Will (S01)

Synopsis : Que savez-vous de la vie de Shakespeare ? Rien ou pas assez ? Bienvenue au club. Cette série se propose de revenir sur la vie du plus brillant des dramaturges anglais, mais ne vous attendez pas à trop de sérieux, l’idée est surtout de vous montrer ce que c’était que du Shakespeare : de l’impro, du fun, du rythme, des jeux de mots et une langue tordue dans tous les sens.

Ci-dessous, mon avis sur l’ensemble des épisodes, juste après visionnage.

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Pour commencer, je dois avouer que je mens un peu, avec ma licence d’anglais et mon master de lettres, autant le reconnaître tout de suite : la vie de Shakespeare, je la connais dans les grandes lignes. Bon, pas autant que celle de Molière cela dit, donc cette adaptation m’a fait de l’œil, c’est un peu pour les études, vous comprenez ?

En plus, le casting a l’air très sympa et la bande-annonce que j’en ai vu, aussi historique soit-elle, m’a envoyé un peu du rêve côté scènes de théâtre et tout. Ce serait stupide de ma part de passer à côté de cette série, car elle peut être à la fois utile et divertissante. J’avoue que la durée du premier épisode (57 minutes !) m’a un peu découragé de prime abord, mais eh, il faut ce qu’il faut pour rentrer dans l’univers !

J’ai donc pris la décision de sortir un peu de ma zone de confort et de retenter une série historique, pour le meilleur j’espère et pas pour le pire, parce qu’allez, j’ai envie d’être confiant ! C’est parti donc pour cette série qui a réussi à me convaincre sans autre argument que son pitch et sa bande-annonce, ce qui est assez rare pour être souligné (généralement, il y a au moins un acteur que j’aime bien ou quelqu’un dans l’équipe de production pour me donner envie de venir). Il faut bien dire ce qui est : la série s’arrange avec l’Histoire pour son histoire, les anachronismes sont nombreux et ce n’est pas du tout la série que j’attendais. Tant mieux, ça m’a surpris et ça m’a accroché, aussi étrange que cela puisse paraître au premier abord.

Toujours pas convaincu ? J’en remets une couche sans spoiler par ici. Pour les autres, c’est parti, oui, mais attention aux spoilers !

Note moyenne de la saison : 15/20

01.pngÉpisode 1 – The Play’s the Thing – 17/20
You can’t just make up words

Bon, la série commence assez clairement par un plan qui fantasme sur son acteur principal et ses beaux yeux bleus, c’est un peu étrange. Plus étrange encore, il a déjà commencé à écrire, mais n’est pas encore connu, ce qui fait peur à sa femme qui préférerait qu’il continue à fabriquer des gants. L’introduction serait presque trop longue, mais permet de bien mettre en avant les enjeux économiques, politiques et religieux de la carrière de ce jeune Shakespeare qui a déjà trois enfants.

Son arrivée en ville est excellente et a dû couter un peu d’argent quand même, avec la masse de figurants, de costumes, de décors, d’animaux, de sang et d’exécution publique lui rappelant celle de son père. C’est brillant et j’adore le montage très vif et plein de coupes.

Le contexte historique et religieux manque un peu je trouve, mais il est agréable de tomber sur une série qui ne prend pas ses spectateurs pour des flans complets. Il est donc question assez vite du protestantisme, forcément. J’ai bien évidemment moins accroché à la partie politique sur les riches du coin qui veulent détruire les théâtres par mépris et dégoût du théâtre gothique, couplé à une haine religieuse.

Le théâtre est représenté tel qu’il était, avec des excès rajoutés pour garder l’attention des téléspectateurs ; il est purement populaire et très brouillon, c’est absolument génial à voir. La première pièce qui nous est présentée, outre le marché, est quand même une exécution publique, mais la seconde s’avère être géniale. C’est génial, parce qu’elle me valide le point danse du Bingo, mais aussi parce qu’elle révèle le chaos total de l’époque concernant le théâtre, côté jeu d’acteurs, public, metteur en scène, sexe et autres dérives. C’est une superbe reconstitution et autant vous dire que je suis tout à fait convaincu par ce premier épisode.

J’en oublierais presque qu’on est là pour suivre une version fictionnalisée de la vie de William Shakespeare, mais celui-ci se débrouille pour séduire Alice, la fille du metteur en scène du coin qui a désespérément besoin d’une nouvelle pièce car son dramaturge habituel a eu la flemme d’en écrire une nouvelle. Le hasard fait si bien les choses…

Ou pas, parce que la première personne qu’il croise en ville est un enfant protestant content de couper du catholique et de lui voler une lettre. Il veut juste se faire de l’argent sur son dos.

Peu importe, Will a réussi à se faire embaucher et il est assez vite question de son écriture, de son invention des mots et de la solution de secours qu’il apporte à ce théâtre qui fait face à une ville lassée et énervée après lui. Par chance, William est un génie, ce qui ne l’empêche pas d’être jeune et de se laisser séduire par l’alcool… qui libère encore plus de génie en lui.

Mon dieu, le script est brillant avec un anglais poétique qui passe très bien, un Will qui veut Shakespeare et une ambiance rock/punk qui fonctionne plutôt bien dans le délire.

Je dois d’ailleurs avouer que je suis assez surpris par le ton choisi : il est résolument moderne du côté des musiques alors que je m’attendais presque à du pur historique. Je suis plutôt content, ce sera déjà moins long avec des musiques aussi rythmées.

