Dear White People (S01)

Synopsis : Samantha White en a marre de son campus où le racisme est, comme partout ailleurs, beaucoup trop présent pour elle.

Pour commencer, cela fait un moment que je voulais tenter cette série Netflix, mais je n’étais pas là le week-end où ils l’ont lancé et comme ils ont eu la bonne idée d’enchaîner les sorties chaque semaine depuis mars, c’est un peu dur de garder le rythme. Enfin bon, je ne vais pas m’attarder sur Netflix trop longtemps après l’annulation de Sense8 qui m’a beaucoup trop énervé.

Pour en revenir à Dear White People, il était dur de passer à côté d’une série annoncée comme un évènement. À de multiples reprises, la série a été au cœur de polémiques, étant principalement accusé d’un racisme qu’elle ne cautionne pourtant vraiment pas. Au contraire, l’approche est extrêmement intéressante, proposant plusieurs points de vue (contrairement à ce que je pensais à l’origine) et sans apporter forcément une réponse concrète. Disons que je l’ai trouvée bien fichue de ce point de vue-là, où elle apporte une éclaircie sur des questions trop souvent taboue.

Sans aller jusqu’à dire que la série propose une solution de vivre ensemble, car ce serait mentir, j’ai aimé que cette saison embrasse des problèmes quotidiens en proposant une explication de plusieurs points de vue. Reste désormais à savoir s’il y aura une saison 2.

Note moyenne de la saison : 15,5/20

Capture d'écran 2017-06-02 12.20.50.pngChapter I – 15/20
What CW show are we in?

Le ton de la série est dès le début très différent de ce que j’en attendais. En effet, l’ambiance initiale n’est pas sans me rappeler les Orphelins Baudelaire, avec un narrateur tout ce qu’il y a de plus classique qui apporte un certain humour. Pourtant, je ne me fais pas leurrer pour autant : nous sommes sur Netflix, ses comédies sont rarement purement comiques, surtout quand je sais d’avance que le sujet de fond est le racisme. C’est plus que sérieux pour se permettre de rater des questions avec de l’humour.

Le premier épisode nous introduit donc le personnage de Samantha White, la bien nommée, qui détient sa propre émission de radio sur le campus de Winchester. Son émission ? Dear White People, évidemment. Et ça fait polémique, au point de lancer une soirée « Dear Black People » pour Halloween, où les blancs se déguisent en noir avec des blackfaces. Oh. Cela commence donc fort en polémique.

Toutefois, ma plus grosse surprise ne vient bien sûr pas de cette soirée mais du personnage de Gabe, le copain de Sam. Celui-ci est blanc, ce qui me paraît être une excellente chose pour désamorcer l’inévitable vague de « mais c’est une série raciste, l’héroïne déteste les blancs ». C’est triste d’en arriver là, mais il est un peu évident que ça aurait été la critique la plus récurrente. Ma surprise, c’est donc que Sam subit une pression incroyable à cause de son copain blanc. Nous ne sommes pas loin d’assister à du « slut shaming » pour son choix d’un blanc comme amoureux, et ça en dit long sur la neutralité de la série, je trouve.

Loin de se contenter d’une réflexion primaire pour nous dire que « bouh les blancs sont méchants et racistes », la série s’aventure sur un terrain plus glissant avec des problématiques plus larges. La réflexion en devient presque dérangeante, dénonçant finalement des situations problématiques des deux côtés. Cela permet aussi de conforter le choix de l’actrice principale : Sam est amoureuse de Gabe et ça se voit dans le jeu de l’actrice.

Dans les choses que j’ai moins aimé, je dois dire que je ne vois pas bien l’intérêt des « cadres » qui apparaissent fréquemment pour nous situer l’endroit où se déroule la scène. J’ai détesté la réaction des amis de Sam par rapport à Gabe, mais je pense qu’il était important de nous montrer le rejet de Gabe pour en arriver à l’excellente tirade finale de Sam.

Oh, et bien sûr, du côté de ce que j’ai adoré, il y a cette parodie de Scandal. J’en avais entendu parler sur Twitter, mais je ne m’attendais pas à ça. Il n’y a aucun doute possible vis-à-vis de la série parodiée et c’est extrêmement bien joué de la part des scénaristes. C’est vraiment drôle, peut-être la partie la plus sympathique de l’épisode de ce côté-là.

