marier en échange de la liberté de sa sœur. L’idée d’entrer dans les ordres, c’était juste pour révolter les féministes et s’assurer de combler un peu de temps d’épisode avec un twist. Twist d’ailleurs pas du tout crédible, qui plus est, car les revoilà devenues meilleures amies quand la mésentente cordiale entre elles était assez claire dans l’épisode précédent). C’est donc mal écrit, en plus de tout ? Hum…

Les deux vieux Capulet/Montaigu continuent de se mettre des bâtons dans les roues, et ça en devient presque drôle. Bon, côté Capulet, notre Anthony Head préféré est hanté par de biens mauvais flashbacks, mais c’est drôle quand même, je vous dis. Il vire peu à peu fou et l’acteur n’est plus aussi bon qu’avant, le personnage disant même qu’il pense Juliette encore en vie par moment dans une scène où la performance est loin d’être réussie. N’empêche qu’il déprime lui aussi, mais face à ses comptes. Et en parallèle, Montaigu n’a pas trop de problèmes pour le moment et c’est lui qui propose de payer un nouvel architecte. Comme par hasard.

Le mariage tant attendu a enfin lieu, mais bien sûr, comme nous sommes encore en début de saison, il ne peut être accompli comme il se doit ! Les scénaristes n’y vont pas de main morte et proposent carrément un attentat pour s’assurer que la guerre continue à Vérone. L’attaquant parvient à s’enfuir, mais c’est sans compter sur le couple Benvolio/Rosaline qui le poursuit, de manière totalement crédible, bien sûr. Le couple comprend que quelqu’un qui n’est pas de leurs familles respectives s’ingénue à faire en sorte que la vieille rivalité continue. Cela nous donne une perspective pour la fin de saison avec un couple plus uni qu’il n’y paraît et un ambassadeur de Venise qui meurt (seule vraie victime de l’attentat, comme par hasard), ce qui ne fait pas les affaires de la ville et particulièrement d’Isabelle, qui est une bien meilleure dirigeante que son frère pourtant roi. Enfin, le cliffhanger voit Lord Capulet halluciner sa tendre Juliette lui dire de faire attention, allez savoir pourquoi/à quoi ça sert…

Bon, il ne faut pas s’étonner que les audiences soient catastrophiques. Tout est énorme, les ficelles scénaristiques sont aussi visibles que prévisibles et le vieil anglais ne parvient pas à tout sauver malheureusement, cassant même la crédibilité de certaines scènes avec un côté bien trop théâtral (là encore, c’est de la faute d’Anthony Head, pourtant un bon acteur à l’époque). Ce n’est même pas un bon guilty pleasure, même si certains moments sont agréables et que l’ensemble reste très beau, esthétiquement parlant.

Je vous aurais bien donné RDV mardi pour l’épisode suivant, mais les audiences sont tellement mauvaises qu’ABC a décidé d’arrêter le massacre et diffusera désormais la série le samedi soir, laissant de nouveau une semaine s’écouler avant le prochain épisode. On se retrouvera donc dimanche prochain, peut-être, parce que je ne sais pas si je regarderais le dimanche pour autant. Le dimanche, il y a Orphan Black et Still Star-Crossed fera bien pâle figure à côté !

Tellement pâle figure, d’ailleurs, que je n’ai pas continué la série. ABC a décidé d’annuler la production alors que la saison 1 se termine sur plusieurs cliffhangers. J’ai donc décidé de ne pas continuer. Je pourrais accrocher aux cinq épisodes qu’il me reste, et j’aurais l’air malin à ne pas avoir de fin. Bref, oui, oui, vous êtes Still Star-Crossed, effectivement. Avec un titre pareil, pas étonnant que la série soit annulée.

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