On passe de scènes très vives et musicales à de la torture pure et assourdissante, il y a définitivement une ambiance très particulière qui a tout pour être addictive. Il faut dire que je suis peu habitué à regarder ce genre de séries de manière générale et que l’écriture y est fluidifiée par ce parti pris de moderniser le chaos de l’époque. Oh, cela n’a rien de vraiment révolutionnaire, ça a déjà été vu et revu même, mais ça s’appuie sur quelques théories littéraires (William catholique) et en proposant quelques réponses (les différentes écritures sur la pièce Richard III), avec un féminisme bien brave (le personnage d’Alice est génial) qui s’oppose à une horrible époque un peu caricaturale (une fille forcée de se prostituer alors que son frère, sous le lit, se taillade le bras) et souvent trop gore (l’exécution publique).

En fait, ça fait un bon drama modernisé avec une touche très ado : ça ne se prend pas au sérieux et ça permet de retrouver autant que de transmettre le fun de l’écriture shakespearienne. J’avais lu des critiques plutôt très violentes à l’égard de la série, mais j’en pense plutôt le contraire ; elle réussit parfaitement à accomplir ce qu’elle veut dans un rythme effréné qui ne s’encombre pas de véracité au profit de l’ambiance.

Ce premier épisode s’arrête donc sur un véritable succès de Shakespeare qui n’a aucune idée de ce qui se trame dans son dos et profite à fond de la foule. Dans son dos ? Oh, il a été trahi bien sûr, mais ce n’est pas grave car il y a du monde pour prendre soin de lui et envoyer le mauvais dramaturge à l’abattoir, sous les yeux d’Alice.

Bon, et bien, c’est un cliffhanger efficace qui me donne envie de continuer à me plonger dans cette ambiance de folie, surtout que j’aime beaucoup le casting. J’espère que les critiques mauvaises ne couleront pas trop vite la série !

02Épisode 2 – Cowards Die Many Times – 15/20
It was the most… natural thing in the world

La diffusion des deux épisodes à la suite n’était peut-être pas la meilleure idée de la part de TNT car la série est un peu épuisante à suivre, mais en même temps j’ai eu envie d’enchaîner et d’en découvrir plus de cette série. Sa bande originale est super et j’ai déjà beaucoup trop de chansons pour mon article de la semaine lundi prochain.

Will se réveille, son succès précédent encore en tête, ce n’est pas des plus subtils, mais j’aime son obsession de l’écriture. Une nouvelle pièce est jouée et Will doit gérer les improvisations puis caprices de ses comédiens, le tout sans être payé autant qu’il ne le devrait.

Du coup, ça le décide à écrire une nouvelle pièce, à la fois comique et tragique. Les scénaristes continuent de s’amuser avec les faits historiques et de les twister comme ils peuvent dans la série, avec quelques mimiques de Will pour les vendre encore mieux.

La relation Will/Alice continue de porter la série, mais l’alchimie entre eux est bonne. En plus, les scénaristes s’amusent d’une certaine vibe gay entre Will et Marlowe qui fonctionne elle aussi très, très bien. C’est tellement attendu de toute façon, ce baiser entre les deux était bien drôle. Ces deux relations tournent autour du secret que William est catholique et qu’un autre auteur est torturé à sa place. La torture est assez bien représentée, une fois de plus dans cette série, avec des scènes gores qui mènent à la mort du non-catholique, le pauvre.

Cette mort pose bien sûr beaucoup trop de problèmes au niveau du théâtre qui doit se réorganiser et gérer le deuil. Le gamin insupportable continue d’harceler Will et de chercher des infos pour se faire son trésor. À force de chercher et fouiller, il vole des déguisements du théâtre pour se travestir, voler de l’argent et blesser sa victime.

Pendant ce temps, la dose de nudité nécessaire pour garder l’audience est servie par un Richard toujours aussi imbu de lui-même : celui-ci fait son speech final à une femme dans le public qui s’arrange ensuite pour le retrouver au lit. Ah l’érotisme est exactement celui que j’attendais, avec un jeu de rideau qui permet d’en voir un peu, mais pas trop.

Le pauvre découvre une fois de plus qu’il s’est fait trop de film avec son miroir et la nature (il n’en faut pas du tout trop), car la femme avec qui il couche est mariée à un homme qui les regarde. Vexé, il se met logiquement à draguer encore plus la servante qui vient le voir le lendemain.

Le problème, c’est que le lendemain, la représentation est une catastrophe après le départ du comédien principal du théâtre. Tout le monde déprime un peu, mais Will écrit un personnage qui fait revenir ce comédien fuyard.

Grâce à ça, l’épisode finit sur une énième fête ! Pfiou, c’était une sacrée soirée et beaucoup de fêtes, ça donnerait presque mal à la tête. Je suis pressé de découvrir la suite de cette histoire. Ce n’est pas la série du siècle, c’est loin d’être parfait et véridique, mais ça embarque dans un bon univers décalé et un peu punk. Les anachronismes (surtout pour les costumes) sont nombreux, mais vraiment pas gênant car l’intention première n’est pas d’être sérieux ou d’enseigner quoique ce soit sur Shakespeare, juste de transmettre du fun et de la liberté théâtrale. De ce point de vue, c’était une réussite pour moi, même si ce deuxième épisode est un peu plus faible que le premier, notamment sur son cliffhanger inexistant.

Je reste curieux de voir ce que la série proposera ensuite, donc comptez sur moi pour continuer de critiquer cette saison !