Cela dit, c’est étrange : cet épisode semble avoir déjà bien fait le tour de la question et je ne sais pas trop s’il y a matière à toute une série avec ces personnages. Je ressors du visionnage avec l’impression d’une histoire complète et pas forcément l’envie d’une suite. Cela tombe bien : mon RER est quasiment arrivé à Paris. La série est sympathique, pas plus drôle que ça et aborde des sujets complexes d’une jolie façon. C’est meilleur qu’Atlanta de ce point de vue-là, mais bon, je ne suis pas non plus impatient de continuer.

Capture d'écran 2017-06-02 12.21.39.pngChapter II – 18/20
Trust me, find your label.

Trois jours plus tard, je me relance dans la série, sur le chemin du retour cette fois, après un long week-end.

Je pense que ma note suffit à faire comprendre que j’ai adoré cet épisode qui m’a énormément surpris, notamment du côté de la forme. Je pensais vraiment que la série continuerait de suivre Sam, et en fait non. Cet épisode se concentre sur Lionel, le journaliste geek et plutôt cool déjà introduit dans le premier épisode. Je ne m’y attendais pas et, rien que ça, ça m’a remotivé pour le reste de la série. J’aime bien Sam, mais je doutais vraiment qu’elle ait les épaules (et la matière) pour dix épisodes.

L’autre bonne surprise sur le point formel est la chronologie de la série. Cet épisode revient en arrière et nous montre le point de vue de Lionel sur les mêmes événements. Cela sera peut-être long s’ils passent dix épisodes à faire ça, mais pour ce second volet, ça fonctionne très bien.

Bon, pour en revenir à l’épisode, il s’éloigne un peu de la thématique du racisme pour explorer celui de la sexualité et de l’affirmation de son homosexualité. En effet, Lionel est totalement paumé de ce côté-là : il fantasme assez clairement sur son colocataire, Troy, mais ne s’affirme pas comme homo pour autant. En fait, il refuse tout étiquette, contrairement à ce que lui conseille son supérieur au journal, Silvio.

Clairement, j’ai trouvé les dynamiques entre les personnages parfaitement écrites. Lionel paraît vraiment réaliste, et pourtant, ce n’est pas un personnage facile à écrire. C’est en tout cas un personnage qu’on voit rarement évoqué à la télévision, timide mais journaliste, dans le placard mais avec une opinion ferme, et avec un double combat d’affirmation (sa sexualité + sa couleur de peau).

C’est du coup un personnage complexe avec lesquels les scénaristes s’amusent, notamment lors de la fête à laquelle Silvio l’a invité. Lionel vit une succession de moments gênants qui sont assez drôles (les urinoirs, le téléphone oublié) et permettent de dédramatiser un peu sa situation. Par ailleurs, Silvio a beau avoir semblé le draguer un peu, il lui pose finalement un lapin, et ce n’est pas plus mal car je n’ai pas eu l’impression que Lionel était plus attiré que ça.

Bon, cet épisode y va en revanche un peu trop fort sur les scènes sexuelles, avec un bon gros plan sur un sexe féminin. Je retiens que quand Rhomin dit que ça va pour le train, sauf une scène ou deux, ça veut dire que ça ne va pas pour le train. M’enfin, la rame de RER était vide heureusement, c’est l’avantage du dimanche matin. Et puis, surtout, j’ai trouvé que ce plan n’était pas inutile du tout, me rappelant un peu le zoom sur un pénis dans la saison 2 de The Affair. La réaction de Lionel est en effet excellente, elle montre bien sa curiosité sans excitation, affirme son homosexualité dans sa gêne et lui-même finit par l’affirmer sans problème grâce à presque plan à 3 avec Conner et Becca.

J’ai trouvé ça parfaitement géré, jusque dans la manière dont il casse le plan à trois. Fort de cette première affirmation, il va prévenir Sam qu’il a un scoop sur elle et ça paraît tellement plus logique que dans le premier épisode d’avoir ce point de vue. Cet épisode réussit parfaitement à expliquer le personnage sans y aller lourdement pour autant et en jouant beaucoup avec l’implicite. J’ai adoré.