03Épisode 3 – The Two Gentlemen – 14/20
You are quite insane, Will Shakespeare

Une semaine est déjà passée, c’est donc reparti pour Will et ses intrigues aussi déjantées qu’alambiquées. Cette semaine, nous gagnons un mini générique plus sympathique avant de nous replonger dans les angoisses de Will qui sait qu’il est responsable de la mort d’un autre auteur. Pas facile tous les jours la vie… surtout quand on est chrétien !

Oui, la série décide d’en remettre une couche sur la possible chrétienté de William Shakespeare. Autant je trouvais ça sympa au départ, autant je trouve que ça prend beaucoup de place désormais pour une théorie vraiment hasardeuse sur le dramaturge (pour rappel, il y a aussi une théorie qui dit que Shakespeare, c’était le nom de plume de plusieurs auteurs). Bref, Will retrouve son cousin et se confesse sur son attirance pour Alice auprès d’un prêtre, avant de découvrir la machine à imprimer.

L’introduction est longue avant d’en arriver enfin au théâtre et j’ai plus de mal à entrer dans l’épisode cette semaine, parce qu’il a un rythme plus lent et que, finalement, ce qui m’intéresse, c’est le théâtre plus que les personnages. Malheureusement, cet épisode fait la part belle aux personnages. Oui, si vous lisez mes autres articles, vous allez vous dire que je ne suis jamais content parce que souvent je reproche aux séries de ne pas s’occuper assez de leurs personnages.

Allez (me) comprendre !

La nouvelle pièce de Will ne plaît pas trop aux acteurs. Il continue d’être hanté par ses voix intérieures de chrétien, d’autant que sa pièce ne plaît finalement à personne. Marlow a lui aussi bien du mal à écrire, malgré (à cause ?) une orgie qui semble l’avoir bien occupé la veille.

Forcément, il développe une obsession évidente pour Will et le suit même après un refus de celui-ci. Bon, cela lui est aussi utile parce qu’il peut ainsi balancer la planque des chrétiens et se faire mousser… mais pas sans prévenir les chrétiens avant et leur dire de se protéger. C’est plutôt sympathique à suivre, ça oblige un de ses amants à le protéger comme il peut, mais ça laisse Will sans logement. Peu importe, Marlowe retourne à son orgie gay à peine caricaturale, pendant laquelle son amant l’étrangle, un peu énervé… mais décide finalement de participer aux réjouissances. Ben voui, bien sûr.

Pendant ce temps, Richard refuse de répéter sa prestation de la semaine passée auprès de sa spectatrice un peu particulière, alors que la servante en profite pour se moquer de lui : son maître n’aime que les amants moyens pour sa femme. Bon, la relation Richard/servante est plutôt très sympathique, avec un rapprochement soi-disant uniquement amical entre eux. Cela sent bon la relation amoureuse à des kilomètres, mais c’est sympathique. J’imagine qu’à terme, ça apportera quelques rebondissements pour le théâtre, d’une manière ou d’une autre.

Oh quant à la sœur et son frère, ça marche moyen niveau intrigue. Le petit frère découvre que sa sœur est prête à dépenser toutes ses économies durement volées pour profiter de la vie plutôt que pour économiser plus et s’en aller de son bordel. Triste, mais alors ils sont tellement absents de l’épisode que je ne comprends pas trop leur intérêt dans tout ça pour le moment.

Enfin, une dernière intrigue : celle d’un chrétien qui interrompt une cérémonie religieuse. Peu intéressante, je dois dire, je pense que le but était de nous montrer une fois de plus l’insécurité de l’époque pour les chrétiens. Un peu lourd.

Bon, cet épisode était plus long et moins fun, je trouve, mais la photographie reste impeccable. Je suis vraiment peu convaincu par l’intrigue chrétienne de cet épisode, ni par la relation entre Will et Alice. Il est pourtant sympa de découvrir l’idée de la femme dans l’ombre de Will, mais ça manque de quelque chose. C’était un peu lourd dans le traitement, mais Will manquait d’inspiration cette semaine et Alice la lui rend en lui conseillant de s’inspirer d’autres pièces, quitte à ce qu’ils les volent ensemble.

Malgré le rythme et l’humour, j’ai trouvé ça moins bien amené que la semaine dernière. Heureusement, la bande originale continue à m’enchanter et me donner envie de rester. Pourtant, Alice a un peu une tête à claque cette semaine.

Will parvient grâce à elle à écrire une pièce, à être rémunéré, à trouver refuge au théâtre et à se faire bien dire de rester loin d’Alice. Clairement, il ne le fera pas alors que c’est pourtant la meilleure des idées. Seulement, miss tête-à-claques est curieuse : elle le voit recevoir un colis de son cousin (un livre religieux qui pourrait bien le compromettre bien sûr), puis se faufile la nuit venue pour coucher avec Will.

Faudrait savoir, c’est contradictoire tout ça, mais ça montre bien un Will tourmenté entre désir et religion. Clairement, la religion n’est pas le plus important pour lui : il couche littéralement avec Alice au-dessus du livre de son cousin. Devinez qui est au-dessus de la religion dans ses priorités ?

Dans l’ensemble, ça continue de partir dans tous les sens sans forcément apporter toutes les réponses nécessaires et sans être aussi bon que ça ne l’était au départ. Un peu déçu cette semaine, même si ça reste divertissant.

04.pngÉpisode 4 – Brave New World – 11/20
The writers are persuasive liars.

Will connaît déjà le succès et le montage initial de cet épisode nous le montre bien, que ce soit son succès personnel et sexuel avec Alice ou son succès professionnel avec le théâtre qui ne désemplit pas. Mouais.

La mère d’Alice continue de vouloir la vendre pour se faire de la thune, loin de se douter que sa fille couche avec Will dans tous les coins et recoins du théâtre. Will a quand même ses problèmes, avec son cousin qui débarque de nouveau, drague Alice (ben tiens) et essaye de convaincre Will de travailler sur son script. Ce n’est pas passionnant.

On enchaîne avec une nouvelle soirée orgiaque à laquelle Will et compagnie sont amenés par Marlowe. C’est particulièrement chiant et mal amené, et une bonne partie de l’épisode tourne autour de ça. Dommage. J’avoue avoir rapidement décroché, mais grosso modo, Marlowe nous drogue Will qui finit par fuir la fête tel un Nick de Fear the Walking Dead dans le pilot, sans oublier avant de tout de foutre un coup de poing à Richard qui passait par là.

Richard continue d’être le cliché qu’il a toujours été et j’aurais aimé un meilleur développement du personnage cette semaine. J’en attends trop de Will je crois, mais c’est aussi ce que fait Alice vis-à-vis du personnage du dramaturge. Elle finit en effet par découvrir le manuscrit du cousin de Will, qui met juste tout le monde en danger. Bizarrement, elle prend assez mal la nouvelle et demande à Will de quitter les lieux. Forcément.

Terrifié par les menaces d’Alice, Will décide de se débarrasser du livre de son cousin non en le brûlant comme il essayait de le faire, mais en lui rendant tout simplement. Ouais, bon, vous imaginez bien que le cousin, il n’est pas au top de la joie quand il apprend ça, mais c’est comme ça, c’est la vie.

Will doit ensuite gérer les conséquences de ces conneries, notamment avec Richard qui se fait soigner le nez par sa nouvelle amie, bien sûr. Le dramaturge souhaite que toutes les histoires qu’il écrira désormais soient les siennes et uniquement les siennes, mais Richard réussit à le convaincre du contraire.

Les deux se réconcilient, forcément, et voilà Will qui se remet à courir à toute allure quand il apprend qu’Alice (et son décolleté plongeant) est en train d’être vendue. Nous en arrivons à la scène la plus crédible de l’histoire de la télévision (cf photo du jour) avec Alice qui parle à Will, suspendu à la fenêtre, alors que toute la famille est juste derrière elle. C’est ridicule, mais ça a un côté Romeo & Juliette parfaitement voulu, je pense. C’est juste un peu trop gros pour être réussi et pour que j’accroche, de même que les incohérences historiques et la folie de Will commencent à être vraiment trop loufoques (ses hallucinations de fantômes là, c’est peut-être bon, non ?).

En parallèle de tout ça, les scènes de torture continuent du côté des riches et ça ne m’intéresse pas du tout. C’est même plutôt le contraire, je trouve ça horrible à voir. C’est totalement le but, je sais, mais je n’arrive pas à comprendre l’intérêt de ces scènes en fait. Bon, je dis que je ne comprends pas, mais c’est assez clair car cette semaine le torturé parle et raconte tout ce qu’il sait sur le manuscrit du cousin.

Finalement, j’ai surtout aimé Alice dans cet épisode, surtout le moment où elle comprend que le théâtre est sa vie et qu’elle peut bien se marier pour le sauver, après tout. Bien sûr, c’était sans compter sur Will pour la faire changer d’avis (prévisible), mais ça aura fait une bonne scène.

Le cliffhanger aurait pu être plutôt plaisant également, avec Will qui accepte de se livrer quand l’étau se resserre autour de lui. Finalement, la scène supplémentaire révèle qu’on lui commande d’écrire une pièce anti-catholique et c’est tout. Je m’en doutais un peu, vu comment c’était amené, mais une autre fin aurait pu introduire un peu plus de suspens. Tant pis !

05.pngÉpisode 5 – The Marriage of True Minds – 13/20
Your wife’s downstair !

Une semaine a passé et Will a donc écrit la pièce qu’on lui a commandé, malgré quelques bonnes nuits avec Alice. Il se sent donc heureux de vivre grâce à elle, mais pas de bol, sa femme décide de lui rendre visite au moment même où ils couchent ensemble. C’est col. Du coup, Will retrouve sa femme et ses enfants qui veulent découvrir Londres, alors qu’Alice se retrouve à se sentir sale, si je simplifie son jeu d’actrice au minimum.

L’ensemble de sa famille se rend au théâtre et le découvre, notamment parce que la mère d’Alice les invite à entrer. Alice se sent encore plus mal, comme c’est étrange. Ah drama, drama, drama partout. C’est écrit de manière bien moderne, surtout dans le comportement des deux femmes, à mourir de rire. Anne Shakespeare capte tout de suite la relation avec Alice, c’est à mourir de rire. Pour l’aider à être encore un peu plus sûr, elle trouve un cheveu d’Alice dans le lit de Will, alors bon, ce n’est pas très dur de faire 1+1.

La mère d’Alice engueule sa fille pour qu’elle arrête de voir Will alors qu’Anne confronte son mari. Je dois bien avouer que ça m’a fait rire. Leur relation était vouée à l’échec et c’est la mi-saison après tout. Will prend finalement la décision de rester avec sa femme à Londres, et celle-ci accepte.

Pendant ce temps, Richard continue de coucher à droite à gauche et tombe sur le gamin des premiers épisodes qui leur a volé une robe. Il le vit bien et lui promet qu’il sera pendu pour ça. Si le vol est puni par pendaison, je me demande comment il survivrait à l’adultère.