La dernière scène voit Lionel faire son coming-out, à deux reprises, à son colocataire. A priori, Troy devrait faire l’objet du prochain épisode du coup, mais j’ai adoré sa réaction, qui est de continuer à lui couper les cheveux comme si de rien n’était. Vu le personnage, je m’attendais à un rejet violent, alors que là, nous sommes juste dans une amitié bien écrite.

Capture d'écran 2017-06-02 12.24.52.pngChapter III – 14/20
Troy became the man of the moment.

Bof, cet épisode m’a moins convaincu, mais il était dur de passer juste après l’excellence du chapitre sur Lionel. Sans surprise et en toute logique, les scénaristes se concentrent sur Troy, avec un épisode plus court, car il y a évidemment moins à dire. C’est donc une bonne chose qu’ils n’étirent pas inutilement cet épisode.

La chronologie dépasse le cadre du premier épisode et c’est une bonne chose. Je pensais qu’on aurait encore un ou deux épisodes sur la même période de temps, mais finalement c’est plutôt positif d’avancer, surtout que je ne sais pas s’il y avait grand-chose à dire sur Troy.

Troy est donc le fils du doyen et après la coupe de cheveux de Lionel, il voit Sam se faire engueuler par son père. Lui-même n’est pas exactement en bon terme avec Sam : ils voient la lutte contre le racisme de manière bien différente. Sam est clairement dans l’opposition au système, de manière violente s’il le faut (d’où son lancement de l’invitation pour « Dear Black People »), alors que Troy cherche à se faire élire à la tête des étudiants de Winchester.

Bon, c’est une intrigue sympa mais ce n’est pas franchement passionnant. Il se présente, veut être élu, mais il vote malgré tout pour quelqu’un d’autre. On apprend également qu’il a une copine et une maîtresse, cette dernière étant une prof. Pas de bol pour lui, Kurt, qui dirige Pastiche lui fait donc du chantage par rapport à ça. Cela sert de cliffhanger, atténuant énormément la mort de Thane Lockwood, un étudiant américain tout ce qu’il y a de plus cliché.

L’épisode ne m’a vraiment pas enthousiasmé plus que ça, ou alors c’était la fatigue, mais ça m’a déçu après le chapitre sur Lionel.

04.pngChapter IV – 14/20
This bitch autotuned me?

Je n’ai repris que quelques jours pour plus tard, en soirée, pour tout voir d’un coup et finir la saison d’une traite. Oui, je suis comme ça. Cet épisode débute par nous faire croire qu’il va se concentrer sur Thane, un blanc complétement crétin stéréotype de tous les films et séries américains, qui vient donc de mourir à la fin de l’épisode 3 (je ne sais pas si j’assume, mais j’avais oublié la fin du troisième épisode).

Au lieu de ça, le scénario s’intéresse plutôt à Coco qui est l’exact opposé de Sam… alors qu’elles étaient pourtant amies deux ans plus tôt. Et effectivement, le délire de « Dear White People » était à l’origine entre elles dans leur chambre. L’épisode se concentre donc sur cette amitié après une moquerie de Sam dans son émission.

Pourquoi pas, mais c’est un peu étrange d’avoir un épisode qui se passe autant dans le passé. C’est sûr que la série ne pouvait passer dix épisodes sur la même journée, mais tant qu’à faire, j’aurais préféré qu’on continue d’avancer dans la chronologie comme dans l’épisode autour de Troy.

Troy, justement, qui drague Coco dès le départ avant de changer d’avis pour draguer Karen. Coco se sent tellement rejetée qu’elle finit par s’enfoncer dans une drôle de spirale où elle s’éloigne de plus en plus de Sam (enfin pas tout de suite, il faut d’abord qu’elles se droguent ensemble, quand même, on est sur Netflix, donc tous les personnages cools doivent se droguer – vive Lionel).