Le gamin continue d’être bien malin et se dit de la famille de Shakespeare pour survivre. Cela fonctionne un temps, mais il s’en va bien vite, n’appréciant pas trop l’ambiance au théâtre où tout le monde pense qu’il sait lire alors qu’il est évident que non.

Il s’enfuit et apporte plus d’emmerdes qu’autre chose à sa sœur, car les autres prostituées comprennent bien qu’il y a moyen de se faire de l’argent avec le petit. Je ne suis toujours pas accroché par cette intrigue.

Les hommes de Topcliff se rappellent au bon souvenir de Will pendant l’épisode, ce qui permet de ne pas trop perdre de vue l’intrigue de base de la série, tout comme son fils qui est catholique et le dit. Will finit par se rendre chez Topcliff les mains vides mais s’en sort malgré tout assez bien, découvrant même que sa lettre est tombée dans les mauvaises mains. Il se rend aussitôt prévenir son cousin que sa planque est compromise.

Il arrive juste à temps, à dix secondes près, mais les pauvres qui hébergeaient ce cousin se retrouvent dans la merde et dans les mains d’un Topcliff toujours aussi sadique et seulement calmé par Wesley, son fils. C’est un peu blasant à force ce genre de scène… Mais pas autant que celles de Marlowe qui se laisse torturer tout au long de l’épisode, à coup de drogues et d’enterrement vivant. Je ne cherche même plus à le comprendre, mais je devrais peut-être car c’est lui qui attire le plus les fans. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi, parce que bon, il finit par se faire lécher par un loup et c’est tout. Chacun ses délires, j’imagine. Enfin, ce n’est pas tout à fait tout, car il finit dans les bras d’un homme en train de mourir. Bon, OK, j’ai encore raté des choses je crois.

06Épisode 6 – Something Wicked This Way Comes – 17/20
I cannot speak of what’s inside me. That’s why I write.

L’avantage d’avoir une semaine de retard, c’est qu’on peut enchaîner les épisodes comme si de rien n’était.

L’épisode commence par la disparition d’Hamnet au beau milieu d’un marché bien agité par la présence des catholiques récitant les vers de Robert, le cousin de Will. Sympathique, sanglant et traumatisant pour Hamnet, j’imagine. C’est à peu près tout ce qu’il faut en retenir pour l’autant.

Au théâtre, on nous développe une sous-intrigue bien loin du fil rouge chrétiens/protestants avec un Richard qui veut séduire encore une autre femme. Le truc, c’est que Will à autre chose à faire que de l’aider, il doit réfléchir à une nouvelle pièce. C’est Alice qui a l’idée brillante d’écrire ce qu’il se passe avant la précédente pièce, plutôt qu’après. Bref, la série continue de surfer sur l’idée que les pièces de Shakespeare ont été écrites à plusieurs mains, ce qu’on avait aussi vu dans l’épisode précédent avec son fils. C’est sympa, fait de manière fluide et ça fonctionne.

Anne s’incruste au repas du groupe, ce qui fait bien du mal à Alice. Qu’importe, une dizaine de minutes plus tard, elle aide Will à écrire et ils couchent de nouveau ensemble. Comme c’est beau l’amour et la romance. Ah ben non, il a une femme qui meurt d’angoisse de la vie qu’il mène, entre les hommes qui viennent le voir au beau milieu de la nuit et la peur qu’il la trompe.

Oui, des hommes au milieu de la nuit : Topcliff continue de torturer l’hôte de Robert, puis il envoie une invitation nocturne à Will pour le forcer à écrire une pièce anti-religieuse. C’est classique, un peu répétitif et il a bien sûr une semaine pour l’écrire. Encore.

Quant à Alice, sa mère se rend compte qu’elle continue de coucher avec Will, ce qui pose problème pour son mariage avec Keenan. Bien sûr, cela ne fonctionne pas entre eux et elle se fait larguer par un mec qu’elle n’aime pas. La mère d’Alice engueule donc Will et lui demande la larguer, car il la détruit de l’intérieur. Pas faux.

Il le comprend lui aussi… et la détruit sur place, lui disant qu’elle est une traînée qui l’a séduite pour lui faire du mal et tout un tas d’autres douceurs qui laissent le couple en larmes, de même que la mère d’Alice. Cette scène m’a, il faut bien l’avouer, terrassé sur place et finit par des applaudissements pour Shakespeare qui voit sa femme disparaître au milieu du public. Non mais quelle angoisse, sérieusement, cet épisode. Pauvre Alice ! Ces scénaristes se payent notre tête, sérieux, mais le couple phare aura du mal à se remettre de cette scène.

Dans son coin, le gamin, qui s’appelle Pres (eh je commence à connaître les noms), continue ses activités illégales et s’arrange avec les prostituées pour s’enrichir. Cela énerve sa sœur qui voit bien qu’il n’a pas compris qu’il était question de vendre son corps. Elle le prévient, il s’enfuit, mais il entend malgré tout sa sœur être menacée de mort s’il ne revient pas. Du coup, ben, il revient et accepte de se vendre. La pauvreté à l’époque donc.

Les choses s’accélèrent et s’empirent pour Pres à vitesse grand V. Il se retrouve à devoir se prostituer avec… Topcliff, bien sûr. Il le poignarde, s’enfuit et c’est sa sœur qui se prend une balle et meurt dans ses bras. Outch. Sacré épisode à nouveau, je ne m’attendais pas à autant de la part de Will, surtout juste après avoir vu l’épisode 5, qui était moyen.

Après avoir vu la pièce de Will, Anne décide de s’enfuir de Londres, disant à peine au revoir à son mari.

Marlowe s’occupe une fois de plus du vieil homme finalement pas si vieux et peintre. Il l’appelle « mon roi » tout du long et ils sont clairement homosexuels tous les deux, s’inquiétant pour la survie de leur âme. Malheureusement, il meurt, sans surprise.

La fin de l’épisode enchaîne les cliffhangers, laissant Alice en pleine conversation avec Robert, les parents d’Alice se retrouver sans argent suite à l’annulation du mariage, Will seul sans personne et Pres… qui met le feu au théâtre, par dépit. Oh mon dieu, la série a pris un virage à 180° dans cet épisode et a d’un coup retrouvé tout son intérêt, je ne m’y attendais pas.

07.pngÉpisode 7 – What Dreams May Come – 15/20
We’re closing, for good.

Bon, l’ensemble de la série a fuité sur internet et suite aux cliffhangers de l’épisode 6, je n’ai pas franchement résisté à l’envie de tout voir.

Vous savez ce que je trouve particulièrement triste avec cette série ? Les meilleurs passages sont bien souvent ceux écrits par Shakespeare. Mais le vrai, pas le personnage. L’écriture est souvent moyenne autrement. Bon, Will apprend l’incendie juste à temps pour aller aider à limiter les dégâts, mais les costumes ont de toute manière brûlé et les propriétaires annoncent au petit matin qu’ils sont ruinés.

Will tente de convaincre Alice que tout se passera bien, mais elle a l’air moyennement optimiste, bizarrement. À la place, elle préfère écouter les sirènes religieuses de Robert. Oh, le mauvais choix. Elle décide aussi d’en vouloir à sa mère pour tout ce qui arrive. Sympa.

Will, lui, regrette sa rupture avec Alice, mais il n’avait pas franchement le choix. Il rend visite à Emilia Bassano, à la recherche de fonds pour sauver le théâtre. Emilia, c’est la femme que Richard voulait séduire un ou deux épisode plus tôt et qui a eu la bonne idée de lui mettre un râteau, demandant à voir celui qui écrivait les poèmes qu’il récitait bien mal. Cela lui permet de tomber sur un riche homme qui a de quoi les aider.

Comme ça tombe bien. Will débarque donc en sauveur pour le théâtre avec l’idée d’une pièce qui ressemble fort à Songe d’une nuit d’été si j’ai tout bien suivi. Pour être payés, les acteurs doivent être suffisamment bons pour qu’à l’issue de la représentation privée une italienne accepte de se marier avec le riche qui accepterait de les payer. Pourquoi pas.

La ruine du théâtre n’attire pas que les gentils donateurs comme Emilia (qui aide carrément Will à écrire à la place d’Alice) et son ami, mais aussi les vautours qui narguent le père d’Alice et drague sa mère. De toute façon, Alice est trop occupée à assister à un baptême et vouloir devenir catholique.

Dans son coin, Presto vit assez mal ce qu’il a fait, mais est laissé de côté par les scénaristes. Je peux en dire autant de Marlowe, qui se réveille auprès de son vieux mort, mais continue d’avoir des hallucinations. Il décide finalement de se reprendre en main. Marlowe a toutefois un peu plus de scènes et déclare qu’il veut vendre son âme au diable. J’ai totalement décroché de son intrigue qui est totalement perchée et n’a pas grand-chose de logique. Il semble complètement perdu.

Presto aussi est complétement perdu et il demande de l’aide à Will, qui lui en apporte bien beaucoup, en l’empêcher de tuer Topcliffe. En effet, malgré son coup de couteau, Topcliffe s’en sort bien et continue d’être parfaitement imblairable, à coup de tortures et autres menaces de viol. Cela lui réussit, car il finit par mettre la main sur l’imprimerie des catholiques où il récupère une jolie fournée de pauvres gens à torturer. Alice et Robert débarquent sur place pour voir la fin de l’opération, et ça ne semble pas suffisant pour la faire arrêter de vouloir être catholique.

La fin d’épisode voit la troupe de théâtre jouer à la perfection, avec l’aide d’Emilia qui reprend un rôle-titre à la dernière minute même si elle est une femme (ils en font un peu beaucoup niveau répliques, mais c’est marrant). Richard accepte enfin de jouer le roi des fées, probablement parce que ça lui permet de jouer quasiment nu et Isabetta, la femme italienne, accepte de se marier. Hop, voilà, le théâtre est sauvé en un rien de temps, Marlowe nous parle de voir le Diable sur scène et Will promet à Presto de… le venger. C’est moins bon que l’épisode précédent quand même.

08Épisode 8 – Your Houses – 15/20
Do not be used, Alice.

Déjà de retour pour un nouvel épisode de Will comme toute la saison a fuité et je ne sais à quoi m’attendre tellement la série est inégale, proposant un coup un super épisode et celui d’après quelque chose de moyen.

On commence par l’exécution publique du pauvre homme qui hébergeait Robert il y a quelques épisodes. Ce dernier, très discret, prie pour son âme au milieu de la foule assistant à l’éventrement public et face à ses enfants. Topcliffe n’attise pas du tout la haine, c’est bien. Loin de Londres, la campagne s’avère être bizarrement sanglante, mais je ne suis pas sûr de bien comprendre l’intérêt surtout qu’on ne la revoit pas du reste de l’épisode.