C’est assez triste de suivre l’histoire de Coco qui se fait rejeter par tout le monde malgré ses efforts d’intégration. Elle a bien sûr rejeté Sam à la première occasion, avant de comprendre que sa sororité ne lui apportait rien de bon non plus. Ensuite, il lui restait à voir Sam s’affirmer et devenir plus populaire qu’elle. Franchement, comment ne pas avoir de la peine ?

Peut-être en revenant dans le présent où Coco est devenue la fille populaire de base qui prend sa revanche sur Karen en ne la laissant pas rentrer dans une soirée. Elle accepte le chalumet de la paix offert par Sam, le fumant alors que Troy s’occupe d’elle.

Cet épisode était intéressant, mais je regrette un peu qu’il passe autant de temps sur le rejet de Coco sans pour autant nous expliquer comment elle s’est finalement intégrée sur le campus. Bref, il manque quelque chose pour qu’il soit exceptionnel. C’est un bon épisode, ni plus, ni moins. On nous tease malgré tout la mort de Thane, sans nous dire exactement ce qu’il s’est passé, donc tout n’est peut-être pas perdu. Au choix, la série se concentrera là-dessus ou l’ignorera totalement. Si elle l’ignore, ça peut mener à des choses intéressantes et montrer à quel point ces deux mondes sont opposés.

05Chapter V – 17/20
I like you but fuck you.

L’épisode se centre sur le meilleur ami de Sam, Reggie, qui lance carrément une application type Tinder pour que les étudiants se notent entre eux afin de savoir qui est « réveillé » sur les problèmes raciaux de l’université. Wow. Faut quand même y songer !

Bon, certes, on nous le présente comme le meilleur ami de Sam, mais il est clairement à fond sur elle, à la stalker et la critiquer dans son dos avec Jo, qui est censée être la meilleure amie de Sam. Voilà qui est fait.

Il est un peu dur de se sentir proches de ces persos qui s’autoexcluent du campus par leur attitude et utilisent Lionel pour ne pas attendre au cinéma, sans compter son altercation avec Gabe dans le premier épisode. C’est un peu moyen quoi. Il y a de bonnes critiques sur le cinéma et j’ai aimé l’introduction de l’asiatique (arf, je n’ai pas retenu son nom) qui squatte le groupe comme si de rien n’était. Clairement, la série prend le choix de montrer la rupture existant sur le campus entre blancs et noirs, se servant de Thane comme catalyseur. C’est une excellente chose, mais j’aimerais que ce soit un peu plus mis en avant.

De même, j’ai adoré voir le début de relation entre Jo et Reggie, même si je trouve ça absolument triste de le voir se « contenter » d’elle à défaut de pouvoir avoir Sam. J’exagère à peine, vu le jeu des acteurs.

Cet épisode est absolument dingue, parce qu’il voit Reggie s’embrouiller avec un de ses amis blancs (présenté comme tel quand même) pendant une soirée. Les choses dégénèrent extrêmement vite, au point d’avoir un gardien qui lui demande à lui (et pas à l’autre, blanc, donc) de montrer sa carte d’étudiant. Devant son refus d’obtempérer, le garde sort carrément un flingue. OK, ça refroidit l’ambiance.

L’escalade paraît un chouilla trop rapide, franchement, mais en même temps, quand on lit les infos sur ce genre d’histoire, l’escalade est toujours beaucoup trop rapide. Cela me laisse perplexe, mais c’est clairement un « woke moment » pour tout le monde à la soirée… Et ça tombe bien, car on voit justement tout le monde : Lionel, Coco, Troy, Sam, Gabe, Jo, Reggie. Tout le monde a le droit de stresser avec le téléspectateur, car oui, c’est conçu comme un moment d’éveil pour le téléspectateur aussi. Cela peut partir en vrille beaucoup trop vite et « dear white people », c’est le quotidien pour les personnes noires d’avoir cette peur d’un moment qui dérape. C’était déjà évoqué dans l’épisode précédent de manière futile à la télé, histoire que tout le monde l’ait bien en tête devant cet épisode. C’est donc bien joué et surtout bien écrit de la part des scénaristes.

Et pour la première fois, je me demande où l’on va avec cette série qui à force de nous montrer la haine s’enraciner à Winchester pourrait très bien déraper sur son final. Le regard de Kurt et de l’ami de Reggie en dit long, entre pouvoir et peur.

06.pngChapter VI – 16/20
Who cares if you’re woke or not… if you’re dead?

Sam vient rendre visite à Reggie après les événements traumatiques de la veille, mais il ne lui ouvre pas. Hop, on repart sur Sam dans cet épisode, mais après ça, tous les étudiants sont enfin unis. C’est dingue qu’il faille ce genre de choses pour unir les gens, mais c’est tout à fait réaliste, malheureusement.

Côté formel, je ne m’attendais pas à revenir si vite au personnage de Sam, car beaucoup de personnages secondaires n’ont pas eu droit à leur épisode (j’aurais notamment aimé en avoir un sur Jo par exemple). Cela dit, nous sommes au milieu de la saison, donc pourquoi pas.

Bien sûr, Coco est parfaitement touchante à évoquer son passé difficile, Kurt est le parfait idiot à vouloir bosser avec Sam seulement maintenant (mais en même temps, Sam étant Sam, elle refuse de mettre son orgueil de côté) et Reggie passe l’épisode à tenter de digérer ce qu’il s’est passé. Seulement, ce n’est pas si simple, avec tout le monde qui politise immédiatement la cause. J’ai d’ailleurs adoré l’amie de Gabe en psycho, l’explication est simple et efficace.

Oh, oui, Gabe présente ses amis à Sam dans cet épisode, parce que malgré tout, il semble que la vie continue. C’est bien joué de la part des scénaristes de construire cette relation et de l’approfondir de cette manière, tout en développant en parallèle une vraie relation entre Sam et… Reggie.

Et oui, Sam parvient finalement à récupérer Reggie et savoir ce qu’il pense lors d’une soirée à micro ouvert où il se lance dans un rap particulièrement poignant. Clairement, l’épisode a beau être sur Sam, c’est lui qui le vole. Leur relation est au cœur de l’intrigue, mais Sam est juste tellement politisée avec son plan d’organiser une manifestation qu’elle passe à côté de ses vrais sentiments.

Celui-ci est donc forcé de lui déclarer sa flamme d’une bien jolie manière et, alors qu’elle s’apprête à craquer, il la rejette finalement une dernière fois, avant de lui proposer implicitement de rentrer dans sa chambre. Ce n’est toujours pas fini : Gabe appelle Sam, qui rejette l’appel et semble bien hésitante. Boum, on s’arrête là et c’est un cliffhanger hyper frustrant.

Ce sixième chapitre parvient à rendre Reggie beaucoup plus sympathique et humain qu’il ne l’était dans les premiers épisodes où il passait vraiment pour une caricature. Sa déclaration à Sam est magnifique, mais je ne peux m’empêcher d’être vraiment déçu de la tournure des événements, parce que Sam/Gabe proposait quelque chose d’intéressant (et que j’ai peur de voir la série mal tournée avec un Gabe qui péterait un câble).

07.pngChapter VII – 15/20
I love… you. Fuck! I love you.

Oh, un épisode sur Gabe ? Je m’attendais à reprendre le même ordre qu’en début de saison avec Lionel (surtout qu’on l’a peu vu dans le chapitre 6 et que Sam lui confie une mission importante). Bien sûr, il y a vraiment de quoi faire avec Gabe qui, comme prévu, se sent un peu trop victime parmi le groupe d’amis de Sam. Il passe une bonne partie de l’épisode à complétement psychoter sur la relation entre Sam et Reggie.

Sam envoie finalement Gabe travailler avec Joelle. C’est une idée bizarre sur le papier, mais ça fonctionne à merveille de voir ces deux-là sympathiser en contactant les dirigeants des groupes de minorité pour protester lors d’un forum sur les problèmes racistes de l’université (j’imagine qu’on tient là le final de la saison).

À sympathiser autant, Gabe finit par apprendre que Jo en pince pour Reggie et que Reggie est à fond sur Sam. Fort de cette nouvelle confiance entre eux deux, Gabe avoue aussi à Jo que c’est lui qui a appelé les flics. Oh, ça craint.