Will décide, sur conseil involontaire d’Emilia (décidément, c’est une affaire de muse), d’écrire la pièce qu’il doit à Topcliffe en faisant de lui le héros. Autant dire que ça lui plaît bien et qu’Emilia continue de l’inspirer autant qu’elle peut (et elle le fait bien). Cependant, Will continue d’espérer l’aide d’Alice, mais celle-ci est définitivement trop occupée à bosser pour Robert et les catholiques. Franchement, je trouve son évolution assez moyenne, je ne vois pas en quoi une rupture amoureuse la pousse autant à renier ce qu’elle était avant et devenir subitement croyante (surtout qu’on ne la voit même pas être croyante).

Elle est tellement douée qu’elle se fait surprendre par le père d’un prisonnier qui est sur le point d’être exécuté. Il n’en faut pas plus pour la mettre en danger je pense. Ne sachant qu’une partie de ses informations, Will tente de la protéger en allant confronter son cousin. C’est franchement n’importe quoi en soi, mais il a bien raison d’agir comme ça pour la protéger, car elle ne fait que des conneries. Bon, vous me direz, Will aussi a la capacité de faire absolument n’importe quoi. Il est plutôt cool de voir Alice se foutre de sa gueule et de ses pièces.

Marlowe continue d’écrire sa pièce avec le diable en personnages, et ça ne ressemble à rien tellement il se laisse porter par ses souvenirs et sa drogue. Il largue ensuite son mec avant de se débrouiller pour se faire casser la gueule dans les règles de l’air. Complétement paumé, il se rend auprès de Will pour lui demander le chemin de la foi. Se faisant, il inspire Richard III à Shakespeare : une histoire dans le passé pour éclairer le présent. Richard, cependant, est un peu frileux à l’idée de jouer ce rôle.

Dans cet épisode, Richard continue surtout de draguer tout ce qui bouge et pousse son meilleur ami à faire de même, ce qui semble être un étonnant décalage. En effet, Richard couche avec une femme pendant que son meilleur ami se contente de lui parler d’oiseaux. L’évolution de Richard continue d’être au cœur des préoccupations scénaristiques, puisque c’est ensuite son « amie », la servante, qui lui fait prendre conscience que son attitude est déplorable.

De leur côté, les amoureux d’oiseaux ont leur premier baiser sur le pont où sont exposées les têtes des condamnés à mort. Sympathique. Ou pas du tout, parce qu’elle a juste la peste et lui refile. Dès lors, il décide de se rendre chez elle et d’être enfermé avec, ce qui se passe avec les pestiférés à l’époque.

Richard prend la décision la plus stupide de la série et se fait enfermer avec eux, étant donc laissé pour mort. Bien. Pas bien. Ils maîtrisent vraiment les cliffhangers, ce qui aide à se projeter dans la série et vouloir la suite. Comme tout a fuité, ce serait idiot de ne pas en profiter.

09Épisode 9 – Play the Devil – 16/20
Where are your words now ?

Allez, on commence sur du Nine Inch Nails, ce ne pouvait être plus parfait pour voir Richard s’en tirer vivant et brûler tous ses vêtements en public. Mouais. Ils abusent un peu sur cet aspect de la nudité publique historiquement parlant, je pense, mais il semblerait que la vie de Richard ne soit plus si fun que ça désormais. C’est une manière un peu forcée de le faire grandir qui fonctionne plutôt pas mal. Will a beau faire ce qu’il faut pour tenter de le convaincre de jouer Richard III, ça ne fonctionne pas.

Bon, en revanche, Autolycus dont j’ai enfin appris le nom est mort, bien évidemment.

Richard est en pleine dépression, mais ça va tout de suite mieux quand il rend visite à Moll. Forcément. Dès qu’il arrive au théâtre en revanche, il refuse de jouer son rôle. Will finit par le convaincre, mais il faut désormais le récupérer à son père, bon courage. Presto n’apprécie pas trop la tournure des événements car il a peur que personne ne comprenne de quel Richard il est question. Will lui offre le rôle du prince, Richard joue Richard, et d’un coup, la pièce prend vie.

De son côté, Alice demande à être baptisée alors qu’elle continue d’être sacrément en danger, parlant religion alors qu’elle est écoutée par Emilia, puis par le père du pauvre jeune de l’imprimerie désormais torturé par Topcliffe. Ce dernier continue d’être baladé par Will qui récupère autant d’informations que possible pour comprendre comment son humanité est devenue si monstrueuse.

Après lecture de la bible, Marlowe ne croit toujours pas en Dieu, continue ses cauchemars et demande à Robert de se confesser.

La religion d’Alice pose de plus en plus de problèmes. Emilia avertit Will des dangers qu’elle prend, donc il recommence à menacer son cousin, mais c’est en vain. Alice a de toute manière pris sa décision, inconsciente des dangers qu’elle est en train de prendre. En effet, le père a décidé de tous les trahir. À tenter de sauver le manuscrit de Robert, Alice se fait arrêter par Topcliffe. Elle n’a pas le temps d’être torturée, fort heureusement, car Marlowe fait intervenir son ex et ses relations. Arrêtée selon la loi, elle n’en reste pas moins dans la merde.

Marlowe prévient Will qui court à la rescousse, mais Topcliffe est déjà en train d’étrangler Alice… Tu parles d’un cliffhanger de dingue.

10Épisode 10 – Once, Bright Angel – 18/20
I will have no peace until Topcliffe is dead.

Bien, c’est parti pour le dernier épisode de la série, et probablement de la saison puisque les audiences ont été catastrophiques. Dommage, malgré temps morts et moins bons épisodes, j’ai dans l’ensemble adoré la saison. J’y reviens à la fin de cette critique, de toute manière.