Avec autant de problèmes, les choses finissent par éclater entre Gabe et Sam… qui se disent « je t’aime ». Humph, toujours rien de concret sur le cliffhanger de l’épisode précédent, c’est vraiment frustrant. Il semble assez clair que les deux ont beaucoup trop de secrets entre eux pour que ça fonctionne.

Et en effet, dès le lendemain matin, Sam découvre un message de Lionel qui lui permet d’apprendre que Gabe est celui qui a appelé les flics. Elle se barre malgré ses excuses, et Gabe passe le reste de l’épisode à la chercher. Il aurait peut-être mieux fait de ne pas la trouver : elle est dans le hall avec le reste du casting qui a découvert que Gabe a appelé les flics.

Et sans grande surprise, il semblerait que Sam et Reggie soient maintenant en couple et que tout ce que Gabe peut avoir à dire pour sa défense ne mène à rien.

Je suis vraiment à fond dans cette histoire, mais je trouve que ça aligne quand même quelques facilités un peu dérangeantes par moment. En tout cas, niveau écriture, il n’y a pas à dire, la saison se tient et reste palpitante de bout en bout, même si les craintes de Gabe matérialisées en parodie m’ont laissé de marbre. Je ne sais pas, je pense qu’elles étaient là pour faire rire, mais ça n’a pas fonctionné.

Difficile de ne pas avoir envie d’enchaîner en tout cas !

08.pngChapter VIII – 16/20
In fact, Lionel’s life had become an endless comment section.

Yes, voici l’épisode sur Lionel (et son t-shirt « bad choices make good stories ») que j’attendais en chapitre VII.

Sans grande surprise, il culpabilise en silence de ce qui arrive à Gabe. Bien sûr, il s’excuse auprès de lui, mais Gabe n’est pas près de lui pardonner, et il a bien raison.

Dès qu’il s’agit de Lionel, il s’agit bien sûr d’un épisode sur l’affirmation de soi et ça marche drôlement bien vu que c’est déjà le sujet de la série. Le voilà qui se bat donc avec sa vocation de journaliste : son éditeur lui interdit de faire l’article qu’il souhaite faire sur Troy. Ah Troy, évidemment qu’on en revient à sa fascination malsaine pour Troy…

Les deux passent beaucoup de temps dans cet épisode ensemble. Je trouvais leur amitié super sympathique jusque-là, mais la manière dont Troy finit par utiliser Lionel dans cet épisode pour passer son test anti-drogue me fait revoir ma copie. Bon, la majorité de l’épisode consiste à les voir sympathiser et c’était super à voir, même si ça ne sert pas vraiment l’intrigue de la série, pas plus que de savoir que la prof que Troy se tape est fiancée à une femme. De toute manière, le chantage de Kurt semble s’être noyé avec Thane, puisqu’il n’en est plus question.

Lionel s’inscrit aussi sur un site de rencontre où il est repéré d’ailleurs par le barman du bar dans lequel il se rend avec Troy, qui est aussi, ben voyons, l’ex coloc de Troy. Deux colocataires gays ? C’est qu’il convertit drôlement bien les garçons, le monsieur.

Non, l’intrigue de la série avance peu dans cet épisode, mais elle avance malgré tout quand Lionel surprend une dispute entre Sam et Reggie qui semble indiquer qu’ils ne sont pas en couple finalement. Je pense que nous n’en saurons pas plus sur le cliffhanger de l’épisode 6 avant la fin de saison désormais, c’est un peu abusé. Ce suspense permet en tout cas d’avoir envie de continuer, même si cet épisode est détaché du reste de la saison.

Il y a bien sûr Kurt qui fait de la merde également avec Pastiche et la fin d’épisode qui promet quelques remous encore. En effet, Lionel rédige finalement son article sur Troy, mais il est loin d’être aussi élogieux que prévu, insistant surtout sur les failles que celui-ci lui a montré par amitié. Cela risque de poser quelques problèmes.

Bref, comme pour le second chapitre, Lionel semble évoluer en marge de tout le monde, mais j’ai aimé qu’on nous le décrive comme un personnage qui ne s’affirme que par l’écrit. C’est sûrement parce que je préfère écrire que dire, moi aussi, sans pour autant être aussi marginal que lui, car Lionel l’est un peu trop je trouve. C’est en tout cas celui que je considère le plus intéressant et intriguant dans cette saison, probablement parce que c’est aussi le plus complexe de tous, même s’il reste assez cliché.