Sans surprise, l’épisode reprend là où le précédent nous avait abandonné. Will arrive chez Topcliffe et se démerde assez inexplicablement pour sauver Alice de sa prison, marchandant pour la relâcher et la faire passer pour morte. Celui qui l’aide se retrouve néanmoins piéger, tue un homme et fait porter le chapeau aux catholiques, ce qui complique tout.

Alice a bien survécu à ses nombreuses blessures et à l’étranglement, et elle a même droit à un docteur beaucoup trop bon pour elle, celui d’Emilia, qui continue d’aider. Will se lance dans une vendetta contre Topcliffe, fait ses adieux à Alice et change totalement d’avis quand elle lui demande de se contenter de la pièce pour le punir. La reine tient beaucoup trop à sa réputation pour se permettre de conserver Topcliffe dans ses rangs.

Assez vite, nous en arrivons donc au stade où Alice et Will rentrent chez les Burbage et où tous les secrets sont enfin révélés, Will allant jusqu’à avouer qu’il est catholique et amoureux d’Alice. La première partie dérange son père, la deuxième Richard. C’est mignon.

A eux tous, ils parviennent à convaincre, malgré leurs différends, tous les acteurs de jouer Richard III pour humilier Topcliffe. Will doit encore s’assurer que celui-ci assistera bien à la représentation pour l’humilier et il se joue de lui, dans une amitié qui n’avait jamais été aussi bien montrée dans la série avant.

Dans son coin, Marlowe continue de partir en vrille, mais pourquoi ça changerait ? On a enfin les explications sur le vieux de Marlowe, qui était donc Emerson. Il raconte tout à Tommy, son (ex) copain et j’ai eu l’espoir d’une vraie fin de série à ce moment-là. Tommy prévient surtout Marlowe que la pièce de Will est fin prête.

Robert, quant à lui, se fouette pour que ses péchés soient pardonnés. C’est beau.

Le grand jour de la représentation arrive et Topcliffe ne peut s’empêcher de raconter à tout le monde qu’il en est le héros. Il va en avoir pour son argent, clairement. Richard est malade de stress, mais à part ça, tout est fin prêt pour la pièce. La représentation est comme d’habitude très partielle, mais en même temps parfaitement représentative de l’impact qu’elle devait avoir sur Topcliffe. Difficile de ne pas être mort de rire à le voir être ridiculisé comme ça et à voir Richard devenir un bon acteur. Aucune surprise dans cette partie de l’épisode en ce qui me concerne, mais une parfaite exécution publique, bien plus efficace que toutes les scènes de torture.

Topcliffe est démis, forcément, envisageant même le suicide et Marlowe semble complétement rétabli. Alice s’enfuit en bateau avec Robert, mais surtout avec Dieu, laissant Will seul derrière elle. Que je suis heureux que la série ne prenne pas le parti du cliffhanger pour ce final, qui est tout bonnement parfait, réglant toutes les intrigues en cours et laissant juste assez de marge pour une saison 2 en cas de renouvellement très improbable.

Cet épisode final contenait ce que je voulais voir, alors je ne vais pas chercher à le descendre, ni à épiloguer plus longtemps.

11

EN BREF – Cette saison est une belle réussite qui instaure son univers et, si je puis dire, son délire. J’ai pu lire dans d’autres critiques que la série dénaturait l’Histoire avec un grand H, je trouve au contraire que les scénaristes ont su capturer l’essence des travaux de Shakespeare pour la retransmettre. La véracité historique est effectivement plus que discutable, mais l’ambiance, les jeux de mots, l’écriture correspondent tout à fait à l’esprit shakespearien tel que je me le figure. Certes, ça n’avait rien de la biographie historique que j’attendais, mais justement, c’est ce qui l’a rendu fun et qui m’a donné envie de revenir chaque semaine. Ca, et la BO assez parfaite quand même.

Je ne sais pas si j’irai jusqu’à parler d’un coup de cœur car il y a eu un vrai coup de mou sur les épisodes 3 et 4, mais la série a su trouver son rythme et sa plume. À coups de cliffhangers parfaitement maîtrisés, Will a su proposer une série qui finalement donnait envie de revenir pour suivre les aventures romancées de ce couple improbable avec Alice, mais aussi pour voir grandir Richard ou, plus improbable au départ, pour suivre le personnage de Presto.

Chacun apporte finalement sa touche à l’histoire qui redouble d’intérêt lors de l’épisode 6 et ne perd (presque) plus son souffle. Si j’avais quelque chose à reprocher à la série, ce serait de ne pas avoir réussi à accrocher à Marlowe, mais c’est à peu près la seule chose qui semble séduire les fans de la série sur TVtime… mais enfin quelque chose me dit que ce n’est pas pour le personnage, mais plutôt pour le physique de l’acteur. Forcément, comme il me laisse de marbre, ça n’a pas dû aider.

Allez, plus sérieusement, je ne suis vraiment pas contre une saison 2 car il y a encore plein de pièces à utiliser (Romeo & Juliet, franchement !) et de muses à trouver, que quelques sous-intrigues restent après tout sans fin (Richard et Moll, Will et sa famille, le futur de Presto…) et que j’ai passé de bons moments devant la série. Si malheureusement, et selon toute logique, la saison 2 ne voit pas le jour, je reste satisfait de cette trouvaille totalement inattendue et bien en-dehors de ma zone de confort habituelle.

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