09.pngChapter IX – 15/20
No, not even. You like the idea of us.

Cet épisode repart sur Coco et le passé. Moui. Pour le coup, l’introduction n’est pas franchement passionnante mais permet de comprendre que Coco ne considère pas que Troy est le bon pour elle. Voilà tout de suite le suspense de base qui s’installe pour l’épisode : il est centré sur leur relation et il reste à savoir si elle décidera en fin d’épisode qu’il est le bon ou pas. C’est en tout cas comme ça que j’ai perçu l’épisode et, à partir de là, il est dur d’être à fond dedans. Comme pour l’épisode précédent, j’ai eu le sentiment que les scénaristes comblaient un peu trop la saison pour ne pas aller tout de suite au forum conservé pour la fin de saison.

Le cas de Lionel est rapidement traité avec une Coco qui s’énerve contre lui et un Troy qui n’en a rien à faire car son père s’est montré beaucoup gentil avec lui. En effet, il l’a invité à un événement beaucoup trop classe pour lui et Coco. Le problème, c’est que là-bas, ils sont des accessoires pour montrer que les étudiants noirs ne sont pas tous sur le point de protester contre l’université, histoire de garder les donateurs.

L’autre problème, c’est que Coco comprend aussitôt qu’elle la voit que Troy a une liaison avec sa prof. Et ça, ça craint pour elle. Elle confronte Troy après avoir tenté de lui dire qu’il fallait absolument qu’il arrive à convaincre Sam de ne pas protester.

Finalement, elle s’y rend elle-même et il la rejoint, non pas volontairement. Pof, tout cela mène à une rupture qui leur pendait clairement au nez et qui n’a absolument rien de surprenant, même si effectivement, elle a abandonné sa perruque pour lui (et ça lui va tellement mieux, d’ailleurs).

L’épisode est un peu trop prévisible du début à la fin, mais j’ai aimé voir Troy comprendre que tout ce que Coco lui trouvait, c’était l’image de leur couple. Cela en dit long sur le personnage qui n’est qu’une image pour tous, y compris Lionel, qui finalement n’a pas hésité à lui pondre un coup bas.

Bref, j’ai aimé l’épisode, mais il n’était pas non plus aussi sensationnel qu’il aurait pu l’être.

10.pngChapter X – 16/20
We pay tuition to this place! Get your guns out of my face.

Et voilà, c’est la fin de saison, déjà et c’est l’heure pour un épisode centré sur… Tout le monde. C’est une bonne idée, je trouve : on commence par le triangle Reggie/Sam/Gabe, puis on enchaîne sur Coco/Troy/Lionel dans une scène de téléphone bien drôle.

Hop, pendant que Sam s’explique avec Gabe, Jo montre à Reggie comment se servir du micro de Sam pour l’émission. Reggie se lance donc dans son rap à la radio alors que Sam s’excuse auprès de Gabe de ne pas avoir réagi lorsque tout le monde lui est tombé dessus. Cela ne suffit pas bien sûr, parce qu’elle a effectivement couché avec Reggie pour savoir si elle aimait vraiment Gabe.

Outch. Son couple en pâtit bien évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pas le temps de s’attarder sur elle, la narration s’intéresse à Lionel qui apprend via Sam que Coco et Troy lui ont demandé de ne pas faire sa manifestation. Après une rapide enquête, il découvre que les grands méchants riches ne sont autres que ceux qui payent le journal. Pas le temps de s’attarder sur cette histoire non plus, donc.

Hop, le forum arrive et les protestations avec. Coco déchire absolument dans sa soif de pouvoir et réussit à évincer Troy en arrivant avant lui, puis en manigançant pour qu’il soit dehors au moment où tout commence, le laissant affronter non pas une, mais deux manifestations, la seconde étant bien sûr sur le binge-drinking qui a tué Thane (un événement totalement secondaire par rapport à la série, ce qui en dit long d’ailleurs : finalement, on se concentre bien sur les problèmes que l’on veut).

En parallèle de tout ça, Gabe se décide également à aller parler à Sam, alors que Lionel réussit à poser la dernière question du forum. OK. Je vais avouer que j’ai fait pause à ce moment-là, parce que, d’un coup, je ne l’ai pas senti.

C’est assez bien joué de la part des scénaristes de se servir de Lionel comme ça : c’est lui la pierre angulaire de la série. Il n’a jamais osé parler et la question est désormais assez simple : osera-t-il créer le scandale ? Coco est sûre que non, moi, beaucoup moins qu’elle.

À l’extérieur, Kurt débarque avec ses propres manifestants, pour se plaindre d’avoir des choses à réclamer lui aussi. À l’intérieur, Lionel l’ouvre et pose toutes les questions gênantes (merci Coco pour le fou rire à lui retirer le micro).

Lionel prend la parole, y compris contre Silvio, qui du coup l’embrasse. Gabe et Sam trouvent le temps de parler dans tout ce bordel, et Gabe rompt avec Sam, car tout cela est beaucoup trop compliqué. Troy comprend qu’il est manipulé, une fois de plus, et trouve le moyen de péter les portes du forum. Il n’en faut pas plus, bien sûr pour qu’il se fasse arrêter et bonjour le stress.

Tout ça se termine devant la parodie de Scandal : Lionel et Silvio voient l’épisode ensemble, en couple (c’est mignon, mais un peu précipité pour Lionel : certes, Silvio l’a dragué toute la saison, mais il n’a jamais été réceptif), Jo et Reggie le regardent ensemble, se rapprochant donc, Sam le voit avec Coco, les deux se réconciliant ainsi et Kelsey annonce le kidnapping de Sorbet, son chien. Bon gag final, c’est la première fois de la saison que Kelsey me fait vraiment rire !

Bonus.png

EN BREF – Une fois de plus, Netflix a su proposer avec Dear White People une série de qualité, abordant des thématiques complexes de manière parfaitement maîtrisée. J’ai eu mes coups de cœur pour certains personnages (Lionel & Jo en tête), j’ai eu du mal avec d’autres (Reggie surtout), mais dans l’ensemble, les épisodes étaient bons et l’intrigue de la saison parfaitement maîtrisée. Plus que pour d’autres séries Netflix, j’ai eu l’impression que chaque chapitre avait son indépendance, que nous étions moins poussés à enchaîner les épisodes.

Je l’ai déjà dit, mais j’ai eu l’impression tout de même, côté écriture, que ça reprenait beaucoup les codes des Orphelins Baudelaire (le narrateur) ou de 13 Reasons Why (un perso/ép), on sent que la production sait ce qui fonctionne ou non sur le géant du streaming. Dans l’ensemble, j’ai aimé la série qui a su me surprendre à plusieurs reprises et surtout qui réveille bien les consciences sur les problèmes de racisme, notamment avec l’éternel cas du flic et du flingue. Ah, ces américains à la gâchette facile !

Finalement, ils ne virent pas dans le drama à tuer un de leur personnage avec un flingue et c’est tant mieux, car ils se sont contentés de représenter la peur face à l’arme à feu. Le climat d’insécurité est palpable dans le dernier épisode, donc c’est bien joué. De même, Thane est totalement ignoré de la série, je trouve ça intéressant comme parti pris pour montrer le décalage entre les deux mondes. Dans le dernier épisode, Sam lève les yeux au ciel et, à vrai dire, nous aussi. Pourtant, le bingedrinking est un vrai problème également et je suis sûr qu’on aurait pu nous faire une saison autour de Shane qui aurait mené à lever les yeux au ciel face à la manifestation de Sam.

Au fond, ce que j’ai le plus aimé dans cette saison est donc la multiplicité des points de vue évoquées avec justesse sur des thématiques taboues et/ou compliquées.

La série peut s’arrêter là si Netflix décide une fois de plus de faire de la merde en ne renouvelant pas une excellente série. La fin n’est finalement pas si ouverte que ça et le message est passé. Je serais déçu de ne pas avoir de suite cependant, donc je serais de retour pour une éventuelle saison 2, car il y a encore beaucoup à faire.

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